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27/12/2008

Altruisme

Au mois d’octobre de cette année exceptionnelle, j’avais décidé d’aller « cultiver mon jardin » en postant ce que je considérai comme une dernière note : le quart de l’humanité.

C’était sans compter sur quelques uns d’entre vous qui, par leurs questions pertinentes me poussent à aller plus loin.

Un ami me dit : « Nous avons la même démarche. Reste à savoir si l’individualisme ne nous empêchera pas d’unir nos efforts.

Et il rajoute :

La balle est dans votre camp ! »

Je vais donc répondre sur l’individualisme et vous invite à participer au « reste »

Bonnes Fêtes à tous !

L’individualisme exacerbé est une déficience due à une socialisation mal conduite. L’erreur fondamentale a été de considérer que l’Homme était en mesure d’adhérer, volontairement, aux principes sociaux qui démontrent que « le tout est plus grand que la somme des parties »  (Bertalanfy : principe n°1 de la « Systémique »). Ou si vous préférez que le « sujet », cher aux psychanalystes, pouvait volontairement faire taire sa « subjectivité », s’effacer devant l’intérêt de son groupe, admettre que son groupe devait s’effacer devant l’intérêt de sa nation et que sa nation devait s’effacer devant l’intérêt de l’espèce humaine.   

Cette notion porte une autre appellation : l’altruisme. Nous pouvons donc dire que nous souffrons d’un déficit d’altruisme.

L’égoïsme qui procède actuellement des rapports sociaux : rupture du lien social, en particulier intergénérationnel, multiculturel, négation et destruction des valeurs qui depuis 2000 ans ...au moins, structurent notre civilisation occidentale, ne laissent que peu d’espoirs à une évolution en douceur telle que vous la préconisez.

En effet, l’autorité nécessaire pour obtenir un changement structurel profond, et non pas superficiel, dépend de trois facteurs : l’énergie, la compétence et le statut.    

Nous pouvons aussi considérer que « l’histoire a peu ou pas de sens et qu’une poignée d’hommes, pourvu qu’ils le veuillent, peut la déterminer » (Poniatowski)

Si le « chef » d’un groupe restreint ne possède que l’énergie, nous voyons ce que cela donne en Afrique. L’énergie plus le statut, pensez à Hitler, Staline etc.

Vous pouvez, si vous êtes un peu mathématicien, situer votre organisation en examinant chaque facteur isolément, puis en les combinant. Avec un peu d’objectivité vous parviendrez à vous situer.

Pour ce qui concerne notre groupe, nous pensons avoir une certaine « compétence sociale » concrétisée dans un projet qui espère pouvoir s’appuyer sur une « constitution internationale » Nous ne manquons pas d’énergie et, enfin nous pensons que la crise écosystémique qui se déroule sous nos yeux, est une chance nouvelle pour le « changement ».

Mais ce changement va être brutal et nous ne sommes qu’au début de la crise. Personne ne sait « comment » nous en sortirons, dans quel état et quelles seront nos chances de survie en tant qu’individu, groupe ou espèce.

L’enjeu est considérable, aussi nous tentons d’éclairer, de persuader et de convaincre de nous rassembler sur un « projet à élaborer ensemble » non pas pour « faire un peu plus de la même chose », mais pour un changement profond de nos attitudes et de nos comportements.

Nous avons longtemps pensé que nous pouvions y parvenir par l’éducation et la socialisation et éviter ainsi la violence de la répression qui pourrait s’exercer sur les soubresauts ethniques, identitaires, communautaristes, politiques, cultuels, financiers, économiques etc. Nous n’avons pas fait école et, les institutions, les pouvoirs publics, ceux de droite comme de gauche, nous ont superbement ignorés c’est le moins que l’on puisse dire, sinon traité de fascistes. Aussi,  la barbarie est à nos portes, sinon déjà bien installée dans la cité et dans nos esprits.

L’Etat, considérablement affaibli, tôt ou tard, réduira les libertés individuelles et fera usage de la répression, car ceux qui nous ont conduits dans cette impasse, ne voudront pas perdre une miette de leurs privilèges ou simplement de leurs avantages sociaux.

Les grandes masses des pays du sud, en particulier musulmanes, conduites par des leaders inconscients, fanatiques, viendront se fracasser sur les murs de nos citadelles et, croyez moi, si nous sortons vivants de cet affrontement, nous aurons beaucoup de chance.

