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30/05/2010

Le malaise français

Nous entendons de plus en plus fréquemment cette ritournelle :

« La question de la sécurité, de la croissance, comme celle de l'emploi et du pouvoir d'achat, sont au cœur du malaise français. »

Mais on peut se demander si la croissance et l'élévation du pouvoir d'achat sont bien les éléments constitutifs qui permettraient à chacun de « vivre heureux ». La croissance et un pouvoir d'achat fort par l'accroissement artificiel de la consommation de biens et de services pas toujours essentiels, est un non-sens économique et écologique. Donner, par exemple, des primes à la casse pour remplacer des voitures encore largement utilisables, n'améliore pas l'emploi et le pouvoir d'achat des Français ; il accroît le problème par simple rétroaction positive.

Il en est d'ailleurs de même pour « l'explosion » démographique. Dire, par exemple, qu'il faut faire plus d'enfants pour payer les retraites futures est « démagogiquement » meurtrier. C'est l'assiette qu'il faut modifier. La taxation des profits financiers et de certains outils de production utilisant peu ou pas de main d'oeuvre est la voie qu'il faut explorer, avec le recul de l'âge de la retraite.    

Mais même si le pouvoir d'achat était l'élément premier de la réponse, il ne se décrète pas. La clef est tout d'abord dans le retour à la sécurité des personnes et des biens, dans la gestion de la croissance économique et démographique, la régulation financière, la restauration des valeurs universalistes, dans le partage de la valeur ajoutée, la revalorisation du travail...Il faut à la fois « améliorer la qualité du gâteau et réserver l'accès au gâteau ».

Bref, une approche qui relie les pôles en crise et apporte une réponse globale et cohérente qui tend plus vers la réduction que vers l'expansion.

Si ceux qui travaillent sont de moins en moins nombreux et ceux qui sont à charge de plus en plus nombreux, si chacun gère sa partie sans appréhender la problématique de l'autre, si la réponse accentue la problématique globale, si l'on s'enferme chacun dans sa « réalité close » c'est sans issue. 

Mais le problème n'est pas qu'institutionnel. Il nous faut aussi sortir de la manière de raisonner, de penser qui nous a mené au désastre de 2008. Sinon les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Quand on véhicule des idées fausses et démagogiques, qu'on reprend le prêt à penser de gauche, comme de droite, qu'on emploie les solutions d'hier pour résoudre les problèmes de demain,  on rend le débat obscur dans le seul but de semer le doute dans la tête des gens et mieux les manipuler.

On voudrait nous faire croire que la réponse à la crise globale, qui est aussi celle du système occidental de gouvernance, sera résolue si nous parvenons à réguler les marchés financiers.

Il n'en est rien, car si l'Occident croit encore en la justesse et l'universalité de son système de valeurs ainsi qu'en son dogme de la mondialisation économique et financière,  des « singularités » fortes s'y opposent avec force et dans la violence ; en particulier une partie de plus en plus grande du monde arabo-musulman qui veut imposer sa propre vision de l'universalité et de la modernité, quitte à le faire en mobilisant au nom de la « guerre sainte ».

Il faut lutter sans faiblesse pour que chacun de nous, au-delà de nos différences, prenne conscience de l'enjeu et combatte sans faiblesse les nouveaux fascismes qui montent. L'on doit également revoir notre système de valeurs et notre conception de la gestion et de la gouvernance du monde.

Bref, nous devrons nous donner les moyens de changer si nous ne voulons pas que d'autres s'en chargent et nous imposent leurs solutions.

    

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