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20/05/2008

Thérapie systémique et dépendances.

En matière d’addictions, de dépendances, je suis frappé par l’absence d’efficacité des thérapies psychanalytique. Freud, Lacan, Dolto seraient-ils de ces praticiens qui bien que doutant de leur efficacité s’évertuaient  par habitude ou par intérêt à ne pas prendre le vent d’une « réalité » nouvelle ?  

Ne pas aller de mal en psy ! Pour résoudre la plupart des problèmes, le comment semble aujourd’hui  préférable au pourquoi !

Thérapie systémique et dépendances.

La traditionnelle séparation du sujet et de l’objet est, dans ce domaine,  fondée dans un système holistique[1] de transformations des différences.

L’alcoolique, le drogué,  vivent  dans un système circulaire de défis où se répondent les assertions contradictoires : "Je peux ne pas consommer", et, inévitablement, "Je peux consommer sans danger".

Cette fierté dans le risque est suicidaire en ce qu’elle place hors du soi l’échec. À l’opposé de cette démarche qui s’enferme dans une relation symétrique à l’autre, les psychothérapeutes systémiques conseillent de s’abandonner à la dépendance, de toucher ainsi le fond, ce qui correspond "en psychothérapie à la boucle de rétroaction positive provoquée par le thérapeute qui pousse le malade dans le sens de ses symptômes". C’est la technique de la "double contrainte" (double bind), fondée sur "l’épistémologie dichotomique de l’addiction: esprit contre corps".

Ainsi l’addict, acculé à cela par la double contrainte, sombre-t-il au plus bas, là où s’opère parfois un "changement involontaire dans l’épistémologie[2] inconsciente". C’est alors la découverte et la reconnaissance d’un Pouvoir supérieur au soi et pourtant intimement lié à chaque individu. Ainsi se trouve posée de façon cybernétique la relation du soi non réifié[3] au tout de ce Pouvoir, de ce Dieu qui est la partie de  en même temps que le tout.

 Ce voyage dramatique et la conversion épistémologique qui en résulte représentent un au-delà de la mort du soi et l’instauration d’une relation favorable au tout, entièrement construite sur la complémentarité du "faire partie de" (et non sur l’opposition symétrique et égalitaire). Ce cheminement de l’addict au plus profond du désespoir et du danger de mort est voisin de celui qu’entreprend l’anorexique.

Dans l’un et l’autre cas, la seule issue se situe au-delà des "commandements contradictoires" et des "doubles contraintes",[4] c’est-à-dire hors du conflit symétrique, du côté d’une acceptation de la relation systémique[5] au tout.

La problématique de dépendance qui caractérise le toxicomane est abordée sous l'angle relationnel (communication thérapeutique).

La dépendance doit alors être comprise dans une dimension circulaire entre un adolescent en difficulté dans le processus de séparation individuation et des parents en difficulté par rapport à ce qui est mis en jeu à leur niveau dans ce processus.

Le travail thérapeutique à partir d'une observation, est alors abordé sous l'angle systémique, dans un modèle intégratif qui tient compte des problématiques personnelles et des jeux relationnels impliquant trois générations. La théorie de l'attachement fournit un fil conducteur pour la compréhension des attentes affectives déçues qui sous-tendent la conduite toxicomaniaque. L'élucidation en cours de thérapie de ces attentes répercutées sur les diverses générations, permet à chacun des partenaires de trouver une place mieux appropriée dans l'entrecroisement des liens d'alliance et des liens de filiation. (Thérapie brève et familiale)

Il n’y pas de thérapies adaptées autre que le sevrage et  l’accompagnement en milieu fermé et directif pour les addictions et dépendances profondément implantées.

La substitution (méthadone et subutex) est inefficace et comporte des effets sociaux pervers considérables quand elle est appliquée en milieu ouvert.



[1] Holistique : Globalité, totalité

[2] Epistémologie : Etudie comment la connaissance est possible. Ou encore comment la connaissance est fabriquée.

[3] Réification : Opération mentale consistant à transformer une abstraction en une réalité matérielle, en un objet concret de la réalité externe.

[4] Double contrainte : "Celle-ci est une expérience répétée où une injonction négative primaire associée à une menace de punition se trouve contredite à un niveau plus abstrait  par une injonction secondaire renforcée par la punition ou même une menace de survie. Enfin, une injonction négative tertiaire interdit à la victime d’échapper à la situation. Fondamentalement, la double contrainte est "une situation où l’autre émet deux genres de messages dont l’un contredit l’autre". Dans une situation familiale génératrice de schizophrénie, "l’enfant est puni parce qu’il interprète correctement ce que sa mère exprime, et il est également puni parce qu’il l’interprète mal". G Bateson.

[5] Systémique : L’approche systémique est née de la rencontre entre plusieurs disciplines dont la biologie, la théorie de l’information, la cybernétique et la théorie des systèmes. La systémique n’est pas une science, une théorie ou une discipline nouvelle, mais une méthodologie transdisciplinaire qui permet de rassembler et d’organiser les connaissances en vue d’une plus grande efficacité de nos actions.

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