Ce que vous proposez, si j’ai bien compris, c’est de nous unir pour « infiltrer » les institutions et faire acte « d’influence », faire « bouger les choses » de l’intérieur et par l’autorégulation des comportements sociaux. Je crains que ce ne soit pas suffisant. Pour notre part, nous pensons à un changement beaucoup plus radical. Les constitutions qui nous gèrent sont obsolètes et c’est à un mouvement profond, en particulier à partir de la sphère économique et environnementale, auquel il faudrait procéder.

Pour cela il serait nécessaire de se rassembler, se rencontrer, élaborer un projet et surtout, le mettre en œuvre, car si les idées ne manquent pas, je constate, hélas, que peu de groupes sont en mesure de les réaliser.

La balle est dans notre camp.

 

 

Commentaires

Bonjour,
Je suis assez d'acord avec votre propos.
Je suis né à la campagne et je peux dire quependant ma jeunesse, les années 50 et soixante, j'ai vécu la fin de l'ère agraire.
Avec le recul, même si la vie était parfois difficile je pense avoir vécu un moment important de l'évolution, c'est une véritable chance.
Dans le village, si même ce n'était plus le village du moyen âge, tout le monde se connaissait, il y avait une certaine solidarité et peu d'individualisme.
A la fin des années soixante, j'ai pu voir dans le changement de comportement la main invisible du marché et l'enscencement de l'individualisme boosté par le développement industriel. Bien entendu, c'est avec le recul que je m'en aperçois, à cette époque je me posais parfois quelque questions, mais ma prise de conscience n'est que très récente.
Après mes études, j'ai travaillé en usine, et là j'ai pu voir l'individualisme à l'oeuvre par la division du travail, c'était produire le plus possible avec le moins de travailleurs possible.
Cette division du travail s'est immanquablement répercutée sur la manière de se loger de consommer.
Je pense que l'individualisme vient de là, c'en est une explication plus concrète. Il sera très difficile de faire admettre comme vous soulignez très justement que le tout est plus que la somme des parties si nous restont enfermés dans la division du travail où le tout est égal à la somme des parties.
Au temps des pères fondateurs, l'Europe s'est crée sur le charbon et l'acier, des choses concrètes et vous avez raison de souligner que le mouvement profond qu'on doit engendrer doit se faire sur la sphère économique et environnementale.
C'est clair aussi que nos institutions sont obsolètes tout simplement parcequ'elles sont toujours sur le modèle hiérarchique alors que nous entrons de plein pied dans une organisation en réseau. Ce changement de paradigme fait aussi partie de la systémique, je vous suggère ce lien: http://www.noetique.eu/marchalevy/marc
Pour terminer, je reste convaincu qu'un moment donné, il y aura un effet de seuil, quand suffisamment de gens auront pris conscience des limites de notre planète, que notre action personnelle ou en groupe influera sur notre destin commun.
Mais là, on ne parlera pas d'altruisme mais de fraternité PAYER ENSEMBLE POUR RÉCOLTER ENSEMBLE
http://www.creatifsculturels.fr/story.php?title=Du-centieme-singe-aux-champs-morphiques-de-la-legende-lhypothese-scientifique-1 Ce n'est qu'une hypothèse... mais...

Extrait:Il est probable qu'un mouvement de masse de créatifs culturels pourraît avoir un impact important sur la société. Cependant, dans le cadre de la théorie des champs morphiques, il se peut justement que le fait qu'ils puissent être isolés à agir, ne freine pas l'influence qu'ils ont autour d'eux. Peut-être à l'inverse, car en côtoyant des non créatifs culturels, leur influence est sans doute plus grande sur ces gens-là que s'ils donnaient la préférence à se regrouper entre "créatifs culturels".

Voilà éparses quelques réfexions que je soumets à vos critiques.
La balle est dans votre camp

Écrit par : Michel Lambotte | 30/12/2008

Bonjour Michel,
Veuillez m'excuser pour ne pas avoir répondu aussitôt à votre commentaire qui méritait un peu de recul et d'analyse de ma part.
Je suis comme vous d'une jeunesse des années 50 et probablement avons nous des expériences à partager. Je constate encore une fois que le contexte et l'époque déterminent nos comportements. Le tout est de ne pas rester figés sur un évènement : "savoir évoluer en un système de plus en plus complexe" pour mieux appréhender des situations qui se présentent à présent à nous dans une fantastique accélération temporelle.
Je pense que nous aurons des "choses" à faire ensemble. Gardons le contact !
Amicalement !

Écrit par : goshein | 31/12/2008

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