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21/09/2010

La nouvelle communication

Je pense qu'il est important de vous faire part d'une piste "nouvelle", approchée par Tiziana Terranova, que n'aurait pas désavoué Grégory Bateson ou Henri Laborit s'ils avaient eu connaissance du développement de l'information numérique.

Le numérique est à l'origine d'une abondance d'informations qui est à la base d'une nouvelle communication. Mais cela ne va pas sans nouveaux problèmes. Si l'information est abondante, elle risque de perdre toute valeur. C'est à ce niveau qu'intervient l'analyse systémique qui développe l'attention. C'est à dire la capacité d'abstraire de l'information les éléments que nous estimons  signifiants, permettant d'améliorer notre connaissance objective et d'orienter nos émotions vers un comportement raisonnable.

Nos attitudes et nos comportements seront d'autant mieux adaptés aux situations nouvelles qui bousculent nos quotidiens, qu'ils seront plus « en phase » avec les contextes, les lieux et les bulles temporelles au sein desquelles nous vivons.

Il s'agit, en fait, pour ceux qui veulent changer le monde et forcer le destin, de lire ce qui flotte confusément dans l'atmosphère d'une époque, de s'en emparer si l'on y adhère, d'en porter l'étendard avec émotion, connaissance et raison gardée.

"Ce que l'information consomme est assez évident : l'information consomme l'attention de ceux qui la reçoivent. Du même coup, une grande quantité d'information créée une pauvreté de l'attention et le besoin de répartir efficacement cette attention entre des sources très nombreuses au milieu desquelles elle pourrait se dissoudre."

Dans cette vision, l'attention est considérée comme une rareté qui peut être échangée et comme une aptitude biologique. Elle est abordée sous le double angle de l'économie et des neurosciences. Or, selon Tiziania Terranova, il s'agit d'une conception restrictive de l'attention, car elle ne peut pas être séparée de sa source subjective.

Elle fait un détour par Marx et Gabriel Tarde pour montrer que s'il est important de s'intéresser à la vie du cerveau, ce doit être pour redonner de la force aux valeurs de culture et de social, ces deux valeurs n'étant pas à la périphérie, mais au coeur, de ce que l'on doit considérer pour comprendre l'économie de l'attention.

L'attention est une ouverture vers l'extérieur. Il s'agit d'une rencontre qui s'effectue dans la relation : l'attention est construite conjointement par le sujet, en corrélation avec le cerveau, le corps et la myriade de connexions dans lesquelles nous sommes pris.

En conclusion, Tiziana Terranova pose que l'attention n'est pas seulement le résultat du fonctionnement d'un cerveau individuel, comme les neurosciences semblent le dire, elle ne peut pas non plus être réduite à un bien échangeable. L'attention, selon elle, est un processus dans lequel la production de valeur est inséparable de la production de subjectivité. Elle est le produit de l'invention et de la diffusion de désirs, de croyances, et d'affects qui nous sont communs.

A nous de savoir  réguler les trois composantes : émotion, connaissance, raison.

C'est sur ces bases qu'à Résistance Républicaine nous avons développé une stratégie de reconquête, en phase avec ce qui flotte encore confusément dans l'atmosphère de notre époque. Faites nous confiance, nous y adhérons et saurons nous en emparer, que ceux qui partagent notre « futurible » nous rejoignent ...vite ! Il est encore temps de « changer le monde » avant qu'il ne nous change !




Tiziana Terranova enseigne les media studies à l'Université de East London

 

 

Commentaires

J'ai trouvé des informations très intéressantes que vous nous avez donné ici, d'ailleurs, du point de vue que vous avez prise est assez réussi.

Écrit par : Descargar | 17/02/2011

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