Le systémicien
-
Cela a conduit à l'erreur conceptuelle que la déclinaison, la politique, était supérieure aux autres considérations. Erreur tenant au fait que l'Europe d'antan croyait être universelle et éduquer les autres peuples.Or, saint Augustin l'avait écrit 1400 ans plus tôt : une cité où les citoyens ne partagent pas la même Foi ne sera jamais en paix, mais toujours la proie de troubles. La pensée d'Augustin ne se limite pas à la Foi, mais au récit fondateur eschatologique du commun ; pour lui la Cité procédait de la Foi. C'est ainsi qu'il faut le comprendre.Ainsi, l'Europe, et la France en particulier, a cru que mettre en avant la règle politique et la nationalité administrative suffisait à faire un commun, en ayant la culture comme impensé. C'était une réflexion ethnocentrée.L'Histoire contemporaine montre l'échec patent de cette croyance. Le modèle Français pensé vers 1780 est à l'agonie. La démographie de plus en plus multiculturelle lui a porté un coup fatal. Des peuples avec des principes différents ne peuvent reconnaître une définition du commun qui repose sur les principes d'un seul groupe. La politique est la déclinaison des principes et valeurs culturels (ethnologiques, anthropologiques) que partage un peuple. La violence civile, qu'elle soit physique ou sociale, ne fait que commencer. Tout n'est politique que si on partage un récit transcendant commun.Il est ironique de voir les héritiers des Lumières, qui luttaient contre l'obscurantisme de l'Eglise, accomplir exactement l'erreur qu'annonçait un des pères de l'Eglise.Pour voir la Lumière, il faut enlever son bandeau et accepter de comprendre d'où on regarde. Hybris et facture.
-
Héritage occidental de la France
Il peut être compris comme un ensemble de traditions, d’institutions et d’idées qui se sont superposées au fil des siècles.
1. L’héritage gréco-romainLa France a hérité de nombreux éléments du monde antique :• Le droit romain, qui a influencé les systèmes juridiques français.• La langue française, issue du latin parlé dans la province romaine de la Gaule.• Des conceptions de la citoyenneté, de l’administration et de l’État héritées de Empire romain.• La philosophie grecque, transmise notamment par les auteurs antiques.2. L’héritage chrétienPendant plus d’un millénaire, le christianisme a profondément marqué la société française :• Organisation du calendrier et des fêtes.• Architecture religieuse (cathédrales, abbayes).• Références morales et culturelles communes.• Développement des universités médiévales.Le rôle de Clovis et de l’Église a été particulièrement important dans la formation de la monarchie française.3. L’héritage humaniste et des LumièresÀ partir de la Renaissance puis du XVIIIᵉ siècle :• Valorisation de la raison et de la science.• Développement de l’esprit critique.• Défense des libertés individuelles.• Réflexion sur la séparation des pouvoirs.Des penseurs comme Montesquieu, Voltaire ou Jean-Jacques Rousseau ont marqué durablement la pensée politique française et occidentale.4. L’héritage révolutionnaireLa Révolution française a contribué à diffuser :• L’idée de souveraineté populaire.• L’égalité devant la loi.• Les droits du citoyen.• La notion moderne de nation.Ces principes sont devenus des références importantes bien au-delà des frontières françaises.5. Un héritage enrichi par d’autres influencesRéduire la France à un héritage uniquement « occidental » serait toutefois incomplet. Son histoire a également été influencée par :• Les peuples celtes de la Gaule.• Les peuples germaniques, notamment les Francs.• Les échanges avec le monde méditerranéen et musulman.• Les apports issus de la colonisation, de l’immigration et de la mondialisation.Ainsi, l’identité de France est généralement présentée comme le résultat d’un héritage occidental majeur — gréco-romain, chrétien, humaniste et démocratique — auquel se sont ajoutées de nombreuses autres influences historiques et culturelles.FCN -
La montée de ce poison qu’est le Wokisme
Une magnifique explication de la montée de ce poison qu’est le WOKISME à votre attention saine lecture les amis
Je veux présenter mes excuses, au nom des Français, pour avoir enfanté la French Theory (qui a enfanté la pire des merdes idéologiques : le wokisme).
