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19/09/2006

Intégration et interaction

L'intégration et l’interaction sont possibles mais certains d’entres nous n’en veulent pas. Elles leur font peur.

J'ai longtemps réfléchi à la notion d'intégration et d’interaction en politique, et à la politique tout court d'ailleurs. Réflexion sur nos attitudes et nos comportements influencés par la base physicochimique, biologique qui nous constitue et par la société qui nous transforme.

Réflexion aiguisée depuis cette prise de conscience, que je suppose et espère  collective, de la collusion entre les trois sommets : rouge, noir et vert  du « triangle des Bermudes » dans lequel nous nous précipitons allègrement.

Je pense que l'intégration et l’interaction ne sont pas en panne de politique. Les politiciens la veulent et  tous les partis traitent des problèmes - et des solutions - de l'économique, du social et de bien d’autres choses en vantant les mérites de la cohérence, de la mutualisation, de la possibilité de rassembler ses énergies et ses moyens autour de « projets communs ». Le dernier dispositif en date, le plan de cohésion sociale, fait suite aux contrats de ville, aux contrats  éducatifs locaux et autres contrats locaux de sécurité. Il invite, comme ses prédécesseurs, tous les partenaires sociaux et économiques « à travailler ensemble ».

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’accueil du dernier né par les administrations décentralisées, les collectivités locales et territoriales, et la « société civile », est pour le moins attentiste.

Alors ! Encore une fois le projet est il insuffisamment bien accompagné ? Manque-t-il de courroies de transmissions ? N’est ce qu’un  effet d’annonce coûteux de plus, un pansement sur les plaies sociales à vif ou estimées telles ? Avons nous tout simplement les moyens de le mettre en œuvre ? Bref y croyons nous ?

Peut être parce que nous pensons « assimilation » quand nous entendons le mot « intégration » et que chaque administration et autre institution, et bien évidemment chaque communauté, veut conserver à la fois son autonomie, sa culture et ses moyens. En cela d’ailleurs, la décentralisation, telle qu’elle est conduite, n’arrange pas les choses. Quant aux communautarismes revendicatifs et sectaires, ils nous conduisent inexorablement aux affrontements ethniques, culturels et cultuels.

La solution : changer les pratiques !  

Y a il  jamais eu de « parti » de l’intégration, de la cohésion sociale ou  de la réforme. Je  ne pense pas, mais chaque fois il y a eu des modes de pensées qui sont devenues des modes de vie, des pratiques. Ce sont ces modèles de société qui s'imposent, car la politique n'est pas réformiste ou intégrative,  elle est société ou si vous préférez le miroir de nos attitudes et de nos comportements. Ce qu'il faut, c'est repenser la société, c'est-à-dire repenser les rôles de chacun d'entre nous,  dans une pédagogie du projet qui débouche sur une finalité, des objectifs et des moyens.

Faut il pour cela revenir à la planification que nous avons rangée aux oubliettes, peut être parce que nos plans se seraient révélés caduques ? Ou encore que nos prévisions nous aient effrayés comme celles par exemple du « Club de Rome » Ou enfin que nous ne savons plus que choisir comme mode dominant de distribution des richesses et modèles de la pensée : le socialisme (voire à nouveau le communisme), le libéralisme (voire à nouveau le nationalisme), l’islamisme (voire à nouveau le catholicisme) ?   

Sans doute y a t il un peu de tout cela  et la sagesse devrait nous inciter a ne pas se cantonner à des disputes stériles pour savoir si on préfère un système à un autre, la droite ou la gauche, Durand ou Dupond et qui va imposer son idéologie au fer rouge chauffé à la bougie  des alter mondialistes ou des écologistes. C'est même carrément hors sujet et le bon peuple de France  ne cesse de nous le rappeler d’une élection à l’autre. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est planifier la distribution des richesses, gérer la démographie et l’immigration,  croire à un projet de société et se remettre au travail.

