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18/03/2008

Crise systémique mondiale : les conséquences

Recueillir des informations, les vérifier, les rapprocher, choisir celles qui apparaissent les plus pertinentes, en développer les conséquences puis proposer des solutions, telle est la méthode de l’analyse systémique. C’est à ce petit jeu auquel que je me suis attelé et, j’en ai froid dans le dos !

Les petites querelles de pouvoir de nos politiciens locaux et nationaux ne m’en paraissent que plus dérisoires !

Je pose une question : que pouvons nous faire ? 

Francis NERI

Le problème : L’éclatement de la bulle immobilière a des conséquences catastrophiques sur le système général, c'est-à-dire planétaire.

Premiers résultats de ce désastre : près de 2 millions de foyers américains expulsés de leur maison, 84 sociétés de crédits hypothécaires en faillite aux États-Unis, des milliers de licenciements dans les banques occidentales, l’irruption des fonds souverains chinois et arabes dans leur capital, et la récession aux États-Unis entraînant l’Europe dans son sillage.

Déjà, en Europe, à la récession s’ajoute  une hausse des prix que personne ne peut maîtriser.

Certains prétendent encore que la crise restera financière, en particulier le FMI. C’est une grave erreur d’analyse pour le moins surprenante.Tous les systèmes : financier, économique, social, écologique, culturel, cultuel etc. sont touchés et entraînés dans la crise.

Il fallait s’y attendre. Au fur et à mesure que les dispositifs du « marché » s’avèrent incapables d’enrayer la crise systémique qui s’est révélée depuis l’été 2007, de plus en plus de voix se tournent vers les pouvoirs publics pour exiger qu’ils refinancent purement et simplement les faillites provoquées par les subprimes et autres produits structurés toxiques que les grandes banques et fonds d’investissement ont imposés depuis quelques années à l’ensemble du système monétaire international.

D’ici la fin de 2008, nous allons assister à une formidable déroute de l’ensemble des fonds de pension de la planète, mettant en péril tout le système des retraites par capitalisation. Ce cataclysme financier aura une dimension humaine dramatique puisqu’il correspond à l’arrivée à la retraite de la première vague des baby-boomers aux Etats-Unis, en Europe et au Japon : les revenus des fonds de pension s’effondrent au moment même où ils doivent commencer à effectuer leur première grande série de versements aux retraités.

En France, le Crédit Agricole, La BNP, La Société Générale, tous commencent à ressentir sévèrement la vague géante qui déferle. Des milliards d'euros partis en fumée, un marché immobilier bientôt effondré, une consommation atone, une paupérisation accélérée des classes moyennes des pays riches, des émeutes partout et une partie de bras de fer militaire et financière en cours entre des Grands qui ne circulent plus qu'en voiture blindée et ne raisonnent plus qu'en terme de raison d'Etat et de rapports de force autour des dernières ressources de la planète. 

Et quelle planète ! Un immense camp de bidonvilles en surpopulation, avec quelques îlots de luxe fortifiés de ci-de là, et de surcroît en plein dérèglement climatique. Un univers à la John Brunner où le Soleil Vert vous guette. 

Le problème vient avant tout de l'incapacité des forces vives mondiales à s'auto organiser pour proposer des programmes et des moyens de pressions et de contre-pouvoirs capables de réorienter efficacement les politiques sociales, industrielles et écologiques qui sont devenues d'une urgence absolue.

Les ego, la rumeur, le clanisme tiennent encore lieu de stratégies à nos politiques alors qu'il y a déjà urgence absolue.

Les dernières élections municipales en France démontrent amplement l’inconscience de nos politiciens de gauche, du centre ou de droite qui ne pensent qu’à une chose, récupérer ou conserver le pouvoir pour imposer leur réalité et accroitre leurs privilèges.

Les prévisionnistes s'étaient trompés, ils s'excusent mais gardent les commandes en main car les maîtres d’un jeu qui leur a échappé n'ont pas intérêt à tout chambouler dans le consensus ambiant.

La première question : Pourquoi ? Où plus exactement pour quelles raisons et comment il y a une telle dérégulation, un tel affaiblissement programmé des institutions.

La globalisation est analysée comme « un système d’interdépendances multilatérales où les puissances émergente exercent une influence déterminante (rétroaction) sur les économies développées »

Dans cet évènement, chacun, de l’emprunteur au trader est responsable. Chaque acteur a agi à son niveau au mieux de ses intérêts propres, sans ce soucier de l’intérêt général. Cette crise est le signe de la nécessité d’une rupture avec une conception de la société qui sépare les systèmes, les isoles les uns des autres et en premier les « systèmes humains » individus, groupes, espèces isolés et séparés de leur environnement. 

Selon cette hypothèse, c’est aussi une décision qui met en évidence l’éclatement des pouvoirs et le repli de ces pouvoirs sur leurs propres intérêts. C’est une décision qui reflète la crise du système général planétaire en signifiant que les composants perdent le sens de la solidarité systémique au profit de leurs propres intérêts menacés par la situation générale.

Dans ce cas, lorsque la crise éclate et ne peux plus être régulée, un (chaque) système prend la décision qui l’avantage, du point de vue technique et opérationnel, sans tenir compte du reste. Cela est une mesure de sa propre crise.

Bien entendu, rien n’est fini de la crise financière. Et l’on y ajoutera les conditions économiques et sociales de crise qui pèsent aujourd’hui sur le système mondial (général).

