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13/12/2009

Systémique et psychothérapie

Un  certain nombre d'entre vous (de plus en plus nombreux) s'intéresse aux relations entre la systémique et la psychothérapie et se demande quels sont les rapports entre l'approche systémique et l'approche psychanalytique de « résolution de problèmes ».

Cette question révèle, au-delà d'un légitime désir de clarification, un enjeu de société explosif puisque la psychanalyse affirme haut et fort qu'elle est le dernier lieu où l'on puisse faire usage de la parole qui ne soit pas seulement utilisatrice et où des sujets peuvent encore se parler librement. 

Pour ma part je me dis qu'un parent, un ami ou un prêtre peuvent faire aussi bien que Mr Freud et ses disciples. Pour ce qui relève véritablement de la thérapie, de la pédagogie, de l'organisation et de la régulation des conduites, je suis heureux de constater le progrès des théories communicationnelles (relationnelles, familiales) et des thérapies comportementales et cognitives que les neurosciences éclairent tout particulièrement.

Je rappellerai pour mémoire qu'enfin, de nos jours en France, l'approche psychanalytique n'est plus maîtresse du champ thérapeutique, social et organisationnel qu'elle avait progressivement envahi et saturé. En écho avec le Marxisme et l'existentialisme de Jean Paul Sartre, le psychomarxisme a régné sans partage sur les esprits et les « âmes » depuis les années 50. Au moins deux autres approches s'installent progressivement dans notre  quotidien :

Les thérapies comportementales et cognitives  (TCC)  qui reposent sur le modèle selon lequel l'évaluation que l'on fait d'une situation (c'est à dire les pensées ou cognitions, incluant les discours intérieurs, images, scénarios etc.) est un facteur important qui détermine les émotions et les comportements. En retour, les émotions et les états physiologiques sous-jacents influencent les cognitions. Par ailleurs, l'évaluation d'une situation repose sur des croyances profondes sur soi et le monde (ces croyances sont appelées schémas). Le travail psychothérapeutique et psychosocial a pour  but de développer l'observation de ces composantes  (comportements, états physiologiques, émotions, pensées, images). Mais aussi leur interaction pour mieux contrôler les états psychologiques  (stress, anxiété, dépression, agressivité, etc.).

Il s'agit également de mieux prendre individuellement conscience et remettre en question  les schémas et traits de personnalité qui rendent difficile et douloureuse l'adaptation d'un individu à son environnement  et impossible sa participation à la modification de ce même environnement.

L'approche systémique, souvent  utilisée au sein des groupes restreints en interaction (famille par exemple) Cette approche considère que le problème d'une personne peut résulter des interactions avec l'entourage  et au delà. Le comportement est le fondement d'un système général de communication. Toute interaction se déroulant en suivant un système de règles, le problème commun est défini et des solutions faisant appel à la médiation à partir des règles tentent de concilier les attentes de chacun. 

L'approche psychanalytique qui n'est pas pour autant rejetée, a été récemment  pointée par le comité d'éthique en particulier sur l'autisme. Elle fait appel généralement à l'inconscient. Les difficultés du présent sont établies comme ayant leurs origines dans les conflits irrésolus de l'enfance.La méthode consiste à interpréter le discours (où la libre association est importante) et les comportements actuels pour élucider les conflits non résolus. Il s'agit d'une démarche qui traditionnellement peut être très longue. 

 Ma conclusion : sur le plan thérapeutique comme sur les plans pédagogique et organisationnel, il faut utiliser toute la palette des moyens, car il n'y a pas de vérité révélée.   

 Sur simple demande je transmettrai à ceux qui le souhaitent  des éléments d'approfondissement

 

24/04/2006

L'approche systémique

L’approche systémique du fonctionnement des groupes sociaux n’est pas simplement une pratique relevant de la psychothérapie, c’est aussi, et je dirai en premier, une école de pensée qui élabore au quotidien des méthodes et des moyens pour permettre aux êtres humains d’établir un meilleur rapport avec la réalité.
Cette réalité est faite de communications ou encore, que chacun de nous entre en relation avec lui même, avec les autres et avec l’ensemble social, en particulier ce que l’on peut désigner par l’Institution.
L’hypothèse première que je propose est que l’harmonisation de ces relations passe par un équilibre à trouver en permanence entre ces trois axes ou encore par une mise en cohérence des trois systèmes.
L’hypothèse seconde sur laquelle je m’appuierais pour développer la première est qu’il faut redéfinir la réalité en terme de perceptions et de réactions. La réalité serait la résultante de nos interactions, du lieu de notre observation, des outils utilisés et du langage dont nous nous servons pour traduire notre représentation de cette réalité.
Dans cette hypothèse, la réalité n’existe pas en tant que telle, elle est celle que nous voulons qu’elle soit. Il y a autant de réalités possibles qu’il y a d’individus porteurs de leur réalité.
Ce que nous sommes est le produit de ce que nous pensons être dans la réalité que nous avons construite et que nous assumons, dépassons, transformons  ou encore subissons.
Cela fait de nous des individus libres et manoeuvrants capables, s’ils le veulent et le peuvent, de se libérer de leurs conditionnements inadaptés, de réformer le cadre étroit de leurs schémas mentaux, de leurs représentations, de leur vision du monde, et de leurs relations trop souvent devenues pathologiques.
Considéré de ce point de vue, tout « recadrage » doit être proposé comme une remédiation qui est la conséquence d’un apprentissage inadapté lors du processus initial de construction du sujet.
Nous pourrons alors logiquement déduire de ces hypothèses que les troubles individuels, relationnels et sociaux sont la résultante d’un apprentissage défectueux, d’une éducation inadaptée, d’une socialisation non prescrite, et d’une prévention inconséquente.
Une théorie générale de la communication devrait être en mesure de proposer des finalités, des pratiques, des méthodes et des moyens éducatifs, socialisants, préventifs et de résolution des dysfonctionnements.
Cela peut être conduit par un cadrage initial dés le plus jeune âge et un recadrage périodique élaborant et modifiant la perception de la réalité et des réactions des individus.
Se pose alors une grave question éthique qui constitue en quelque sorte ma problématique. Si nous voulons que chaque individu devienne libre, manoeuvrant, en pleine santé physique et mentale, avons-nous le droit sinon le devoir de le conditionner selon une « normalité » et une « réalité » que nous aurions décidé comme étant la meilleure adaptation possible à son environnement, dans l’intérêt bien compris et gagnant/gagnant du  système  individu, celui de l’autre, comme du système social ?
J’invite chacun de mes correspondants concernés par les rapports sociaux à m’aider dans la résolution de cette « injonction paradoxale » en me faisant part de leurs réflexions et de leurs expériences.