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26/08/2007

Clarification

Dans les trois champs de la relation interpersonnelle (managériale, pédagogique et thérapeutique) la communication vise à influencer, mobiliser et faire adhérer. C'est-à-dire qu’elle tend à produire un effet sur le « récepteur » permettant la mise en communication et en relation des ressources humaines. Pour y parvenir, elle conjugue deux paramètres : l’information qui traite du verbal, du fond, de la matière et la relation, qui met en œuvre le « non verbal », la forme, la manière. Ce qui pose actuellement problème à la communication, c’est la nature des relations interpersonnelles et surtout la confusion avec l’information qui consiste simplement à transmettre un message. La communication  interpersonnelle[1] permet de changer la situation des acteurs sociaux, leur manière de construire la réalité/vérité pour enfin susciter des attitudes et des comportements différents, bref provoquer le changement au sein des systèmes humains et organisationnels.

Pourtant, combien de discussions sans fin, voire de conflits, qui souvent expliquent l’échec de nombre de projets sociaux, ont pour origine le fait que nos interlocuteurs répondent à nos propos, ou nos écrits, sans avoir au préalable vérifié le sens que nous leur avons donné ?   

Sans doute faisons nous tous de même. Aussi, devons nous tenir pour principe que si nous sommes responsables des mots ou des écrits que nous produisons, notre interlocuteur est en devoir d’en maîtriser la réception car c’est lui qui donne sens au mystère de notre langage et à son contenu.

Trop souvent, nous nous impliquons dans des actions ou des projets dont nous n’avons pas suffisamment clarifié le sens, la finalité, les objectifs. C’est la raison pour laquelle il est bon pour un individu ou un groupe de faire périodiquement un « recadrage » de sens, afin que nos interlocuteurs ne se sentent pas prisonniers d’un engagement de type binaire en « oui » ou en « non » qui viserait à provoquer une docilité ou une adhésion.

Il n’est évidement pas question de restreindre une liberté d’expression qui se réduit actuellement comme peau de chagrin, mais de mesurer l’impact de la « causalité circulaire » du langage et plus encore de l’écrit, c'est-à-dire de ses effets « rétroactifs ».

La communication interpersonnelle se situe dans un champ éducatif et socialisant encore trop ignoré et qui laisse place à l’émergence de problèmes complexes de communication dont la perspective causale et linéaire est source de conflits graves.

Henri Laborit dans son excellent livre : « L’éloge de la Fuite » nous fait savoir que ce genre de situation provoque un stress émotionnel intense dont on ne peut sortir que dans la  lutte, la soumission ou la fuite.

Pour ma part, lorsque je suis engagé dans une situation de ce type et qu’elle risque de devenir conflictuelle, je tente de faire une analyse descriptive de ce qui se passe et la faire partager sans m’engager dans des explications qui tiendraient au « pourquoi ».

Par exemple, la question : « pourquoi êtes-vous désagréable avec moi ? » n’apporte rien d’autre que des explications, des justifications, des jugements de valeur qui nous limitent.

La recherche du  « pourquoi », une spécialité des psychanalystes, m’a toujours semblé inutile et je préfère utiliser le « comment ». Par exemple : « comment faire pour rétablir entre nous une communication mutuellement satisfaisante ? » Ou encore, à quelqu’un qui a besoin d’être accompagné dans son objectif de changement, il ne me semble pas utile de lui demander : « pourquoi il veut changer, mais « comment il va faire pour changer ! »

Bref, il m’apparaît que l’analyse descriptive de nature objective, et faisant le plus possible abstraction de toute subjectivité, est mieux adaptée pour démêler une situation problème dont la causalité est circulaire car elle permet de poser ou de reposer la question du sens et des « buts à atteindre »

Tel est pour moi l’objectif d’une clarification des relations et du recadrage des actions.          

Francis NERI

Le 23 08 07


[1] Je distingue quatre formes de communication : personnelle (dialogue avec soi-même), interpersonnelle (dialogue entre deux individus), celle des groupes restreints (dynamique des groupes), et la communication de masse (en particulier celle des médias)

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