Revue de risque stratégique
Hypothèse : occupation du Groenland par une puissance nucléaire hostile1. Le Groenland : un pivot géostratégique majeur
Le Groenland n’est pas une périphérie : c’est aujourd’hui l’un des centres de gravité stratégiques de l’hémisphère Nord.
Il est :
• Au cœur du triangle stratégique Amérique du Nord – Europe – Arctique russe
• Sur les routes de :
• Les missiles balistiques intercontinentaux
• Les sous-marins nucléaires stratégiques
• Les flux aériens militaires et civils transpolaires
• À proximité immédiate :
• Des bases russes de la péninsule de Kola
• Des routes maritimes arctiques en cours d’ouverture (réchauffement climatique)
La base américaine de Thulé / Pituffik est déjà un nœud critique de l’alerte avancée antimissile.
Le Groenland est, de facto, un porte-avions continental fixe.
2. Hypothèse de menace : une puissance nucléaire hostile
Sans la nommer, on parle clairement d’une puissance :
• Qui :
• Utilise la guerre hybride
• Instrumentalise les minorités, les revendications historiques, les narratifs post-coloniaux
• Avance par zones grises, déni plausible, faits accomplis
• Qui :
• Militarise massivement l’Arctique
• Déploie des capacités A2/AD
• Déplace ses SNLE et ses bombardiers stratégiques vers le Nord
Une implantation hostile au Groenland n’aurait pas besoin d’être massive :
• Quelques bases radar
• Quelques pistes aériennes
• Quelques systèmes sol-air et antinavires
suffiraient à bouleverser l’équilibre stratégique transatlantique.
3. Conséquences militaires immédiates
a) Rupture de l’alerte avancée occidentale
• Le Groenland est un maillon clef du bouclier d’alerte antimissile américain
• Une présence hostile permettrait :
• Aveuglement partiel des radars
• Pression directe sur les capacités de détection
• Réduction du temps d’alerte stratégique
Cela abaisse le seuil nucléaire global.
b) Sanctuarisation des bastions russes de l’Arctique
• Les sous-marins nucléaires russes opèrent depuis le Grand Nord
• Contrôler ou neutraliser le Groenland permettrait :
• De verrouiller l’Atlantique Nord
• De menacer directement les lignes maritimes USA–Europe
• De compliquer toute projection de forces OTAN
c) Menace directe sur l’Amérique du Nord
• Le Groenland est plus proche de New York que Moscou
• C’est une plateforme idéale pour :
• ISR stratégique
• Drones HALE
• Missiles hypersoniques
• Guerre électronique
4. Conséquences politiques et stratégiques globales
a) Fin de la crédibilité stratégique occidentale
Si l’Occident est incapable de sécuriser le Groenland :
• Pourquoi le serait-il pour :
• Les Pays baltes ?
• La Finlande ?
• La Norvège ?
• Le Japon ?
• Taïwan ?
Ce serait un effondrement de crédibilité systémique.
b) Déclenchement d’une course aux bases arctiques
• Militarisation accélérée :
• Canada
• Russie
• Chine (déjà présente économiquement)
• États-Unis
• Fin de toute illusion de sanctuarisation climatique de l’Arctique »
5. Dimension historique et morale : le passé colonial
Le passé colonial du Groenland est réel, brutal, et moralement problématique (politique danoise, déplacements forcés, politiques sanitaires, etc.).
MAIS :
Ce passé ne peut pas devenir un levier de déstabilisation stratégique au profit d’une puissance impériale autrement plus dangereuse.
Il faut distinguer :
• La réparation morale et politique
• De la sécurisation stratégique vitale
Les deux peuvent et doivent être menées simultanément.
6. Le paradoxe groenlandais
Un Groenland :
• Faiblement peuplé
• Immense
• Riche en ressources
• Stratégiquement critique
Ne peut pas exister militairement seul dans le monde réel de 2026.
L’illusion d’une neutralité arctique est morte.
7. Conclusion stratégique
Si la menace russe (et plus largement eurasienne autoritaire) est réelle — ce qui est désormais évident — alors laisser le Groenland sans protection militaire américaine directe est une faute stratégique majeure.
Ce serait :
• Une erreur militaire
• Une erreur géopolitique
• Une erreur civilisationnelle
Le Groenland est aujourd’hui :
Un verrou stratégique de l’Occident
Un pilier de la dissuasion nucléaire
Un point de bascule de l’équilibre mondial
Les opposants comme Apathie ou l’inénarrable traitre cacochyme de Villepin en vitupérant montrent bien que c’est Trump qui a raison.
Michel Bendahan
18 janvier, 22:27
Lien permanent
Catégories : Démocratie, Effondrement, mondialisation, Nouvel Ordre Mondial, Trump
0 commentaire