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14/11/2009

Virus réducteur

Une autre manière, écologique, de régler la question de l'identité selon Manfred ! Prenons garde toutefois de sortir ses propos de leur contexte : la grippe...porcine. Après cela qui va se faire vacciner ?

Quand, dit-il, je vois un être humain hétéro-déclaré, plus auto-déclaré que hautement compétent - je me dis qu'ils sont peut-être hautement intelligent, d'une intelligence qui dépasse largement la mienne, et qu'il a fait quelque chose que je ne peux pas vraiment comprendre.

Mais je n'abandonne pas le problème. J'accumule des informations et des témoignages et j'arrive souvent à la conclusion que ces super-experts étaient tout simplement incompétents, quelquefois plus incompétents que des personnes ordinaires. 

Dans l'affaire de cette campagne de vaccination contre le virus porcin (entre-temps on a ennobli son nom, mais cet adjectif me plaît beaucoup), je considère un épidémiologiste qui dit que 40% de la population alsacienne peut être atteinte, pour bien moins compétent que les quelques 80% des infirmières alsaciennes qui ne se feront pas vacciner.  Ce professeurs est d'ailleurs atteints d'un syndrome qu'on devrait nommer et étudier; je propose : le syndrome du spécialiste; celui, par exemple, qui est équipé d'un marteau et qui finit par voir des clous partout.

Je suis aussi de l'avis de notre correspondant que la Nature va bien un jour réagir contre l'humanité pour l'empêcher de détruire la création. Encore que la Nature n'est pas à un milliard d'années près et que même si l'humanité arrivait à détruire presque toute la création, il resterait encore assez de gènes pour recommencer à presque zéro, remettre de l'humus et des arbres sur les montagnes dévastées par les humains. 

Un moyen élégant et efficace de se débarrasser d'une grosse partie de l'humanité est une bonne mutation d'un virus qui réduirait l'humanité de moitié en quelque six mois. Lutter contre cela par une campagne de vaccination mondiale ? C'est déjà cuit. Pour barrer la route à un virus, il faudrait, ai-je lu vacciner 70% de la population d'un seul coup, il faudrait donc 6 milliards x 70% de doses, donc 4,2 milliards. Impossible. On pourrait peu à peu accroître la capacité des laboratoires à produire des vaccins en lançant tous les ans une fausse campagne, sorte d'exercice de musculation. Et il faudrait passer à la vaccination forcée d'une population de plus en plus méfiante. L'OMS, devenu instrument des lobbies de la santé, aurait-elle eu un tel plan ? Peu vraisemblable, à mon avis. 

 M.S.

 

 

27/10/2009

Humanisme

Les humanistes affirment leur foi dans l'être humain qu'ils mettent au centre de leurs préoccupations et dont ils recherchent l'épanouissement. L'humanisme propose de nouvelles valeurs fondées sur la raison et le libre-arbitre.

Un correspondant affirme qu’il y a incompatibilité entre l’humanisme et l’approche systémique pour la résolution des « problèmes » sociaux. Il commente en précisant que les systémiciens lui font penser à des robots sans âmes, ils ne connaissent, selon lui,  que la raison et la science ! Il pense, par exemple, que certains seraient fort capables d'envisager la liquidation de deux ou trois milliards d’hommes pour retrouver un équilibre démographique satisfaisant.

 

Peut être faut-il que je lui propose quelques cours sur la systémique. Une science qui pour moi suggère justement de concilier la raison, la connaissance et l’émotion. Je sais, je me répète, mais certainement pas assez. Je n’ai, probablement, pas suffisamment utilisé la « communication fractale » [1]de crainte d’être redondant et ennuyeux.

 

Je pratique l’approche systémique et je soutiens l’hypothèse suivante :      

 

"Pour que les pays  pauvres de la planète sortent de leur sous-développement, il faudrait deux choses : un minimum de croissance et une très stricte régulation des naissances.

Et pour que les pays riches renoncent au développement quantitatif, au bénéfice du qualitatif,  il faut qu’ils s’isolent  au sein de leurs « bulles temporelles » sécurisées pour se consacrer à leur évolution culturelle."

 

Alors « l’humanisme » dont parle mon aimable correspondant est-il finalement la recherche de la "réalité"ou du romantisme qui est du domaine de l'émotion ?

 

Cet homme est, par le hasard de sa naissance et par sa volonté en mesure d'évoluer vers toujours plus de complexité, dans une bulle occidentale de forte densité. Quoi qu’il fasse ou pense, il contribue à la densifier.

Il lui sera difficile d'échapper à ses conditionnements biologiques et sociaux sans une grande souffrance personnelle ! Et puis si il y parvient il sera bien seul. J’ai envie de lui dire : « Reste avec nous, du travail t'attends ! »

En effet, je ne vois pas beaucoup d’individus autour de moi affirmer haut et fort leur foi dans l’être humain. D’autre part, les codes, les valeurs et les règles sont agités tout au plus comme des symboles qui font ricaner une fois le dos tourné.

