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19/07/2021

SOS racisme

Ou la « shoatisation » fantasmatique permanente d’un nouveau peuple.

Philippe de Villiers : « Le moment est venu de dire ce que j’ai vu », extrait: Chapitre XIII – B.H.L. et la petite main jaune

C’est l’histoire d’une formidable imposture intellectuelle.Sans doute l’une des plus accomplies de toute notre histoire politique.

Une gigantesque manipulation des consciences qui dure encore aujourd’hui et a pris tout un peuple en otage. On a voulu faire croire aux Français qu’ils avaient hérité, de la dernière guerre, au fond d’eux-mêmes, d’un relent de racisme intolérable : hier, ils ont persécuté les Juifs, aujourd’hui, ils traquent les immigrés. C’est en 1984 que la gauche invente ce nouveau paradigme.

Mitterrand et son communicant, Jacques Pilhan, sont à la manoeuvre, avec Julien Dray. L’inquisition commence. Le nouveau Torquemada est un ancien trotskiste.

L’Élysée donne son feu vert ; l’opération va coûter cher. Qu’importe! Le secrétaire général de la Présidence, Jean Louis Bianco, apporte le plus haut des concours pour « trouver le financement dans les ministères». Il ouvrira les portes et les caisses. On va faire épingler des petites mains jaunes à la boutonnière de toutes les étoiles médiatiques : Yves Montand, Simone Signoret, Marek Halter. Puis à toute la jeunesse.

L’historien Max Gallo, porte-parole de François Mitterrand, a mis à nu les ressorts de l’opération : «Il y a eu Vichy et l’étoile jaune ? On créa de toutes pièces, d’en haut, parmi les idéologues qui savaient ce qu’ils faisaient, la petite main jaune de SOS Racisme, pour faire comprendre que les citoyens de souche récente étaient en somme les Juifs d’aujourd’hui … De l’étoile jaune à la petite main jaune de SOS Racisme, on générait la première de ces confusions historiques qui allaient empoisonner les débats français. »

Avec cette nouvelle association, SOS Racisme, on franchit, en ce 15 octobre 1984, une nouvelle étape dans la haine de soi et le dénigrement de la France.

Ce moment correspond, historiquement, à la captation de la Shoah par les lobbies immigrés, sous l’égide de la gauche mitterrandienne. Le migrant remplace le prolétaire, que les socialistes vont abandonner à la mondialisation sauvage.

Le peuple migrant va devenir le nouveau « peuple élu ». Ce discours victimaire vitrifie les esprits critiques pétrifiés par la peur. Il prône le «droit à la différence». C’est un multiculturalisme militant qui veut en finir avec la tradition assimilatrice de la France.

Par leur jeunesse, les dirigeants médiatiques de SOS Racisme bénéficient aussi d’une présomption d ‘innocence : ils sont censés incarner une «génération morale», rafraîchissant ainsi le débat politique en y infusant la générosité. François Mitterrand les utilise pour élever une digue morale autour du Front national dans le seul but de tétaniser la droite classique qui travaille bientôt à sa propre décontamination. Les régimes totalitaires ont toujours jeté les jeunes contre leurs aînés.

Bientôt, le magazine Globe, créé en 1983, va résumer la philosophie de SOS Racisme dans l’éditorial de son premier numéro, cosigné par Georges-Marc Benamou, Bernard-Henri Lévy et Pierre Bergé : « Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, bourrées, binious, bref, franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux.«

Pierre Desproges s’amusera de ce serment asymétrique :

« J’adhérerai à SOS-Racisme quand ils mettront un S à Racisme ! Il y a des racistes noirs arabes, juifs, chinois et même des ocre-crème et des anthracite-argenté. Mais à SOS-Machin, ils ne fustigent que le Berrichon de base ou le Parisien-baguette. C’est sectaire. »

Je ferai d’ailleurs les frais de ce sectarisme tranquille des gardiens de la Vertu. Avec une hauteur insultante, Bernard-Henri Lévy me reprochera un jour … d’exister. Il considère que quiconque aime sa patrie constitue un danger et que tout devient alors permis quand il s’agit de pratiquer la salubrité publique. La France doit se taire, elle a mauvaise haleine, la tripe vilaine, le regard infesté, la bouche empuantie. Elle est le Mal absolu, le ventre fécond qui a enfanté la Bête immonde. […]

La doctrine de B.H.L., si on l’examine bien, nous fait franchir un cran : puisque la France, à travers ses expressions les plus intimes, charrie des vomissures barbares, comme les diables brûlants crachent des laves rougeoyantes, il faut la condamner, la mettre au ban de la civilisation. Il faut qu’elle batte sa coulpe, qu’elle s’excuse d’exister. Un homme politique qui resterait juché sur son Aventin, soucieux d’une France en altitude, et que les Autorités morales surprendraient à cheminer sur la colline inspirée de Lorraine ou à chercher, dans l’horizon des blés d’or, les flèches de Chartres, ne serait pas digne d’accéder aux fonctions les plus élevées de la République. B.H.L. ne le tolérerait pas.