Nous avons donné au monde Descartes, Pascal, Tocqueville. Et puis, dans les ruines intellectuelles de l’après-68, nous avons donné Foucault, Derrida, Deleuze. Trois hommes brillants qui ont fabriqué, dans l’élégance de notre langue, l’arme idéologique qui paralyse aujourd’hui l’Occident.
Il faut comprendre ce qu’ils ont fait. Foucault a enseigné que la vérité n’existe pas, qu’il n’y a que des rapports de pouvoir déguisés en savoir. Que la science, la raison, la justice, l’institution médicale, l’école, la prison, la sexualité, tout n’est qu’une mise en scène de la domination. Derrida a enseigné que les textes n’ont pas de sens stable, que tout signifiant glisse, que toute lecture est une trahison, que l’auteur est mort et que le lecteur règne. Deleuze a enseigné qu’il fallait préférer le rhizome à l’arbre, le nomade au sédentaire, le désir à la loi, le devenir à l’être, la différence à l’identité.
Pris isolément, ce sont des thèses discutables. Combinées, exportées, vulgarisées, elles forment un système. Et ce système est un poison.
Car voici ce qui s’est passé. Ces textes, illisibles en France, ont traversé l’Atlantique. Les départements de Yale, de Berkeley, de Columbia les ont absorbés dans les années 80. Ils y ont trouvé un terreau qui n’existait pas chez nous : le puritanisme américain, sa culpabilité raciale, son obsession identitaire. La French Theory s’est mariée à ce substrat, et l’enfant de ce mariage s’appelle le wokisme.
Judith Butler lit Foucault et invente le genre performatif. Edward Said lit Foucault et invente le post-colonialisme académique. Kimberlé Crenshaw hérite du cadre et invente l’intersectionnalité. À chaque étape, la matrice est française : il n’y a pas de vérité, il n’y a que du pouvoir, donc toute hiérarchie est suspecte, toute institution est oppressive, toute norme est violence, toute identité est construite donc négociable, toute majorité est coupable.
Voilà comment trois philosophes parisiens, qui n’ont probablement jamais imaginé leurs conséquences pratiques, ont fourni le logiciel d’exploitation à une génération entière d’activistes, de bureaucrates universitaires, de DRH, de journalistes, de législateurs. Voilà comment on a obtenu une civilisation qui ne sait plus dire si une femme est une femme, si sa propre histoire mérite d’être défendue, si le mérite existe, si la vérité se distingue de l’opinion.
C’est de la merde pour une raison simple, et il faut la dire calmement. Une civilisation se tient debout sur trois piliers : la croyance qu’il existe une vérité accessible à la raison, la croyance qu’il existe un bien distinct du mal, la croyance qu’il existe un héritage à transmettre. La French Theory a entrepris de dynamiter les trois. Pas par méchanceté. Par jeu intellectuel, par fascination du soupçon, par haine de la bourgeoisie qui les avait nourris. Mais le résultat est là. Une génération entière a appris à déconstruire et n’a jamais appris à construire.
Une génération entière sait soupçonner et ne sait plus admirer. Une génération entière voit le pouvoir partout et la beauté nulle part.Je m’excuse parce que nous, Français, avons une responsabilité particulière. C’est notre langue, nos universités, nos éditeurs, notre prestige qui ont donné à ce nihilisme son emballage chic. Sans la légitimité de la Sorbonne et de Vincennes, ces idées n’auraient jamais traversé l’océan. Nous avons exporté le doute comme d’autres exportent des armes.
Ce qui se construit maintenant, en silicon valley, dans les labos d’IA, dans les startups, dans les ateliers, dans tous les lieux où des gens fabriquent encore des choses au lieu de les déconstruire, c’est la réponse. Une civilisation se reconstruit par les bâtisseurs, pas par les commentateurs. Par ceux qui croient que la vérité existe et qu’elle vaut qu’on s’y consacre. Par ceux qui assument une hiérarchie du beau, du vrai, du bon, et qui n’ont pas honte de la transmettre.
Alors pardon. Et au travail.