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08/08/2008

La Cinquième Montagne

Je viens de relire Paulo Coelho et son ouvrage : « la Cinquième Montagne » Comme dans tous ses livres, cet auteur merveilleux nous ramène sans cesse sur le chemin de notre « Légende personnelle ». La question est de savoir s’il y a véritablement un espace pour la vivre. Si non, faut-il alors abandonner notre rêve ?

Certains évènements sont-ils placés sur notre route pour nous faire revenir sans cesse sur le chemin de cette légende ?

Existe t-il  sur terre un unique chemin pour chacun d’entre nous et que nous sommes seuls à pouvoir parcourir ? Pouvons nous choisir de ne pas l’emprunter ?

Je considère pour ma part que cela ne change rien à notre situation d’être humain, que l’on croit au  destin ou à un déterminisme quelconque, que l’on y voit la main de Dieu, du hasard ou de la nécessité,

Ce dont il s’agit c’est de changement nécessaire. L’homme doit changer en lui et dans ses pratiques, c’est incontestable ; il a comme souvent dans son histoire à nouveau le dos au mur. Il doit également faire évoluer les systèmes qu’il a contribué à ériger.

Paulo Coehlo nous dit que « Tout l’univers conspire à nous permettre de réaliser notre désir de changement » en nous enseignant les leçons nécessaires pour nous permettre de relever les défis placés sur notre route. Il ajoute toutefois que  nous avons le choix entre changer, de part notre volonté, ou de subir le feu de la puissance divine. Dans ce cas, il nous faut payer le prix fort pour reconstruire sans que tout ne redevienne comme avant, sinon tout est à recommencer.

La tradition, selon lui, n’est pas bonne à suivre éternellement, et ceux qui savent la remettre en cause font partager leur « Légende personnelle »  au plus grand nombre, construisent des bateaux plus rapides pour conquérir les mers, des instruments plus puissants pour se protéger, se développer et ils dominent le monde visible.

Finalement, quel que soit notre système de pensée, notre culture, que nous soyons croyant ou athée,  socialement et collectivement, nous sommes tous étroitement dépendant les uns des autres, de nos contextes et de notre écosystème. Notre responsabilité d’être humain nous donne obligation de veiller aux intérêts supérieurs du vivant, de notre environnement et pour cela, rien ne sera possible sans un changement profond de nos attitudes et de nos comportements.

Afin d’y parvenir, nous avons à notre disposition un certain nombre de moyens et d’outils. Les premiers d’entre eux sont : l’éducation, la formation, la socialisation.

Les outils du second groupe consistent à revisiter nos pratiques, nos codes de conduite et réguler les systèmes sociaux, économiques, énergétiques etc. 

Le tout est à mettre en convergence et en cohérence.

Je partage la proposition de Grégory Bateson qui considère que : « Dans une perception écosystémique du monde, la condition sine qua non de toute vie sociale, n’est pas la compétition, mais la coopération. Mais le prix d’une telle conception du monde, c’est qu’il faut remplacer la notion d’objectivité par celle de responsabilité. »[1]

Après avoir « subi » le monde, nous en sommes devenu responsables.

Tant que nous nous percevrons comme des êtres séparés, de la nature, des uns des autres, de « Dieu », l’univers sera un objet exploitable, et nous serons des Homos Rafistolatus selon l’expression de Vlady Stevanovitch.

Nous sommes entré dans une phase de l’histoire humaine ou l’homme doit changer et abandonner nombre de ses pratiques, de ses attitudes et de ses comportements.

Nous avons les moyens de le faire, les prémices de la tragédie nous ont largement alerté et depuis fort longtemps. Nous avons ignoré les signes qui nous étaient adressés.

Dieu, le  hasard ou la nécessité devront-ils se montrer aussi cruels que dans ces temps bibliques sur lesquels Paulo Coehlo nous invite à la réflexion. Avant lui, il y eu  Montaigne et Stephan Zweig et bien d’autres encore. Nous n’avons guère entendu leurs cris d’alarme devant la montée des barbaries.

Pouvons nous aujourd’hui, tirer enseignements  à partir, par exemple de quelques prémices à reconsidérer :

 

01. Nous luttons contre l’environnement.

02. Nous luttons contre les hommes.

03. L’individu précède le groupe, le groupe la nation, la nation l’espèce.

04. Nous avons le contrôle de notre environnement.

05. Nous pouvons repousser indéfiniment nos frontières intérieures et extérieures.

06. Le déterminisme économique détermine le social, l’écologique, le vivant.

07. Le progrès technique résoudra nos problèmes au fur et à mesure.

08. Tout est déterminé à l’avance.

09. Ce que nous pensons est la réalité.

10. L’histoire se répète éternellement

Etc.

Inversons simplement ces axiomes pour qu’ils deviennent des « non-axiomes » c'est-à-dire des incertitudes, des systèmes ouverts vers l’avenir et nous avons notre réponse.



[1] G. Bateson, Vers une écologie de l’esprit, P250