On savait déjà, sans le reconnaître, que la crise était systémique, mais les implications se matérialisent d’heure en heure. En effet, on craint qu’avec la faillite de Bear Stearns, une quarantaine de milliards de dollars investis dans les CDS (credit default swaps) tombent, provoquant l’effondrement de ce marché qui représente au niveau mondial pas moins de 42.000 trillions de dollars ! De quoi donner des sueurs froides à tout le système !

Mais ce sont les déclarations de John Lipsky, délégué général adjoint du FMI, lors d’une conférence de l’Institut Peterson d’économie internationale à Washington, qui sont particulièrement inquiétantes : car il formule, pour la première fois explicitement, la proposition que des fonds publics, et donc les contribuables, viennent en aide au système financier à la dérive.

Il faut « envisager l’impensable, » a-t-il dit, même si le scénario d’un effondrement du système financier mondial reste « improbable ». « Il ne fait guère de doute que les risques d’escalade de la crise s’intensifient et que des mesures déterminées soient nécessaires pour stabiliser le système financier et l’économie du monde. » Dès lors que « les solutions du marché ont été épuisées, » a-t-il continué, « nous devons garder toutes les options sur la table, y compris l’utilisation potentielle de fonds publics pour conforter le système financier ». « Le Fonds est également prêt à utiliser ses liquidités record, si nécessaire, pour aider à amortir [l’impact de la crise] sur l’économie mondiale. »

La deuxième question va de soi: Et maintenant?

La question est de tout les temps et renvoie à l’éthique : l’individu doit il « survivre » au groupe, le « groupe » à l’ensemble ? Et, au-delà poser la question de la survie de l’espèce humaine par rapport au système planétaire ?

S'il n'existe pas une capacité politique de réguler ces questions au niveau transnational, alors on va vers la liberté totale, celle du renard dans le poulailler, du chacun pour soi et du sauve qui peut général. Nous avons besoin de redéfinir en d'autres termes cette capacité de régulation métanationale, d'où l'importance d'organisations telles que l'OMC ou celles qui sont liées aux Nations unies.

La réponse politique doit donc être la suivante: à phénomène mondial, régulation mondiale. A crise systémique réponse systémique. Mais la question n'a même pas commencé à être posée.

Le moment approche où soit les gouvernements décideront de faire appel aux propositions de Lyndon LaRouche et de Jacques Cheminade pour procéder à une réorganisation ordonnée du système monétaire international – mettant en faillite les instruments spéculatifs et sauvegardant toutes les activités productives de l’économie – soit les intérêts financiers tenteront de revenir au fascisme financier des années 1930.

Pourtant, nous avons les moyens de mieux prévoir et de mieux gérer, y compris les effets pervers de nos projets, et ce dans tous les domaines.

Dans Les Echos, journal de boursicoteurs avertis, http://www.lesechos.fr/info/analyses/4695756.htm Jean-Marc Vittori rappelle que la réalité, complexe et instable, ainsi que l'avait formalisé Mandelbrot, se moque des courbes trop lisses !

Nous le citons : "Normalement, la crise du « subprime » n'aurait jamais dû arriver. D'ailleurs, il y avait une chance sur un million qu'elle éclate. Elle devait se produire une fois tous les 30.000 ans. Voilà ce que l'on entend parfois dans les salles de marchés ou les conseils d'administration. (...)

C'est bien le modèle qui est en cause, un modèle qui remonte très loin. Au début du XIXe siècle, l'Allemand Carl Gauss émet une hypothèse sur la probabilité des erreurs de mesure à propos des mouvements des étoiles. (...) C'est une magnifique cloche : la probabilité d'un événement moyen est grande, la probabilité d'un événement extrême, dans la « queue » de la distribution, est infime. (...)

Pourtant, au début des années 1960, un trublion, Benoît Mandelbrot, remet en cause le recours à la loi « normale ». Ce mathématicien a créé un étrange objet mathématique, les fractales, en observant une courbe des prix du coton.(...)

Il conclut : «Le problème, c'est que Mandelbrot avait raison. La finance est « anormale » : elle ne respecte pas la loi de Gauss. Les événements improbables se produisent infiniment plus souvent que ne l'indique la « normalité »

On voit bien que si on est dans les pires difficultés, c'est que "La Main Invisible du Marché " est aussi juste et précise que celle d'un chimpanzé fantasque à l'apprentissage.

Pire, si l'on s'intéresse de près au monde militaire, on constate vite que sous l'ordre apparent, le chaotique et l'impondérable sont toujours prêts à faire déraper les opérations vers le pire, à savoir le génocide et le massacre au nom des belles intentions et des modélisations raisonnées du "retour à l'ordre".

Cet ordre militaire, rassurant pour l'individu moyen au point que la presse régionale ne nomme plus la gendarmerie que sous cette appellation générique, "les militaires" donc, sont les meilleurs indices de la montée du désordre ambiant. Leur présence de plus en plus généralisée, de la cité aux gares, des ports aux aéroports, du Tchad aux côtes libanaises, de Villiers le Bel à Grozny, de Gaza à Bogota, indique que le risque de confrontation majeure reste entier aussi bien au niveau interne qu'international, malgré une apparente redistribution des zones de contrôle et d'influence négociées avec Moscou, Téhéran et Pékin.

Et l'impondérable guette toujours de plus belle ! Celui qui a le doigt sur la gâchette peut se loger une balle dans le pied où enclencher une guerre nucléaire.

Tout dépend du calibre et du lieu, l'arrivée de l'USS Cole au Liban laisse envisager la seconde éventualité, c'est pour tous les peuples du monde un pistolet braqué sur la tempe. Alors il ne nous reste qu'à prier les papillons de ne pas nous jouer un mauvais tour avec leurs effets en dehors des courbes lisses....

Mars 2008

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