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05/07/2007

Gouvernance

Quel jeu passionnant que la gouvernance ! Il n’est que d’observer avec quelle intense jubilation s’y livre Nicolas Sarkozy pour comprendre quelles profondes satisfactions notre Ego peut en retirer.

Dépassées les humiliations, les frustrations, les coups bas, les échecs et les trahisons. Notre Président n’est pas transformé par l’accession au pouvoir suprême, il est révélé et en premier lieu à lui-même. Il sait à présent qu’il n’est pas le centre du monde et le sel de la terre mais l’individu hors normes dont nous avons besoin.

Cet homme nous permet d’apprécier ce que peut donner en politique un comportement Non-Aristotélicien c'est-à-dire, et en particulier, la capacité et la conscience d’abstraire, la relation la plus objective possible avec l’évènement.

Nicolas Sarkozy nous montre comment ne pas agir sur l’impulsion du moment, « penser » l’évolution des pièces sur l’échiquier politique. Les avancer pour examen probatoire, de manière hiératique, apparemment sans « raisons », juste pour déclencher une réaction, voir comment les autres « joueurs » vont réagir.

Contrairement à certains qui le pensent « excité », Nicolas Sarkozy conserve un calme apparent en toutes circonstances, il reste lucide et froid même et surtout s’il se sent acculé, piégé.

S’il perd une partie, il retient juste les erreurs qu’il a fait pour les éviter au cours de la partie suivante.

Nicolas Sarkozy n’est pas exempt de « crises émotionnelles », mais il sait mettre ou remettre en route la « mécanique » sans plus regarder le « précipice des inconscients », le sien et celui des autres. En effet il n’est pas un adepte de la psychanalyse et il a atteint un état de « régulation sociale » qui lui permet de détourner et de sublimer ses pulsions destructrices. Ses prises de positions sur l’inné et l’acquis le démontrent amplement.

Quel que soit le plan, la stratégie, le projet qu’il entreprend, Nicolas Sarkozy reste « manoeuvrant » et libre pour structurer le temps à sa manière. Il sait qu’un homme seul « est un homme mal accompagné », mais il se méfie de lui-même et bien évidement de ses amis ! Dans le « jeu », il se sert des acteurs comme des pièces de son échiquier. Il sacrifie les pions, ménage les pièces importantes mais ne se lie pas émotionnellement avec celles qui peuvent où qui doivent être sacrifiées; cela peut rendre les relations ultérieures très douloureuses.

Il a appris à ses dépens que les pièces maîtresses ne doivent jamais prendre la place du joueur c'est-à-dire la sienne, ainsi la direction de son parti ne sera plus unique, mais bicéphale : prudence et  futurible !

Pour ma part, rien ne me parait « inconnu » dans son approche et sa méthode de résolution des problèmes : observation du joueur adverse potentiel, analyse à froid des données objectives, recul tactique en lieu et place de l’offensive à découvert, réfléchir encore une fois avant de décider trop tôt, créer l’évènement (voire l’incident), ne pas s’en tenir aux seules règles du jeu afin d’éviter l’enfermement dans de vieux schémas. Et enfin s’imposer un devoir de pédagogie. 

Il est un dernier élément décisif, sur lequel je veux attirer particulièrement l’attention du lecteur,   quant à la personnalité de Nicolas Sarkozy. Cet homme a su retrouver le chemin de l’intimité avec l’existence, c'est-à-dire la part de l’enfant créateur, et celui de l’efficience relationnelle. Il sait à présent qu’il lui faut, avec « l’autre » parcourir les trois pôles de la « compétence sociale » :

  • L’état de connaissance (compétence pédagogique)
  • L’état managérial (compétence managériale)
  • L’état thérapeutique (compétence thérapeutique)

C’est en cela que Nicolas Sarkozy peut réussir à nous faire entreprendre un véritable processus de changement, impliquant un modèle social audacieux et moderne qui réinvente les relations et les interactions entre les hommes et les systèmes.

N’est-ce pas ce que la France attendait ?

Francis NERI

31 06 07        

 

Commentaires

Bonjour,
Ravie de voir évoquer ici la philosophie non A chère à Van Vogt... qui nous rappelle que "la carte n'est pas le terrain" comme vous rappelez que le terrain du non aristotélisme peut aussi être politique. Monsieur Sarkozy nous donne des leçons d'ouverture d'esprit parfois surprenantes quand certains le comparent à un Hitler petit napoléonien. Je souhaite pour ma part qu'il sorte la carte de la protection animale dont la triste situation n'est que le sombre reflet de la décadence psychique, pour ne pas dire spirituelle, dans laquelle notre pays est tombé.
Merci de la rigueur et de la clarté auxquelles vous nous invitez.

Écrit par : nougatine | 12/07/2007

Bonjour,
Ravie de voir évoquer ici la philosophie non A chère à Van Vogt... qui nous rappelle que "la carte n'est pas le terrain" comme vous rappelez que le terrain du non aristotélisme peut aussi être politique. Monsieur Sarkozy nous donne des leçons d'ouverture d'esprit parfois surprenantes quand certains le comparent à un Hitler petit napoléonien. Je souhaite pour ma part qu'il sorte la carte de la protection animale dont la triste situation n'est que le sombre reflet de la décadence psychique, pour ne pas dire spirituelle, dans laquelle notre pays est tombé.
Merci de la rigueur et de la clarté auxquelles vous nous invitez.

Écrit par : nougatine | 12/07/2007

Merci Nougatine,

Oui la carte n'est pas le territoire qu'elle représente, le mot n'est pas la chose, et la représentation que l'on peut se faire de Nicolas Sarkozy n'est pas Nicolas Sarkozy. Attendons et observons et...engageons nous. Comme vous le savez, dans un "autre univers " celui de la protection animale nous avons des points de vue communs, mais là aussi rien n'est simple. Un défenseur des animaux n'est pas automatiquement un végétarien. Doit on pour autant rester "bloqué " sur ses certitudes N'est ce pas ?

Amicalement

Francis

Écrit par : francis NERI | 15/07/2007

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