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Un Cygne Noir

  • QUAND LES FANTÔMES DU PASSÉ FONT ÉCRAN À LA RÉALITÉ

     

    « Quand le passé devient une obsession, il finit par aveugler ceux qui refusent de regarder le présent en face »

        Si le second tour de l’élection présidentielle devait opposer Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, Jérôme Guedj, député de l’Essonne (91), sur le plateau de BFM lors des dernières municipales, n’a pas hésité à clamer son choix : il pourrait voter pour LFI, fût-ce contre le Rassemblement National. Cette déclaration, aussi brute que limpide, trahit un homme de gauche dont la conviction, manifestement, reste sourde aux enjeux réels. Malgré la fermeté du RN en soutien à Israël dans sa lutte acharnée contre le Hamas, l’Iran et ses multiples proxies, Guedj persiste dans une hostilité aveugle à l’encontre de ce parti et ne manque pas, lors des débats contradictoires avec ses représentants, de ressusciter complaisamment les fantômes d’un passé révolu, en leur prêtant une réalité qu’ils n’ont pas dans le mouvement d’aujourd’hui.

        Qu’on ne s’y trompe pas : si La France Insoumise s’empare du pouvoir, nos compatriotes juifs n’auront d’autre choix que de plier bagage... Une lourde responsabilité, incommensurable, pèsera alors sur les épaules de Jérôme Guedj. Quel poids de honte et d’impuissance portera-t-il, lorsque les promesses idéologiques se révéleront dévastatrices pour l’unité nationale et la sécurité de tous ?

        Et que dire de ces élus rampants de confession juive, sans scrupules, prêts à servir Édouard Philippe — ou tout autre vassal de Macron — si jamais il venait à défier le RN ? Prêts à ignorer toute morale pour sauver leurs postes, leurs privilèges, leur confortable train de vie… À force de ressusciter les fantômes du passé, ils finissent par ne plus voir la réalité du présent. Leur lâcheté résonne comme un aveu de défaite, un abandon honteux face à la véritable montée des enjeux.

        En Israël, chez nombre de nos compatriotes, c’est un véritable choc, une consternation profonde. La France, jadis fière et respectée, garante de l’équilibre et de la loyauté, s’est désagrégée dans ses contradictions. Le divorce est désormais consommé, et la crédibilité de notre pays s’effrite chaque jour davantage.

        José CASTANO

     

  • Un scénario à la roumaine se profile pour 2027 ?

    Aux législatives de 2024, le RN est arrivé en tête avec 33 % des voix. Mais suite au front républicain et aux 200 désistements pour lui faire barrage, il a fini 3e en nombre de sièges à l’Assemblée, derrière le NFP et la majorité présidentielle.

    Pour nos démocrates modèles, qui traquent la dissidence sous toutes ses formes, mieux vaut le chaos institutionnel généralisé qu’une majorité RN choisie par le peuple.

    Ce qui se prépare avec les lois sur les ingérences étrangères et maintenant intérieures, c’est l’éviction du RN du jeu démocratique, pour non-conformité à la doctrine mondialiste qu’aucun peuple ne saurait contourner.

    Le mondialisme, c’est la mort des nations, donc de la démocratie et des peuples souverains, qui deviendront de simples consommateurs de plus en plus abrutis, remplacés par des robots et par l’IA, laquelle va tout gérer sans besoin de cerveaux humains. On pourra bientôt supprimer l’école et fabriquer des troupeaux de crétins illettrés pour en faire des consommateurs dociles.

    Ce n’est plus de la science-fiction sortie des studios d’Hollywood, nous y sommes.

