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12/08/2008

Les fondements de la crise écosystémique

Démographie, proximité, urbanisme… au sein du système « occidental »

Le vivre ensemble enraye la violence des rapports sociaux, mais, de nos jours, deux éléments qui semblent devenus incontournables modifient notre rapport à l’autre :

Pour établir des liens, rien de tel que la distance spatiale permise par une plus grande mobilité qui multiplie les interactions, sources de nouvelles formes de sociabilité.

 Le refus de ceux que l’on vit comme trop différents pour supporter leur voisinage, et ce, que l’on fasse partie des classes moyennes ou « défavorisées », étant donné que l’esprit de sécession et d ‘appartenance agi dans les deux sens.

Dans mon quartier, l’Esplanade à Strasbourg, lotissements et groupes d’immeubles, y compris ceux du secteur de HLM, semblent pouvoir encore décliner par petits ensembles homogènes, une relative diversité de conditions, sous réserves, que les habitants, aient l’espoir qu’ils seront protégés des populations marginales et que leurs voisins ne soient pas trop différents.

Cette proximité sociale, autorise alors des formes de socialités électives dont chaque individu, voire groupe d’individus garde la maîtrise.

Mais par ailleurs, entrer en relation, suppose de se reconnaître des valeurs communes, et comment se faire une représentation de l’autre, puisque chacun tente de s’affranchir de la proximité physique et évite de côtoyer la différence ?

L’absence de rapports directs, la rumeur et les médias, ne sont pas des vecteurs de sympathie ou de communauté de destins, mais plutôt de craintes, et la volonté, d’une part, de se tenir à distance des quartiers environnants et des groupes qualifiés de « chauds », d’autre part de rejeter la manière de vivre des « bourges » extérieurs au « quartier ».

Les individus et groupes restreints se refusant à toute rencontre, confrontation avec les autres, et accommodements créateurs de liens, comment alors pratiquer un « vivre ensemble » qui produirait de la socialité, puis une société ?

Doit-on admettre comme nouvelle forme sociétale, l’appariement sélectif dans un périmètre résidentiel comme dans le domaine de la socialité ?

La question cruciale qui est à présent d’une actualité brûlante est de savoir, à terme, ce que ces groupes sociaux trop différents auront encore à voir et à faire ensemble.

Les pauvres, les immigrés, ceux privés d’autonomie, mais aussi ceux qui refusent l’intégration dans un repli identitaire, sont de plus en plus en opposition avec les couches sociales intégrées, ce qui détermine les deux groupes à des postures sécessionnistes qui conduisent le plus souvent au passage à l’acte et à l’autonomie politique.

Si l’on n’y porte pas remède, c’est l’implosion de notre société qui, à terme, produira, non pas un pays, mais des nations. Dans cette optique, la « libanisation » de la France est à redouter, et l’on sait où cela a conduit le Liban.

Enfin, il nous faut bien reconnaître que les vœux et préoccupations de la population « intégrée » sont de plus en plus souvent en décalage avec la solidarité nationale officiellement affichée.

Quels sont-ils en effet ?

Fuir la ville et ses nuisances.

Se mettre à distance des quartiers d’immigrés et de pauvres.

Permettre à leurs enfants l’accès aux bonnes écoles.

Tenir à distance les populations indésirables par peur de la contagion.

Eviter :

Que soient perturbées des relations sociales privilégiées.

Que s’abaisse le niveau scolaire dans leur environnement.

La dépréciation de la valeur des biens.

De plus en plus persuadés  de la nécessité de lutter pour le maintien de leur mode de vie, mais aussi encore fortement déterminés par une durable sensibilité sociale et démocrate d’un Etat providence, leur conduite ne procède pas d’une culture sécessionniste véritablement consciente et émergente, mais l’idée de solidarité  fait à présent débats, controverses, voire contestations.

C’est pourtant au  sein de cette classe sociale moyenne et intégrée, mais pour combien de temps encore, que s’élabore valeurs dominantes et représentations.

Ils structurent les nouveaux modèles sociétaux, et la classe politique se doit de prendre également acte de leurs revendications, sous peine de voir se confirmer des tendances extrêmes de tous bords.

En effet,  à l’opposé, et dans les quartiers, se développe une autre socialité qui se refuse également à toute confrontation avec l’altérité et développe une culture du refus basée sur le sentiment de l’exclusion économique, politique, sociale et culturelle. Malgré une longue politique sociale axée sur l’éducation, la prévention, la redistribution, cette socialité  s’exprime en particulier dans le repli identitaire, le retour au fondamentalisme religieux et les communautarismes.

Ceci explique que les citoyens intégrés se retournent de plus en plus vers les élus politiquement légitimés à organiser l’urbanisation du territoire.

Selon eux,  les élus doivent définir les modalités de constitution des « appariements sélectifs » et de prendre en compte le fait qu’il serait illusoire de vouloir imposer une quelconque mixité sociale sans que ne soit entreprise une profonde rénovation du lien social.

L’exemple nous en est donné dans le domaine scolaire ou les regroupements sont déjà bien avancés.

Faut-il s’en indigner ?

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