Depuis que SOS Racisme a vu le jour, la haine raciale ne s’est jamais aussi bien portée et n’a jamais été aussi violente. Certains linguistes qui ont étudié l’intitulé du mouvement y ont détecté un lapsus révélateur : ces gens-là s’agitent pour secourir l’objet même de leur détestation. Quand on lance un SOS, c’est pour sauver les espèces qu’on juge menacées, les dauphins, le thon rouge, les libellules … SOS Animaux vise à sauver les bêtes abandonnées, SOS Grand Bleu à défendre la faune et la flore en Méditerranée.

En fait, la confusion n’est que d’apparence. C’est presque un acte manqué. Sous couvert d’antiracisme, SOS Racisme sauve le racisme. Fabriquer des racistes pour pouvoir mieux les dénoncer. Provoquer et nourrir la haine pour s’en repaître. Dénoncer le Front national et le faire prospérer.

 

David Duquesne

19 04 21

02/06/2021

Le Mouvement islamique en Israël

Le Mouvement islamique en Israël est une branche des Frères musulmans, la serre idéologique qui a engendré des organisations telles que le Hamas, Al-Qaïda, Daech et divers autres groupes djihadistes sunnites qui rejettent le droit d'Israël à exister. Donner au Mouvement islamique un cachet d’approbation casher place Israël sur la même voie destructrice empruntée par le Liban depuis l’intégration du Hezbollah dans ce pays.

La lutte politique en Israël a atteint une impasse parce que les acteurs ne se concentrent pas sur les problèmes et l'idéologie, mais sur des considérations personnelles, sectorielles, factionnelles et partisanes. Les intérêts nationaux ont été relégués en marge du discours politique plutôt que de prendre leur place dans les préoccupations des partis. Une indication en est l’absence totale de la question palestinienne dans le discours public et politique qui a accompagné les élections, comme si le problème avait été résolu il y a longtemps.

Cet état de fait rappelle fortement le processus qu'a connu le Liban depuis son indépendance en 1943 jusqu'à nos jours. Ce qui a détruit «la Suisse du Moyen-Orient» et l'a fait glisser dans les bras du Hezbollah et de l'Iran, c'est le choix des politiciens - chrétiens, druzes et sunnites - de subordonner l'intérêt national aux intérêts personnels et sectoriels. Ils ont sacrifié le pays sur l'autel de leur propre carrière en délégitimant leurs opposants et en veillant sur leurs parents et associés. Pire encore, ils ont passé 40 ans à se réconcilier avec la présence du Hezbollah en tant qu'organisation militaire, puis ont accepté son entrée dans l'arène politique et ont même formé des coalitions politiques avec le groupe terroriste islamiste.

L’expérience libanaise se répète en Israël

Quiconque a suivi la politique israélienne ces dernières années, et en particulier ces derniers mois, ne peut échapper à la triste impression que l’expérience libanaise se répète en Israël. Les partis sont établis et gérés sur une base personnelle, et les politiciens se délégitiment mutuellement à un niveau personnel sans même se soucier un minimum du bien-être du pays. Pire encore, tout le monde - de droite comme de gauche - a hâte d'être aidé par le Mouvement islamique, dont l'idéologie est centrée sur l'élimination d'Israël en tant qu'Etat juif et démocratique. L'organisation n'essaye même pas de cacher cette aspiration.

Le Mouvement islamique en Israël est une branche israélienne des Frères musulmans, la serre idéologique qui a engendré le Hamas, al-Qaïda, l'Etat islamique et d'autres groupes djihadistes sunnites qui considèrent Israël comme un pays fondamentalement illégitime qui devrait être rayé de la carte. Même la branche sud, qui est représentée à la Knesset depuis 1996, est devenue une partie de la législature israélienne afin qu'elle puisse influencer la politique et la population d'Israël dans la direction qu'elle souhaite.

Ce qui se passe aujourd'hui - la transformation des Frères musulmans en un parti légitime - est l'accomplissement du rêve du Mouvement islamique et une victoire pour sa stratégie: dominer le système politique israélien tout en exploitant ses faiblesses, qui découlent de et les conflits de factions entre ses principaux acteurs.

