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17/05/2011

Vive la jupe !

"Lorsque mes sœurs, à Vitry ou ailleurs, portent des jupes, elles se font souvent traiter de putes. Elles bravent l'interdit en arborant trop de liberté et de féminité."

Sihem Habchi, Présidente de Ni Putes Ni Soumises.

Depuis que je n’y suis plus admis, car ma conception de l’Education et de la Socialisation ne convient pas aux syndicalistes et aux mandarins gauchistes de l’Education Nationale, j’ai cessé d’intervenir dans les établissements scolaires.  

J’y ai pourtant conservé quelques amis, et pour ne pas perdre le contact, je fais des surveillances d’examen.

Il faisait très beau la semaine précédente, et je surveillais un « BTS » dans un lycée d’une petite ville aux environs de Strasbourg.

Un joli parc, une petite rivière ombragée, un lycée tout neuf, un proviseur adjoint jeune et sympathique, une équipe souriante, compétente et, par-dessus tout çà, un soleil radieux.

Et c’est là que j’ai eu un coup au cœur : des jupes, encore des jupes, des courtes, des longues, des shorts, des chemisiers, des décolletés et tenez vous bien, pas le moindre voile !

Pas non plus de jeans informes, déchirés ou salis, de cheveux gras pendant lamentablement, mais des talons claquant dans les couloirs (çà ce n’est pas bon pour le silence exigé de l’examen), des chemisiers, de jolis décolletés, des mains soignées, et même du rouge à lèvres.

Je n’ai pas résisté ! A l’occasion d’une pause, j’ai interrogé quelques-unes de ces jeunes filles, espérant, sans trop y croire, qu’elles n’obéissaient pas seulement à une nouvelle mode.

Je n’ai pas été déçu : des réponses précises et sans ambiguïté :

Absence de provocation, rien à voir avec un signal sexuel adressé aux garçons (bien que là je sois un peu sceptique), mais la manifestation de sa féminité, un progrès vers la liberté de la femme.

Une seule, très jolie, très entourée, de famille probablement aisée vu la qualité des vêtements portés, m’a affirmé le faire en toute conscience politique et « féministe », ce qui fit rire le garçon qui l’accompagnait. Pour lui, seul le « jeans » était un uniforme féministe, du moins pour celles qui voulaient que la femme ressemble en tout point à l’homme. Je les ai laissés à leur débat.

Ces jeunes filles m’ont enfin parlé du film : « la journée de la jupe » et, tenez vous bien, je n’en avais jusqu’alors pas entendu parler, sinon sur la site de Riposte laïque, sous la plume de Christine TASIN…J’avoue ne pas y avoir prêté grande attention car j’ai sous estimé son impact, j’avais tort ! Je devrais peut être regarder un peu plus la télé !  

Je me suis rattrapé, et ma foi, j’ai retenu un commentaire d’Isabelle Adjani sur le film qui me semble résumer l’essentiel : « La modernité, c’est la jupe ou le pantalon ? Ce fut le pantalon, c’est devenu la jupe. On est loin des acquis féministes. On est dans la nécessité de revenir à une féminité vivable. Féminine égale pute, c’est quand même embêtant. C’était inimaginable avant le phénomène de l’intégrisme islamique. Il est étrange que le pantalon soit vécu comme un voile. »

Je me suis interrogé : Comment vont réagir les caïds de la banlieue, infectée par une idéologie machiste ?

J’ai posé la question à une professeur. Elle était très indécise et craignait des débordements, se demandant même s’il ne fallait pas interdire la mini-jupe pour ne pas « provoquer ».   

Ce qui m’a fait penser aux colonels Grecs qui avaient fait de même !

Pour éviter ce problème, en avril 2010, le collège privé Saint Joseph, à Gap (Hautes-Alpes), a trouvé lui aussi la "solution": la jupe est interdite au sein de l’établissement !

Et me voilà revenu à la réalité des représentations, et au « don » qu’il faut avoir pour approcher « sa » réalité.

Ces jeunes filles ont un Don, celui que l’on choisit d’avoir et qui change la vie.

Représentation, la vie n’est que représentation. Une histoire, un film…plein de bruit et de fureur…si nous le voulons ainsi. Plein de lumière autrement !

 Il y a cette salle de cinéma. On y joue « La journée de la jupe ». Vous avez envie de le voir car « on » vous en a parlé ! Vous sortez vos sous, car il faut comme au poker payer pour voir.

Vous entrez et vous regardez, vous « vivez » et vos yeux piquent car elle meurt à la fin ! La bobine s’est déroulée, il fallait bien que le temps s’écoule pendant que vous rêviez.

J’ai une leçon à tirer de cette histoire. Vous pouvez rêver votre vie, c’est ce que font ces jeunes filles, sans toujours en avoir conscience.

Vous êtes metteur en scène, acteur, caméraman, projectionniste, spectateur et plein d’autres choses encore et tout cela à la fois si vous voulez.

Vous faites jouer ce qu’il vous plaira sur l’écran noir de votre imagination.

Le plaisir partagé, c’est quand votre film est bon pour les autres aussi. Ils vont s’asseoir dans votre salle obscure et c’est peut être ce qui manque parfois à ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas rester seuls : quelqu’un qui vienne voir votre film.

Souvent, c’est parce que cette ou ces personnes ne trouvent pas leur propre film excellent.

Serait-ce le cas des islamistes, des financiers du CAC 40 et des mondialistes qui veulent nous faire voir le même film pour tous ?   

Si oui, faisons des tas de « films » différents et invitons les à les regarder avec nous.

Francis NERI