    Jacques Guillemain

     

  • LA RÉCONCILIATION DES MÉMOIRES

    « En renonçant à se présenter comme la seule vraie religion, la religion catholique rend inaudible son propre message et se fait la servante de l’islam » (Abbé Guy Pagés)
    Le pape Léon XIV a inauguré sa visite en Algérie par un geste d’une portée hautement symbolique en se recueillant, le 14 avril, au « monument aux Martyrs », à Alger, appelant avec gravité à une « réconciliation des mémoires ». Après avoir déposé une gerbe de fleurs, il a prononcé des mots pesés, presque solennels : « la paix n’est possible que par le pardon », saluant « le courage du peuple algérien », exhortant chacun à ne pas transmettre aux générations futures le fardeau du ressentiment.
    Ce message, accueilli par les autorités algériennes comme un moment historique, n’a pourtant pas trouvé partout le même écho. Car derrière l’appel à l’apaisement, certaines mémoires, elles, sont restées dans l’ombre. En France, de nombreuses voix se sont élevées, non pour contester la paix, mais pour dénoncer les silences qui l’accompagnent, ces silences lourds, pesants, sur certaines pages douloureuses de l’histoire de l’Algérie française.
    Les familles de religieux catholiques assassinés durant le conflit ont exprimé leur amertume : aucune reconnaissance explicite de leurs souffrances n’est venue apaiser leur deuil. Les familles de harkis, victimes par milliers de massacres et de persécutions au lendemain du cessez-le-feu, n’ont pas été évoquées davantage. Quant à la communauté des pieds-noirs, marquée à jamais par les attentats, les violences, les enlèvements et l’exode, elle semble avoir été reléguée aux marges du récit.
    La « réconciliation des mémoires »… Le mot résonne, mais il interroge. Car certains lieux, eux, continuent de crier dans le silence. Cette réconciliation aurait peut-être dû être proclamée ailleurs aussi, dans un lieu dont le nom seul glace encore les consciences : le « Petit Lac » d’Oran. Là, le 5 juillet 1962, lors du pogrom anti-français et antichrétien, des centaines d’Européens furent conduits après d’atroces tortures, puis jetés dans ses eaux sombres.
    Le « Petit Lac », à la périphérie d’Oran, en plein quartier arabe, n’était déjà plus un lieu ordinaire. Grande étendue d’eau salée, transformée en dépotoir clandestin, il était devenu un espace interdit, un territoire de crainte où aucun Européen n’osait s’aventurer depuis plus d’un an.
    Le 11 août 1962, l’Écho d’Oran annonçait à ses lecteurs la disparition prochaine de cette décharge : « Le gouvernement algérien a commencé son œuvre de salubrité. Cela représente quinze hectares d’immondices de cinq mètres de haut. L’odeur qui s’en échappait était devenue insoutenable. » Ainsi, sous le prétexte de purifier la terre, on ensevelissait aussi les traces. Car en comblant le « Petit Lac », ce ne sont pas seulement des déchets que l’on recouvrait, mais des corps sans sépulture, des cris étouffés, des vies brisées. Les tombes des torturés, des lynchés, des égorgés du 5 juillet 1962 furent murées à jamais, englouties sous des couches d’oubli. Et avec elles, la mémoire même de cet holocauste effacé du regard des hommes.
    C’est peut-être là, en ce lieu macabre, que le Saint-Père aurait dû s’incliner. Là où la terre elle-même porte encore le poids du silence. Là où la « réconciliation des mémoires » aurait pris toute sa vérité, toute sa douleur, toute sa nécessité.
    Par ailleurs, cette visite s’inscrit dans un contexte toujours sensible pour les minorités chrétiennes en Algérie, confrontées à l’hostilité des pouvoirs publics. Sur ce point aussi, le silence du pape a été perçu par certains comme un abandon, un silence de trop, venant s’ajouter à tant d’autres.
    Déjà, dans ses Pensées, Blaise Pascal dénonçait cette tentation du mutisme : « Le silence est la plus grande persécution. Jamais les saints ne se sont tus. » Ces mots, venus d’un autre siècle, semblent aujourd’hui encore vibrer d’une inquiétante actualité.
    Et maintenant, sur cette terre de saint Augustin, redevenue un instant chrétienne dans le souffle d’une visite, les clochers vacillent de nouveau. Lentement, inexorablement, les sables qu’apporte le vent de l’Histoire avancent, recouvrant pierres, mémoires et visages. Bientôt, ils enseveliront jusqu’au nom même du Christ, comme si le silence, une fois encore, avait eu le dernier mot.
    José CASTANO