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26/04/2010

Réguler la vie politique

Réguler, c'est si l'on préfère, « mieux gérer ». J'ai écrit, il y a quelques mois, une lettre ouverte à mon député. Je lui exposais mes mécontentements, en particulier la manière un peu cavalière dont, selon moi, un parti, auquel j'adhère, et ses représentants  traitaient ceux de son camp. Quel fut mon étonnement lorsque, longtemps après, j'ai eu connaissance de la réponse dont un ami charitable m'a fait copie.

En gros, un militant doit encaisser et se taire, quels que soient les désagréments qu'il peut éprouver et surtout qu'il ne pose pas de question sur les tenants et aboutissements d'un évènement qu'il subit. Surtout pas de vagues sinon on fait le jeu du parti adverse.    

Ainsi va le monde, et un citoyen doit bien se garder d'interpeller un député s'il ne comprend pas ce qui se passe et s'il est mécontent des conditions de considération et d'estime qui lui sont faites, et surtout pas dans une « lettre ouverte », c'est de la trahison ! Et pourtant, le temps des "godillots" et du doigt sur la couture du pantalon est terminé. 

Naïvement, j'avais cru qu'au contraire un député était élu pour çà, c'est-à-dire expliquer, prévenir, être à l'écoute, se faire le porte-parole à l'assemblée nationale des attentes des citoyens. Qu'ils soient de son bord ou pas, d'ailleurs.

Les dernières élections ont comptabilisées d'une part une abstention de plus de 50%, si je ne fais pas erreur ! Et, d'autre part, il y eut des votes, vers les extrêmes, que certains considèrent, encore, comme protestataires. Moi je pense qu'ils vont s'enraciner et se développer, en particulier vers la droite nationale. Marine Le Pen doit souhaiter que son « chef naturel » de père mette un peu la pédale douce sur ses extravagances médiatiques au parfum négationniste et passe rapidement le relais.   

Pour ma part, je me suis abstenu...en attente...pour voir !

Pouvons-nous encore croire que nos députés se posent véritablement la question de savoir s'ils sont toujours « en ligne » avec leurs électeurs. Je n'ai pas ce sentiment. Je crois plutôt que la révolte gronde et qu'ils ne la voient pas dans toutes ses composantes; ou alors qu'ils sont impuissants à changer quoi que ce soit à leurs comportements. Qu'ils pourront se contenter de débats d'idées, de déclarations d'intentions et tout au plus de "projets" de lois. Après tout, se disent-ils peut-être, nous sommes les enfants d'un système qui dure depuis très longtemps et ma foi il perdurera bien encore un peu avec nous.

Je disais que la régulation d'un système politique c'était bien le gérer. Ce n'est pas suffisant comme explications. Réguler, c'est poser un thermostat sur un système, c'est aussi, à l'entrée, anticiper et prévenir les rétroactions positives, avant qu'elles ne le fassent éclater .

L'évènement objet de mon courroux c'était les conditions de la venue du Président Nicolas Sarkozy à Strasbourg et je m'étais adressé à mon député pour lui faire part de ma déconvenue, non pas sur le contenu du discours du Président, mais sur la forme de la manifestation.  Et à qui voulait-on que je m'adresse sinon à mon député ?

Celui-ci doit à présent savoir, après les élections régionales, que je ne suis pas le seul à avoir été indigné et que ces « explications » qui consistaient à « dédouaner » les représentants locaux pour charger les représentants nationaux n'ont convaincu personne. Je veux bien que ses amis et lui ne soient pas « coupables » mais pour moi, ils sont « responsables », tout au moins d'un défaut de communication, sinon pour quelles raisons faire partie d'un « système » ?