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16/12/2015

Au delà des partis.

Les Français sont-ils capables d'un débat ?

Ce matin je lisais sur plusieurs pages des réflexions de ces Français, se disant de Droite, qui, pensant avoir un raisonnement, se demandaient comment faire tomber le FN à 5%. Pas un, certainement issus des Républicains, n'a cherché à voir pourquoi le FN pesait si lourd ramenant à un semblant de mathématique ce qui est avant tout philosophique.

Là encore le raisonnement qui est très limité ramène au seul fait d'une victoire qui n'en est pas une et pire encore est une profonde défaite. Non messieurs de Droite vous n'avez pas renforcé votre camp en votant, non pas pour un projet mais sur des consignes de vote contre un parti et un projet.
En fait puisque seule la mathématique vous importe, alors allons-y en détail.
Les vrais chiffres de cette droite ne sauraient être ceux du 2e tour mais du premier et là votre camp est bien battu, d'abord en chiffres. Le FN qui a a été en tête dans 6 régions, l'a été sur l'ensemble avec près de 28% des votants contre 27% pour la Droite plurielle (centristes de l'Udi, du Modem des républicains et divers droite) et 23% pour la gauche.
Le résultat de la Droite sans sa diversité est donc très faible, si on enlève le poids centriste qui est un électorat fragile). Le FN au 2e tour a progressé malgré des reports comme en Ile de France pour battre des ténors socialistes, il est clair que près de 4% des électeurs du FN du premier tour ont préféré se reporter sur Valérie Pécresse pour battre Bartolone.
La Droite seule si elle était parti seule sans les centristes n'aurait sans doute obtenu qu'une ou deux régions et encore. Donc abandonnons la mathématique qui n'est pas très favorable à ceux qui se disent à Droite, la droite sarkoziste.

Lorsqu'on additionne des choux, des carottes et des navets on n'arrive jamais qu'à un pot au feu.

Les résultats qui se confortent entre les deux tours et une progression de 820.000 voix montrent que le FN n'est plus un vote protestataire mais un vote qui s'établit sur d'autres critères, qu'ils soient économiques, sociologiques voire philosophiques.
C'est bien la dessus qu'il conviendrait effectivement de réfléchir mais à droite comme à gauche, la réflexion est absente comme le projet global.

Il serait temps que le peuple de droite qui se dit républicain assimile dans sa réflexion la cause essentielle du rejet des électeurs du FN et ne se comporte pas en propriétaire de ce pays alors que ses dirigeants en ont dilapidé la fortune.

L'heure des choix approche et ils seront sans appel en fonction de l'enjeu national. Le choix va pouvoir être de plusieurs ordres : une sorte d'Union de circonstance, à la manière de ce second tour avec ce que l'on a vu de compromissions et de bassesse tant de Bertrand que d'Estrosi pourtant un proche de Sarkozy.
Cette Union de circonstance est d'ailleurs dessinée par Raffarin qui estime qu'il faudra travailler avec la gauche. C'est nier que celle-ci a aggravé la dégringolade de ce pays mais ça a l'avantage de conserver les postes juteux. Le deuxième choix sera à peu près identique puisqu'il verra Juppé faire l'Union en allant sur la gauche.

Le troisième choix sera cette fois de se rallier à un parti souverainiste autour du FN.

Ceux qui pensent que leur leader Sarkozy a une chance d'accéder à la marche suprême sans les centristes et en ayant constamment craché sur le FN sont dans le rêve absolu.
Juppé est l'homme choisi par l'Ordre Mondial comme principal candidat, il a été adoubé en 2015 par le Bildenberg donc il apparait comme le candidat préféré de l'Ordre Mondial mais les "maîtres" du Monde n'ont pas pour autant rejeté Hollande dont la docilité est un gage important.

Donc nous assisterons à deux conceptions en politique pour 2017 ; l'une de continuation normale dans tout ce qui ne fonctionne pas : l'Europe, l'économie dirigée de Bruxelles, libérale à très libérale, l'alignement global sur l'Empire étasunien et un mélange qui à terme fera disparaître le peuple Français, tel qu'il l'est encore, avec sa part diverse mais occidentale et une dette qui semble occultée.

L'autre conception sera politique, sociologique et philosophique, restaurer l'indépendance, le pouvoir régalien, les limites territoriales (la Corse ayant opté pour les autonomistes crée un problème de fond), les fondamentaux de notre société et une réorientation géo politique qui devrait ressembler à celles d'avant 1968.

Sans cette indépendance et sans réajustement de nos alliances, nous ne pourrons sortir de l'impasse.

Pour ce qui est économique il faudra, en fonction de ce rééquilibrage, restaurer une politique commerciale différente mais aussi réguler l'orientation libérale chaque fois qu'elle sera en butte à nos intérêts propres.
Notre intérêt propre étant de restituer sa valeur au travail, par une juste répartition des fruits.
Cela ira donc vers une nouvelle forme d'humaniste qui n'a rien à voir avec le pseudo humanisme de gauche qui considère l'étranger comme privilégié.
Il n'est pas question non plus d'imiter Syrisa dont l'échec est patent mais de redonner de la force à un pays qui doit cesser de prendre ses ordres à Washington et à Berlin.

L'Europe telle qu'elle a été construite n'est pas viable, elle ouvre vers le danger de la submersion totale qui va s'accélérer avec l'entrée de la Turquie. Il faut donc la déconstruire en se retirant rapidement et en prévoyant immédiatement une collaboration étroite avec la Russie...et Israël.

Pierre Knout
Francis NERI