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21/09/2006

La cohésion sociale

 

La cohésion sociale semble être devenue un objectif prioritaire des équipes qui se succèdent au gouvernement de la République. Sans doute que la cohésion du peuple facilite d’autant le consensus social sans lequel il n’y a pas de paix sociale et sans paix sociale il n’y a pas d’économie performante et par conséquence de performance sociale.

 

Va pour la cohésion, mais que faire pour y parvenir ?

 

Si l’on veut obtenir quelque chose de quelqu’un on commence par se demander ce que l’on pourrait bien faire pour lui, ne serait ce que pour qu’il nous en soit redevable. C’est peut être de là que provient l’expression: « Que demande le peuple ? »

 

Alors que demande le bon peuple de France pour rester ou devenir cohérent, où encore, bien sur les rails et droit dans ses baskets ? Un sondage, peut-être, nous l’apprendrait ? Ou un état des lieux, le tout réalisé par quelques doctes savants !

 

Pour ma part, et simplement en étant à l’écoute des opinions, je crois savoir que les préoccupations des Français sont de plus en plus terre à terre et que leurs attentes sont suffisamment compréhensibles, relativement faciles à satisfaire et, si on y réfléchit un peu, depuis trop longtemps exprimées.

 

Par quoi faut-il commencer pour satisfaire le citoyen moyen ?

 

Le former pour qu’il ait accès à un emploi tout simplement ! Et pour quoi faire un emploi sinon pour trouver un logement, lequel abritera la famille qu’il veut fonder et nourrir. Si, ajouter à cela, il a la chance de se retrouver dans un cadre de vie acceptable et qu’en plus il peut construire avec ses voisins un vivre ensemble apaisé, le voila acquis à la cohésion sociale, au plan du même nom et à bien d’autres choses encore !

 

Je suis sûr que dernièrement, ne serait ce que pour faire plaisir à des élus qui lui auraient procurés ces délices, hélas encore trop souvent inaccessibles, il aurait même voté pour la nouvelle constitution et aujourd’hui nos gouvernants de France et d’ailleurs ne se tordraient pas les mains de désespoir et d’incompréhension. Ils ne s’arracheraient pas les cheveux pour sortir de l’impasse dans laquelle ils se sont mis et angoisseraient moins pour leur réélection.

 

Les dés sont-ils jetés ? N’ont-il  plus rien d’autre à faire que de se lamenter sur la mauvaise foi supposée du non à l’Europe, des anti-mondialistes et anti-libéraux ou autre empêcheurs de tourner en rond  et espérer que le Père Noël ou quelqu’un de sa famille vienne à leur secours ?

 

Nous verrons bien ! En attendant, et pour ce qui nous concerne, il faudra bien continuer à vivre au quotidien nos difficultés habituelles et faire preuve de ce courage tout simple qui consiste à faire ce que l’on pense nécessaire pour aller au jour suivant, en espérant que ce jour sera meilleur.

 

L’espérance, c’est bien ce qui commence pourtant à nous manquer et ce manque accompagne si bien nos désillusions et notre scepticisme, que nous ne supportons plus ces appels à la patience, à la solidarité. Nous ne supportons plus la baisse de notre pouvoir d’achat et l’angoisse de l’avenir.

 

Il nous vient alors de ces fureurs qui naissent du plus profond de nos frustrations, de la  certitude que nous sommes les seuls à payer le prix de l’arrogance et du mépris de certains de ceux qui nous gouvernent et de ceux qui nous trompent, nous exploitent.

 

Confronté aux nouveaux défis qui le dépasse, le citoyen entend que soit menée une politique qui se recentre sur ses besoins immédiats et que les moyens encore disponibles soient utilisées à son profit et non à quelque cause dont il  sait bien à présent  qu’il ne tirera aucun bénéfice à court ou moyen terme. Il se demande même si ses enfants auront quelque chance d’en bénéficier. Bref le citoyen attend à présent un retour sur investissement et non pas un nouvel appel à de nouveaux sacrifices, pour l’Europe, le Tiers monde, l’Immigration, les Pays de l’Est, la Chine, le Monde Arabo-Musulman, et j’en passe…

 

Il n’attend pas l’essor d’un néolibéralisme prédateur, mais d’un plan économique et social qui soit sérieux, concerne ses besoins prioritaires et qui soit mis en œuvre sans être interrompu à chaque mouvement du monde politique et de ses énarques.

 

Personnellement, et comme j’ai encore quelques illusions, j’ai trouvé que le plan de cohésion sociale allait bien dans ce sens, l’emploi, l’habitat, le lien social et l’égalité des chances. Ajoutée à cela, l’expérience d’une pratique dite réussie en ville de Valenciennes, de l’énergie et une volonté forte.

 

Las, je crains fort qu’il nous faille déchanter et que comme pour les dispositifs précédents, les résistances au changement, les moyens difficiles à mobiliser, les blocages culturels et administratifs, les pouvoirs régionaux qui estiment être « court-circuités »,  ne laissent que peu de chance au véhicule et à son pilote pour pousser une machine qui a du mal à démarrer et à réaliser ses objectifs.

 

Bref, non seulement le plan de cohésion sociale est loin d’être accepté, mais encore il souffre d’un déficit certain ayant trait au processus d’application sur le plan local et d’un effort d’information et de formation des acteurs de la politique de la ville, chargés de le mettre en œuvre.

 

J’étais prêt à considérer que ce plan était une chance nouvelle au-delà de laquelle il ne resterait plus grand-chose à entreprendre pour réussir la « cohésion sociale », donner de l’emploi et un logement à ceux de nos concitoyens qui en sont dépourvu.

 

Est il encore temps de changer le cours des choses ? Pourquoi pas si l’appel qui invitait « chaque acteur, préfet, élu, partenaire social, entreprise, à participer à la cohésion sociale de notre pays, et à se sentir porteur d’une véritable feuille de route pour l’action. » est sincère et s’il est entendu.

 

Il faut conserver ou retrouver l’espérance et l’engagement de chacun, car de l’échec de la cohésion sociale, vient la violence des exclus et bien évidement la répression qui enclenche le cycle infernal qui, toujours, est chèrement payé par les révoltés que conduisent des leaders inconscients.

 

Francis NERI

 

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