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29/12/2009

Compte-rendu d'un café-citoyen sur Noël

Pour terminer l'année, le point de vue sur Noël d'un ami internaute.

Noël est une fête fêtée depuis longtemps. Il y a deux moments dans l'année, le solstice  d'été et le solstice d'hiver. Au solstice d'été, on atteint l'impression de plénitude et on va vers le froid. Au solstice d'hiver, on est dans l'obscurité et le jour progressivement va croître. Ces moments sont fêtés dans toutes les religions et toutes les traditions. Le solstice d'hiver symbolise la lumière et le feu, la lumière qui va augmenter pendant la moitié de l'année qui suit et le feu qui réchauffe les chaumières. Les fêtes étaient énormes, orgiaques, mettant à l'honneur les guirlandes, les lierres et les houx toujours verts, repris par la couronne d'épines. C'est le temps des réjouissances et des cadeaux. On honore les nobles mais aussi les esclaves, ce qui casse le système social provisoirement.

Le christianisme ignore la date de naissance de Jésus.

Noël étant une orgie, il pose un problème au christianisme. Certains voulaient l'interdire, ce qui s'est révélé impossible, et les autres voulaient le conserver en lui donnant un autre sens, celui de la nativité de Jésus, sachant que la date de naissance de Jésus est inconnue. Les chrétiens introduisent la frugalité dans les festins, remplacent le théâtre par la scène de crèche. (Note : on reconnaît là la subversion du sacrifice tragique par le sacrifice du Christ.)

Noël conserve longtemps une place centrale ; c'est l'occasion de sacrer les empereurs romains et Charlemagne se fait encore couronner à Noël. Pâques est un épanouissement de Noël, et symbolise la fin du passage de Jésus sur terre.

Le courant puritain anglais interdit le remue-ménage de Noël et la Révolution française interdit les manifestations religieuses, ce qui a pour effet dans les deux cas de rendre la célébration de Noël domestique, chez soi. Noël devient une fête familiale.

Les immigrés qui fondent les États-Unis apportent avec eux Saint Nicolas, un saint du IVe siècle, habillé en évêque. Saint Nicolas protège les enfants. un pasteur protestant remplace la mitre par un bonnet et la crosse par un sucre d'orge et l'habille de rouge. Saint Nicolas montait un âne, le Père Noël a des rennes. Puis, on dit qu'il habite au pôle nord.

En 1930, Coca Cola veut vendre sa boisson rafraîchissante pour l'hiver et achève la construction du Père Noël. Le Sapin vient de Méditerranée.

Le cadeau classique est une orange, fruit exotique très cher. Aujourd'hui, Noël est la fête du fric. Beaucoup de suicidaires passent à l'acte en période des fêtes. Pour éviter que Noël ne soit que la fête du fric et de l'hédonisme obligatoire et du tourment « qu'offrir à des gens qui ont déjà tout ? » 

Dans la crèche, l'âne et le bœuf ont un souffle chaud pour l'enfant Jésus, ce qui signifie que chacun a besoin des humbles. Avoir une attitude de reconnaissance envers les pauvres a priori.

Faire quelque chose pour la paix. Pratiquer un acte d'amour de proximité.

Jésus fait le don de soi. Nous pouvons offrir notre temps et présence. Le sacrifice de soi consiste à renoncer à quelque chose pour obtenir quelque chose de mieux, du matériel pour du spirituel. Revenir à la racine et se débarrasser des oripeaux.

Laissez venir les petits enfants à moi : mais le Père Noël leur barre le passage. Le désir de posséder ne peut pas être satisfait. Seul le désir de travail peut être comblé de satisfaction.

Si votre enfant a quitté l'émerveillement pour s'encombrer de frustration, le plus beau cadeau à lui faire est de lui montrer comment offrir ses cadeaux en trop à un enfant pauvre, ce qui convertit la certitude du désir frustré en mystère de la relation. Pour sortir du fric, de la jouissance obligatoire et de la question « qu'offrir à des gens qui ont déjà tout », faites quelque chose pour ceux qui ne l'ont pas.

Nicolas Messina

nmessina2004@yahoo.fr>