Alors pourquoi paraître s’indigner de l’indifférence du monde alors que rien ne semble arrêter la déferlante des besoins, des envies,  la frustration et la haine de l’autre.

Le combat pour l’égalité, pour la possession des richesses du globe est engagé et il sera sans pitié. Alors où se situe l’humanisme dans tout cela ?

Pour ma part, je considère qu’une nouvelle culture est née et, comme les autres qui l’ont précédées, elle s’appuie sur des valeurs. Elle est fondé effectivement sur la raison, le libre arbitre, la connaissance, la responsabilité et la maîtrise des émotions.

 

C’est tout cela l’approche systémique des comportements humains individuels et des groupes sociaux. Saura t-elle faire école et conquérir les cœurs et les esprits ? Là est la question !       

 

 



[1]La communication fractale consiste à dire l’essentiel en quelques mots, à revenir à cet essentiel en quelques phrases, puis encore une fois en quelques chapitres, en quelques paragraphes.
Comme les poupées russes emboîtées les unes dans les autres, la communication ne doit plus se dérouler comme un fil linéaire dans le temps, mais au contraire, en spirale, de manière concentrique, quitte à revenir plusieurs fois sur les mêmes sujets.(Joël de Rosnay)


18/06/2009

Croissance, démographie et culture.

Regarder le progrès avec raison et le développement de manière responsable n’est pas suffisant pour l’avenir du monde si nous n’y intégrons pas le développement culturel.

Les écologistes, mais surtout l’écologie politique, tarissent et vident de sens, les débats d'idées qu’ils ont transformés en conflits idéologiques: ils appellent, par exemple, à la décroissance, quand tous les chômeurs du monde entier en implorent  le retour.

Nous avons tous compris que la croissance n'est pas un but en soi, mais une fois un problème posé dans sa complexité, il s’agit d’y faire face autrement qu’avec des œillères idéologiques. Bref, une fois le « débat démocratique » achevé, il faut passer aux réponses. 

 

J’ai récemment entendu Noël Mamaire s’apitoyer sur le sort des habitants du Tiers-monde « exploité par les multinationales et « crevant » de faim » et, dans la foulée, reprocher aux entreprises françaises leur délocalisation. Puis, alors qu’un correspondant lui faisait remarquer que, face à une demande croissante de consommation et une démographie galopante, ce n’était pas le moment de renoncer à la croissance, au nucléaire ni même aux OGM, il soutenait que le monde pouvait sans difficultés nourrir une population de 12 milliards d’habitants pour peu que les « riches » se serrent enfin la ceinture et accueillent les affamés qui viendront compenser leur dénatalité. En passant, il faisait l’éloge du multiculturalisme, de la mixité sociale et  du métissage. Des postures de régulation sociale qui, selon lui, allaient devoir être imposées car le libéralisme moribond ne renoncerait pas sans combattre à ses « privilèges »

J’avais l’impression d’entendre s’exprimer le « petit père des peuples » avant qu’il ne terrorise l’URSS d’une sanglante main de fer.             

 

Revenons sur terre ! Pour que les pays  pauvres de la planète sortent de leur sous-développement, il faudrait deux choses : un minimum de croissance et une très stricte régulation des naissances.

Et pour que les pays riches renoncent au développement quantitatif, au bénéfice du qualitatif,  il faut qu’ils s’isolent  au sein de leurs « bulles temporelles » sécurisées pour se consacrer à une évolution culturelle.

 

Ces bulles de « temps fractal » existent d’ailleurs déjà. L’écologie n’est finalement rien d’autre que cela. Chaque organisation de la matière, de la cellule à des entités plus complexes, porte en elle la structure locale et la structure d’ensemble.

 

La vision et la compréhension du monde fractal doivent pouvoir permettre l’émergence d’une nouvelle conscience mondiale. Au sein de ce creuset peuvent se lier, et relier, les pensées Occidentales, Européennes, Orientales, Asiatiques etc. afin d’y conjuguer trois dimensions : la connaissance, la raison et l’émotion.

 

Le développement séparé est un fait « naturel » mais la « forme » reste la même. Ne  varie que la quantité d’énergie ou l’information disponible au sein des « bulles ». Le même modèle à des échelles différentes, ce qui ne veut pas dire qu’isolés, ces modèles ne soient pas en interactions. Bien au contraire, ils occupent le même espace-temps universel, mais comme les galaxies, ils poursuivent leur expansion au sein de leur bulle temporelle en communiquant et échangeant intensément, d’autant plus qu’ils s’éloignent les uns des autres.

