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30/01/2010

La communication nouvelle

Ce que nous mettons en relation lorsque nous communiquons, ce sont nos programmes culturels, nos cartes cognitives déjà décrites par A. Korzybsky ou H. Laborit. 

Si nous voulons faire avancer l'universalité, il nous faut progresser dans l'élaboration de programmes culturels communs et de cartes cognitives conciliables sur le plan universel.

Dans l'état actuel de nos connaissances, nous voyons suffisamment bien l'objectif et, c'est le désir initial de tout être humain que d'y parvenir. Mais pour bâtir ensemble une « politique de civilisation », la méthode et l'organisation des moyens est loin de faire consensus. D'autre part, la globalisation n'interdisant pas la persistance, voire le développement des particularités culturelles régionales, il nous faut aussi saisir et faire face à la « complexité ». C'est bien là le cœur du problème.

Essayons l'approche systémique qui rapproche les problèmes sociaux en les liant au contexte dans lequel ils se déroulent et aux besoins de la vie quotidienne, dans leur caractère singulier et général, c'est-à-dire qui se posent partout.

Pour y parvenir, il semble qu'il nous faille revoir nos modèles de pensée dominants qui ne parviennent pas à utiliser les outils permettant de saisir les problèmes globaux et nous conduisent à séparer, à cloisonner les approches, les analyses, les réponses, à disperser les moyens, à les rendre peu efficaces, à gaspiller les ressources.

Si nos problèmes proviennent de l'infernal enchaînement des causes et des effets, l'approche systémique permet de mettre l'accent sur l'objectif poursuivi et non plus comme à l'aide de la logique cartésienne sur les causes.

Bref, et pour reprendre une analogie chère à Goffman, membre du fameux collège invisible de Palo Alto : « ne pas confondre un échafaudage avec l'ouvrage que l'on doit construire ».

Pour construire une civilisation nouvelle et forcément globale, les « échafaudages » actuels ont démontrés leurs limites, les idéologies sont à bout de souffle et les religions ne seront plus, ne peuvent plus être, ne seront pas, contrairement à ce que pouvait penser Malraux, la nouvelle colonne vertébrale de l'humanité.

La singularité islamiste radicale n'est qu'un soubresaut sanglant, un anachronisme, une carte mentale qui n'a plus aucun lien avec la « réalité » de milliards d'autres individus. C'est tout au plus une « rétroaction » positive, une conséquence de notre insuffisance de régulation et de contrôle.

Une foule d'autres « cartographes » inventent une nouvelle réalité et c'est elle qui changera le monde. G. Bateson, créateur du « collège invisible » la désignait comme une « écologie de l'esprit ».

Dans l'intérêt de la raison, disait encore Korzybsky, il faut dater ! Le concept « d'écologie de l'esprit » émergeait au cours des années 60. Il n'a véritablement pas fait école, le moment n'était pas venu. Compte tenu du temps qui passe et du contexte exceptionnel que nous offre la crise écosystémique, il serait criminel de ne pas explorer les possibilités de changement culturels et structurels auxquels elle nous pousse. 

Restons attentifs, libres et manoeuvrants, rétro-acteurs conscients, ouverts à toutes discussions et à tout projet qui comprenne une finalité, une éthique, une organisation et des moyens et qui nous inviterai à nous engager dans le développement concret d'une approche écosystémique du monde.