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Mémoire et identité

Une identité nationale honorable se choisit ! On ne la reçoit pas passivement comme une onction divine. Choisir son identité nationale, c’est être capable de faire l’effort de comprendre le sens historique et culturel qui la fonde ; c’est pénétrer dans une immense bibliothèque qui conserve la trace de ce que, de génération en génération, des hommes ont dit et écrit, non pas pour s’enfermer à l’intérieur de frontières hermétiques mais pour offrir leur tribut singulier aux valeurs universelles. On n’y entre pas les yeux bandés ; ces traces ne sont pas conservées pour que l’on y mette servilement nos pas ; elles sont soumises à notre réflexion, offertes à la discussion collective. Une identité nationale se mérite donc par l’effort intellectuel et linguistique qu’on lui consent.

​Je veux ici dénoncer le renoncement d’un État qui n’a pas su remplir son devoir - minimum- d’intégration linguistique envers les nouveaux arrivants alors que la plus sûre promesse d’une intégration dignement construite, c’est qu’ils parviennent à maîtriser la langue française.
Je dis bien “maîtriser” la langue française, et non la “baragouiner”. Nous avons en effet, depuis trop longtemps, accepté avec une complaisance coupable que le problème d’insécurité linguistique dont souffrent certains citoyens soit dissimulé sous le concept dangereux de “diversité linguistique”. Chacun pouvant ainsi parler comme il l’entend, chacun pouvant écrire comme cela lui chante, peu importe la justesse et l’efficacité de son langage.
Nous devons, au contraire, à tous ceux que l’on accueille, d’où qu’ils viennent, le meilleur de notre langue.
​Ce n’est donc pas dans le foisonnement de particularismes langagiers, qui stigmatisent plus qu’ils ne distinguent, que réside la promesse d’une identité nationale honorable et désirée. Tous les citoyens dans ce pays ont droit à une langue commune juste, précise et… créative ; il est de notre devoir de la leur offrir, il est de leur devoir de la chérir.
Par Alain Bentolila

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Commentaires

  • "Une partie de notre jeunesse est prête à faire sécession culturelle, religieuse et linguistique, sociologues et linguistes autoproclamés dénoncent la désuétude, voire l’inconvenance de nos valeurs universelles, certains élèves , certains parents, certains religieux, pensent que les propositions scolaires sont incompatibles avec leurs appartenances singulières. Ce terrain est explosif !
    Seul un dialogue éducatif, socialisant, lucide et exigeant à partir de l'Ecole, de la Famille, de la Cité invitant fermement l’autre à adopter les règles, les lois, les codes de notre territoire et nous offrant, sans nous imposer, les clés du sien peut nous éviter demain la guerre civile.
    ​Dans une telle perspective, il est primordial d’effectuer une stricte distinction entre appartenance, mémoire et identité. Car cet écart conditionne la capacité de chaque citoyen de penser librement ses engagements, sans pour autant avoir honte de ses racines. En d’autres termes, si une appartenance, une mémoire, ne se renie pas, elle ne doit jamais dicter sa loi à la liberté d’analyse et de questionnement qui fait l’identité de chacun.
    Chérir sa spécificité culturelle ou spirituelle sans jamais aliéner son libre arbitre, ni déconstruire celui de l'autre, est en effet l’unique façon de construire un dialogue dans lequel chaque identité singulière contribue à construire l’intelligence collective. "

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