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27/05/2008

Démocratie

Nous avons voté pour les réformes et le changement ! C'est-à-dire remiser aux oubliettes quelques idées reçues aujourd’hui dominantes à défaut d’être justes…

A présent, il nous appartient d’analyser les événements récents et apporter une lecture et mise en perspective systémique.

Je considère que le vrai débat n’a pas eu lieu. Selon mon analyse, la démocratie ne cesse de s’éroder entre acceptation de l’individualisme radical et restauration de l’autorité républicaine.

L’antidote à nos maux actuels ce n’est pas plus de démocratie, plus de lois, de règles et de dispositifs, il y en a suffisamment, mais un changement de démocratie si nous ne voulons pas que l’autorité de cette dernière si outrageusement défiée ne se transforme en « dictature démocratique ».

Les trajectoires individuelles des admirateurs de la démocratie, comme de ses contempteurs, illustrent à merveille cette double illusion binaire entre la démocratie d’opinion participative et parlementaire ultralibérale, toutes deux étonnamment tributaires d’un inénarrable suffrage universel. Il est temps de trouver un troisième terme, voire une troisième voie, les deux ayant largement démontré leur actuelle insuffisance à réguler la puissance sociale, énergétique,  financière, démographique etc. Je propose « démocratie systémique » C'est-à-dire qui soit inspirée de la complexité et de la totalité des relations appréhendées globalement dans ses axes vitaux universels.

Ce dont nous avons besoin ce n’est pas d’une Agora qui autorise la tour de Babel et l’impuissance, ni une autorité qui se contente de promettre sans pouvoir tenir, mais un « pouvoir » qui permette de faire, et même de faire en interaction avec les « autres mondes » 

Notre temps où tout se désagrège et ou la barbarie revient en force ressemble étrangement à deux époques tragiques de notre histoire, celle de Montaigne et de Stefan Zweig. Tous deux étaient très attachés à l’unité culturelle de leur monde, mais ils avaient niés le pouvoir de la culture sur les instincts. Ils  pensaient que l’homme dans la minorité de son esprit devait être fermement dirigé car l’instinct de destruction ne pouvait pas être extirpé de l’âme humaine.

Montaigne et Stephan Zweig nous mettent en garde contre la violence et la force brutale qui, plus que tout, peuvent corrompre et insensibiliser un esprit sain en soi.

Ce que la démocratie doit permettre avant tout, c’est la pensée libre, celle qui aboutit à la tolérance, celle qui permet de ne refuser de prime abord aucune croyance et conserver un jugement qui soit absence de jugement, c'est-à-dire qui ne se laisse troubler par aucun préjugé.

Chercherons-nous toujours en vain cette « citadelle intérieure » que ni l’un ni l’autre n’ont véritablement trouvée ? C’est peut être ce que la démocratie systémique permet : échapper à l’amertume du présent en reconstruisant une réalité qui nous est individuellement accessible et acceptable, un « unique chemin » que seul nous pouvons suivre, à côté des autres.

Ce faisant et à l’ordre de la collectivité, elle ne doit pas s’embarrasser des légalités du moment, ni par les partis, ni par les idéologies, ni par les mauvais traités, ni par les gens « raisonnables ».  Envisageant, à l’exemple de Charles De Gaulle, l’action politique comme la forme la plus éminente de l’autorité, elle doit aller droit au but : le rétablissement d’un ordre juste au sommet, condition de l’ordre dans tous les domaines. Elle œuvrerait alors pour la France mais aussi pour un ordre international fondé sur la justice entre les nations et leur complémentarité qui exclut aussi bien l’érection d’une nation en impérialisme que l’abandon à l’idéologie cosmopolite et matérialiste.

Il n’y aura d’action politique cohérente (c’est-à-dire une action qui dépasse le témoignage et la dénonciation) que si elle est orientée par une stratégie, ce qui suppose une organisation, une direction, et des agents disciplinés capables de la mettre en oeuvre.

Aussi, nos efforts devraient moins porter sur la multiplication des adeptes de circonstances, de désirs ou de besoins que sur la transformation de beaucoup en « citoyens  politiques impliqués » et de certains  en agents déterminés et actifs.

En termes de démocratie systémique,  cela pourrait s’appeler « le changement  intellectuel et civique de quelques uns ». Comme le rappelait Mr Poniatowski : «  L’histoire a peu ou pas de sens, une poignée d’hommes, pourvu qu’ils le veuillent, peut la déterminer »

Pour cela, il s’agit de gagner les cœurs aussi bien que les raisons, donner une finalité, un sens moral et éthique à nos actes. Promettre du sang et des larmes à un peuple que l’on conduit sur un chemin difficile et dangereux est plus efficace que d’assurer le bonheur, la stabilité et le pouvoir d’achat sans sacrifices.

Montrer l’exemple de la probité, du respect de nos valeurs et de la justice sociale est également indispensable pour que chacun consente aux sacrifices demandés.

Il n’y a pas, il n’y a jamais eu de voie autre que le « changement structurel » chaque époque apporte le sien. La nôtre ne fait pas exception. Nous avons simplement une nouvelle fois l’occasion de prendre les devants et de nous « changer nous mêmes »

Nous savons et nous pouvons le faire, oserons nous commencer avant que le « hasard et la nécessité » ne le fasse ? 

 

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