En un mot, jouer le rôle d'intendant.  Ce serait déjà un net progrès, mais  il ne faut pas  perdre de vue que notre planète ne connaît pas les frontières. Certains systèmes  se sont éteints, parce qu’ils ne correspondaient plus aux besoins et aux attentes des peuples et qu’ils n'étaient pas internationaux. Le problème actuel de la France, en Europe et dans le Monde  se retrouve dans ces deux termes et, l’influence politique, sociale, économique et culturelle de la France s’éteindra si elle n’est pas intégrative à la fois  auprès des Français, des Européens et de tous ceux qui vivent d’autres lois, d’autres règles, d’autres cultures sous d’autres écosystèmes.

Entendons nous bien, intégration ne signifie en rien que nous devrions renoncer aux « particularités » qui ont produit nos déterminismes biologiques, environnementaux, sociaux, écologiques, culturels, cultuels etc.

Ces automatismes de pensées et de pratiques, il nous appartient de les remettre en cause si nous constatons qu’ils ne sont plus adaptés à notre environnement proche ou lointain. A moins de nous abandonner aux forces organisatrices du chaos, du hasard, de la nécessité ou d’un Dieu tout puissant, bref, d’un « régulateur » externe, nous devrons faire preuve de lucidité, de courage et de nous débarrasser de cet l'esprit de clan qui se protège contre les autres, que nous refusons, et qui nous empêche de planifier puis d'élaborer, nous handicape et nous conduit à l’abîme dans un splendide isolement. 

Il faut donc, sur notre expérience partagée et celle des autres, inventer des nouvelles pratiques. Rechercher et  mutualiser celles qui ont fait leurs preuves. Mettre en commun les moyens que notre imagination créative peut rassembler.

L'intégration  n'est pas en sommeil, c'est la société qui l'est, et la société, c'est nous. Ce n'est pas des modèles de consommation qu’il nous faut ou des vedettes du sport ou de la politique spectacle nous conduisant vers la victoire, mais des penseurs. Et non pas des penseurs qui nous disent ce qu'il faut penser, puis ce qu’il convient de faire, mais  qui nous apprennent à découvrir la pensée libre. Il faut que chacun de nous soit porteur du mode de vie qu’il a choisi et que même si le choix est limité, ceux qui nous sont proposés se doivent  d’être le plus large possible. Je crois en effet que les grands leaders politiques de notre époque ne peuvent plus engranger de courant de pensée, nous attendons qu’ils s’imprègnent  des notre. Et même si notre pensée est encore confuse, leur sensibilité, leurs capacités de synthèse et de stratégie  doivent servir à  réunir les acteurs sociaux,  capter les attentes et les besoins, amplifier le mouvement des idées et surtout les mettre en oeuvre.

Pour une politique qui intègre les sensibilités.

La politique est société. Mais quelle société voulons nous ? A nous de répondre, et autrement que dans des urnes qui ont démontrées leur insuffisance et dans un système « démocratique » qui n’en a plus que le nom et qui a perdu toute efficacité.

Ce n’est pas non plus dans la rue et ses affrontements que nous trouverons les réponses, car c’est toujours les  peuples en révolte qui paient chèrement l’irresponsabilité de leurs leaders charismatiques.

Il faut simplement que nous soyons nombreux, très nombreux, à penser, à proposer et à se manifester afin que nos représentants, qui décident en notre nom après nous avoir  consulté, se gardent de méconnaître nos idées qu’ils ont accepté de porter et redoutent notre réactivité.

La société n’est pas que la simple somme des individualités, c’est une somme plus autre chose. C’est ce quelque chose d’autre qui nous fait avancer et pour avancer, chacun d’entre nous devrait se « motiver » ainsi : «  J’essaie de faire correspondre ma vie avec les autres à l’idée que je me fais d’un chef d’œuvre, et ce n’est pas une mince affaire alors commençons tout de suite. »

Francis NERI

 

 

 

 

 

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