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  • L'Europe

    L'Europe des XVIIe et XIXe siècles a inventé le concept de Nation. L'Europe de l'époque partageait le même socle culturel. On ne parle pas des questions de langue ou de gastronomie, mais de récit fondateur avec ses valeurs et principes. Protestants, catholiques et athées étaient sur les mêmes principes et valeurs, mais se battaient sur leur déclinaison concrète dans la société.

    Cela a conduit à l'erreur conceptuelle que la déclinaison, la politique, était supérieure aux autres considérations. Erreur tenant au fait que l'Europe d'antan croyait être universelle et éduquer les autres peuples.
    Or, saint Augustin l'avait écrit 1400 ans plus tôt : une cité où les citoyens ne partagent pas la même Foi ne sera jamais en paix, mais toujours la proie de troubles. La pensée d'Augustin ne se limite pas à la Foi, mais au récit fondateur eschatologique du commun ; pour lui la Cité procédait de la Foi. C'est ainsi qu'il faut le comprendre.
    Ainsi, l'Europe, et la France en particulier, a cru que mettre en avant la règle politique et la nationalité administrative suffisait à faire un commun, en ayant la culture comme impensé. C'était une réflexion ethnocentrée.
    L'Histoire contemporaine montre l'échec patent de cette croyance. Le modèle Français pensé vers 1780 est à l'agonie. La démographie de plus en plus multiculturelle lui a porté un coup fatal. Des peuples avec des principes différents ne peuvent reconnaître une définition du commun qui repose sur les principes d'un seul groupe. La politique est la déclinaison des principes et valeurs culturels (ethnologiques, anthropologiques) que partage un peuple. La violence civile, qu'elle soit physique ou sociale, ne fait que commencer. Tout n'est politique que si on partage un récit transcendant commun.
    Il est ironique de voir les héritiers des Lumières, qui luttaient contre l'obscurantisme de l'Eglise, accomplir exactement l'erreur qu'annonçait un des pères de l'Eglise.
    Pour voir la Lumière, il faut enlever son bandeau et accepter de comprendre d'où on regarde. Hybris et facture.

  • Héritage occidental de la France

    Il peut être compris comme un ensemble de traditions, d’institutions et d’idées qui se sont superposées au fil des siècles.

    1. L’héritage gréco-romain
    La France a hérité de nombreux éléments du monde antique :
    • Le droit romain, qui a influencé les systèmes juridiques français.
    • La langue française, issue du latin parlé dans la province romaine de la Gaule.
    • Des conceptions de la citoyenneté, de l’administration et de l’État héritées de Empire romain.
    • La philosophie grecque, transmise notamment par les auteurs antiques.
    2. L’héritage chrétien
    Pendant plus d’un millénaire, le christianisme a profondément marqué la société française :
    • Organisation du calendrier et des fêtes.
    • Architecture religieuse (cathédrales, abbayes).
    • Références morales et culturelles communes.
    • Développement des universités médiévales.
    Le rôle de Clovis et de l’Église a été particulièrement important dans la formation de la monarchie française.
    3. L’héritage humaniste et des Lumières
    À partir de la Renaissance puis du XVIIIᵉ siècle :
    • Valorisation de la raison et de la science.
    • Développement de l’esprit critique.
    • Défense des libertés individuelles.
    • Réflexion sur la séparation des pouvoirs.
    Des penseurs comme Montesquieu, Voltaire ou Jean-Jacques Rousseau ont marqué durablement la pensée politique française et occidentale.
    4. L’héritage révolutionnaire
    La Révolution française a contribué à diffuser :
    • L’idée de souveraineté populaire.
    • L’égalité devant la loi.
    • Les droits du citoyen.
    • La notion moderne de nation.
    Ces principes sont devenus des références importantes bien au-delà des frontières françaises.
    5. Un héritage enrichi par d’autres influences
    Réduire la France à un héritage uniquement « occidental » serait toutefois incomplet. Son histoire a également été influencée par :
    • Les peuples celtes de la Gaule.
    • Les peuples germaniques, notamment les Francs.
    • Les échanges avec le monde méditerranéen et musulman.
    • Les apports issus de la colonisation, de l’immigration et de la mondialisation.
    Ainsi, l’identité de France est généralement présentée comme le résultat d’un héritage occidental majeur — gréco-romain, chrétien, humaniste et démocratique — auquel se sont ajoutées de nombreuses autres influences historiques et culturelles.
    FCN