Selon Joël de Rosnay, les sous systèmes sociaux ont des vitesses d’évolution différentes et des points se rassemblent pour coexister dans une même « tranche de présent ».

C’est la densité des informations, résultant de multiples interactions,  qui densifie le temps. Les bulles temporelles coexistent à un moment donné, mais présentent des vitesses, des potentiels d’évolution différents. Il se développe en interne des processus d’auto-sélection et d’exclusion compétitive.

 

Des voies nouvelles sont à explorer comme celle que préconise Joël De Rosnay dans « l’homme symbiotique » qui propose de considérer l’information comme du temps potentiel et se demande si la vitesse perçue de l’écoulement du temps ne serait pas liée à celle de la production d’information.

A l’exemple de l’auto- organisation de la matière vers des systèmes de plus en plus complexes, l’homme crée un capital temps qu’il utilise au présent et capitalise pour les générations futures.

 

Il est clair, qu’en Afrique et en Europe, nous ne vivons plus, depuis longtemps, dans le même espace temps, et la fracture temporelle tend à se creuser. A chacun sa bulle, mais comme elles sont en interaction, ce qui n’arrange pas les choses, quoi qu’en disent les « égalitaristes », il devient très compliqué de détruire la pauvreté, de réduire l'analphabétisme, d’aider les « bulles » en crise à développer leur propre complexité, à trouver leur place dans le temps universel.

 

A l’échelle du monde, nous dit encore Joël de Rosnay, l’isolement des sociétés les plus développées, dans leur bulle temporaire de haute densité pose le problème de l’exclusion. La compétition entre bulles temporelles de densités différentes conduit à l’élimination de celles dont la densité est la plus faible.

 

Nous avons vu qu’il serait impossible d’éviter que ne se créent des fractures temporelles considérables entre sociétés qui s’éloignent ainsi les unes des autres et qui se développent dans des « univers » si différenciés.

Il faut donc l’accepter, et que les uns et les autres se fixent des objectifs différents et si possible complémentaires.

 

Nous sommes devant un problème, celui de la représentation, de l’interprétation du phénomène provoqué par les divergences temporelles des rythmes d’évolution qui provoquent : exclusion, compétition, violence.

Mais comprendre le phénomène, c’est déjà apporter une réponse à la crise écosystémique mondiale.

Les « peuples premiers », et ceux liés à des bulles temporelles de moindre densité, n’ont apparemment pas beaucoup de chance, certaines espèces, animales et végétales, non plus.

Ils trouvent des contraintes fortes dans le climat, la démographie et l’exclusion compétitive qui est liée aux processus d’énergie, d’information, d’alimentation, de finance, d’éducation, de connaissance, de socialisation et enfin de culture.

 

Un des problèmes fondamentaux de notre époque est cette disjonction formidable entre science, éthique et politique disait Edgar Morin. C’est ce qui doit changer.

 

Au sein des bulles temporelles les plus « avancées », c’est la « reliance » qui va devenir le mot clé du développement culturel des hommes, avec celui « d’écosystème » et de « complexité »    

Développer ne signifie pas nécessairement suivre la voie que les Occidentaux ont tracé. Le fait culturel du XXIe siècle  consistera à trouver rapidement les moyens de changer de cap avec l’aide de tous, mais chacun à sa place.

S’il y a développement, il sera avant tout culturel. Les nouvelles valeurs occidentales engloberont les valeurs judéo-chrétiennes et recevront les apports d’autres cultures en émergences une fois apaisées.

Cette évolution culturelle devra apprendre à s’approprier les idées et comportements d’autrui et dire pour quelle finalité telles idées et tels comportements peuvent être transmis et pas d’autres, si l’on veut orienter l’évolution humaine vers plus de responsabilité envers l’individu, le groupe et l’espèce humaine dans son environnement écologique.

 

Les comportements, bien plus que les gènes président désormais à la destinée humaine. Nous disposons, par conséquent, de la capacité d’inférer directement sur notre avenir en provisionnant du temps fractal.

L’évolution biotechnologique ne sera rapide qu’à l’échelle de quelques individus, la sélection naturelle n’opérant pratiquement plus. Ce sera largement suffisant pour « fabriquer » l’élite de demain en combinant évolution culturelle et biotechnologique et en utilisant le levier émotionnel.

 

Finalement et pour conclure, je dirai que la question est de savoir s’il sera possible d’ordonnancer le développement des « bulles temporelles ».

Le « grand secret » c’est la maîtrise des trois domaines qui composent ces bulles : l’énergie, l’information et le temps. Pour cela, il nous faut conjuguer, mixer, la connaissance, la raison, l’émotion en utilisant les trois formes de la communication : organisationnelle, pédagogique, thérapeutique.

 

Le monde de l’avenir sera culturel ou ne sera pas, qu’on se le dise !         

 

Francis NERI

 

13 06 09