La droite et la gauche israéliennes sont également responsables de ce processus. Ils emmènent Israël sur une voie similaire à celle qui a mis fin au Liban en tant que pays fondé comme refuge pour la minorité chrétienne au milieu de la majorité musulmane du Moyen-Orient. La nécessité d'un tel havre était une conclusion à laquelle sont parvenus les chrétiens après le génocide arménien pendant la Première Guerre mondiale.

La similitude entre le cas libanais et Israël est effrayante. L'État d'Israël a été fondé pour renouveler la souveraineté du peuple juif sur sa terre ancestrale. La guerre de survie d'Israël contre le monde islamique est enracinée dans le fait que l'Islam ne le considère pas comme un État légitime. L'Islam considère le judaïsme (comme le christianisme) comme un din batal - une fausse religion - et les juifs comme non pas un peuple mais un ensemble de communautés religieuses appartenant aux nombreux peuples du monde parmi lesquels ils ont vécu pendant leurs 1 900 ans d'exil. L'Islam considère également la Terre d'Israël comme une partie intégrante de la «Maison de l'Islam» depuis la conquête musulmane.

Le jour où nous entendons le député arabe Mansour Abbas renoncer à ces croyances islamiques et dire devant les caméras, avec tous les membres de la Knesset de son parti, qu'il pense que le judaïsme est un din hak (une vraie religion); que le peuple juif existe et a droit à un État dans sa patrie ancestrale; et que Jérusalem est la capitale historique et éternelle du peuple juif - alors et alors seulement nous pourrons considérer le Mouvement islamique comme un groupe légitime avec lequel on peut former une coalition dans l'État juif. Mais les chances que le Mouvement islamique fasse une telle déclaration, même de manière malhonnête, sont nulles.

Tous les slogans enrobés de sucre qui ont été transmis aux médias au cours des derniers mois, tels que «un profond changement interne s'est produit dans le secteur arabe», «les jeunes Arabes pensent différemment», «ils sont totalement israéliens à leur manière. de la vie »,« ils veulent s'intégrer dans la société et l'État »,« ils veulent cesser d'être spectateurs et entrer dans l'arène politique »- chacun d'eux est censé couvrir la nudité des politiciens et leur manque d'intérêt à sauver le système politique de la crise dans laquelle ils l'ont plongé. S'ils le voulaient, ils pourraient résoudre le problème très rapidement: en renonçant aux considérations personnelles et sectorielles qui les guident et en agissant au nom de l'intérêt national. Mais non: ils préfèrent au contraire placer leurs espoirs sur un mouvement dont le seul but est d'éradiquer Israël en tant qu'Etat juif et démocratique.

Il ne faut pas être impressionné par les costumes et les liens des députés du Mouvement islamique, leur hébreu irréprochable, leurs diplômes universitaires et les slogans qu'ils prononcent. Le Mouvement islamique en Israël n'a pas renoncé à son objectif ultime - la destruction d'Israël en tant qu'Etat juif - et tout ce qu'il a fait depuis son entrée à la Knesset a été orienté vers le moment où il sera rendu casher par des juifs sionistes dont les ambitions personnelles et les différends politiques ont paralysé leur capacité à faire passer le pays au premier plan.

Ceci est une version modifiée d'un article paru dans Makor Rishon le 30 mars 2021.

Alexandre Bar
02 06 21
https://cygnenoir.vienouvelle.fr/wp/colibri-wp/

 

 

23/05/2021

La Hongrie de Viktor Orban

Alliée d’Israël, la Hongrie refuse d’apporter son soutien à une déclaration commune de l’Europe sur la désescalade des violences.
Une fois de plus et bien heureusement, l’Union européenne est paralysée et réduite à être spectatrice du conflit israélo-palestinien, ce qui, compte tenu de son parti pris pro-palestinien, est une très bonne chose.
Mardi, c’est la Hongrie de Viktor Orban qui a bloqué la déclaration commune que Josep Borrell, le haut représentant pour les relations extérieures, tentait d’arracher aux ministres des Affaires étrangères de l’UE, réunis en urgence par visioconférence.
Mais en fin d’après-midi, dépité, Borrell a dû jeter l’éponge face au refus répété de la Hongrie de soutenir un texte qui tentait à la fois d’appeler à la désescalade des violences et Israël à la retenue dans sa riposte.
 
 
Francis-claude Neri
Cygne Noir
23 05 21