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Le systémicien - Page 471

  • Approche intégrative des problématiques sociales

    Des convictions et une approche qui structurent la démarche de l’Institut Européen de Socialisation et d’ Education.

    La tendance actuelle de résolution des problématiques sociales, et somme toute naturelle, est de ne saisir que des parties et de proposer d'emblée des mesures partielles avant même d'avoir défini les problèmes à résoudre. D'où des querelles de chapelles où chacun a beau jeu de mettre en évidence le caractère discutable et restreint des hypothèses des autres. Aussi, semble-t-il préférable avant d’aborder la résolution d’une problématique, de commencer par cerner les questions qu'il convient de poser en appliquant une méthodologie de « recherche d’évènements », puis de proposer une ou des hypothèses et enfin des propositions et des réponses effectivement applicables sur le terrain à partir, par exemple, d’une recherche-action effective, c'est-à-dire donnant des résultats susceptibles d’être généralisés.

    La prospective a toujours intérêt - même si l'avenir n'est en rien la reproduction du présent ou la continuation du passé - à s'interroger sur la problématique du système étudié, à le considérer dans sa dynamique longue, à se nourrir de comparaisons géographiques, à tenir compte des contextes, des représentations, des attitudes et des comportements spécifiques à ces lieux, temps, contextes.

    Ainsi, éviterons nous un  « discours » ayant tendance à  présenter d’une problématique (dans le sens de sujet à traiter) des visions appauvries qui éliminent l'essentiel, c'est-à-dire la totalité.

    Quelle que soit la problématique étudiée, elle l’a été "hier, aujourd'hui et ailleurs", et il apparaît nécessaire de s’appuyer sur les travaux qui ont été conduits sur le sujet et ceux qui sont en cours. Se rapprocher de ceux qui oeuvrent sur des thèmes voisins n’est nullement déshonorant et il parait éminemment souhaitable de « mutualiser » autant que faire ce peut les recherches sur une thématique donnée et à partager les analyses, les synthèses et les conclusions.    

    Il devient alors possible d'aborder de notre position, à partir de nos représentations, de nos attitudes, au sein de notre environnement, de nos moyens,  les défis de l'avenir pour la société française, défis et problématiques qui proviennent de notre être en tant qu’individus, de cette société elle-même ou de son environnement extérieur.

    Notre approche intégrative, qualifiée également de systémique, holistique ou encore de biopsychosociale se veut éducative, socialisante et de remédiation.

    Pour notre part, il est un thème préalable pratiquement inévitable : celui des relations et des rétroactions souhaitables entre les systèmes : éducatif, politique, économique, familial, communautaire, culturel et cultuel etc, et les intermédiaires, les entrées, par lesquelles elles fabriquent du « lien social », le travail, le loisir, le jeu, le sport, la musique,la danse etc.  !

    Mais les questions qu'il convient de se poser au sujet de l'avenir de notre système social, considéré comme une série d’ensembles régulés ou à réguler, ne concernent pas que le souhaitable. Elles portent aussi sur le comment. Il appartient à chacun d’entre nous, seul ou en groupe de proposer des priorités et des stratégies de changements. Et c'est sans doute de la réponse qui sera apportée à cette deuxième série de questions que dépendra, en fin de compte, la vitalité future de nos systèmes et ensembles sociaux en particulier : l’école, la famille, l’environnement social.

    Francis NERI

    Septembre 2006

     

     

  • La cohésion sociale

     

    La cohésion sociale semble être devenue un objectif prioritaire des équipes qui se succèdent au gouvernement de la République. Sans doute que la cohésion du peuple facilite d’autant le consensus social sans lequel il n’y a pas de paix sociale et sans paix sociale il n’y a pas d’économie performante et par conséquence de performance sociale.

     

    Va pour la cohésion, mais que faire pour y parvenir ?

     

    Si l’on veut obtenir quelque chose de quelqu’un on commence par se demander ce que l’on pourrait bien faire pour lui, ne serait ce que pour qu’il nous en soit redevable. C’est peut être de là que provient l’expression: « Que demande le peuple ? »

     

    Alors que demande le bon peuple de France pour rester ou devenir cohérent, où encore, bien sur les rails et droit dans ses baskets ? Un sondage, peut-être, nous l’apprendrait ? Ou un état des lieux, le tout réalisé par quelques doctes savants !

     

    Pour ma part, et simplement en étant à l’écoute des opinions, je crois savoir que les préoccupations des Français sont de plus en plus terre à terre et que leurs attentes sont suffisamment compréhensibles, relativement faciles à satisfaire et, si on y réfléchit un peu, depuis trop longtemps exprimées.

     

    Par quoi faut-il commencer pour satisfaire le citoyen moyen ?

     

    Le former pour qu’il ait accès à un emploi tout simplement ! Et pour quoi faire un emploi sinon pour trouver un logement, lequel abritera la famille qu’il veut fonder et nourrir. Si, ajouter à cela, il a la chance de se retrouver dans un cadre de vie acceptable et qu’en plus il peut construire avec ses voisins un vivre ensemble apaisé, le voila acquis à la cohésion sociale, au plan du même nom et à bien d’autres choses encore !

     

    Je suis sûr que dernièrement, ne serait ce que pour faire plaisir à des élus qui lui auraient procurés ces délices, hélas encore trop souvent inaccessibles, il aurait même voté pour la nouvelle constitution et aujourd’hui nos gouvernants de France et d’ailleurs ne se tordraient pas les mains de désespoir et d’incompréhension. Ils ne s’arracheraient pas les cheveux pour sortir de l’impasse dans laquelle ils se sont mis et angoisseraient moins pour leur réélection.

     

    Les dés sont-ils jetés ? N’ont-il  plus rien d’autre à faire que de se lamenter sur la mauvaise foi supposée du non à l’Europe, des anti-mondialistes et anti-libéraux ou autre empêcheurs de tourner en rond  et espérer que le Père Noël ou quelqu’un de sa famille vienne à leur secours ?

     

    Nous verrons bien ! En attendant, et pour ce qui nous concerne, il faudra bien continuer à vivre au quotidien nos difficultés habituelles et faire preuve de ce courage tout simple qui consiste à faire ce que l’on pense nécessaire pour aller au jour suivant, en espérant que ce jour sera meilleur.

     

    L’espérance, c’est bien ce qui commence pourtant à nous manquer et ce manque accompagne si bien nos désillusions et notre scepticisme, que nous ne supportons plus ces appels à la patience, à la solidarité. Nous ne supportons plus la baisse de notre pouvoir d’achat et l’angoisse de l’avenir.

     

    Il nous vient alors de ces fureurs qui naissent du plus profond de nos frustrations, de la  certitude que nous sommes les seuls à payer le prix de l’arrogance et du mépris de certains de ceux qui nous gouvernent et de ceux qui nous trompent, nous exploitent.

     

    Confronté aux nouveaux défis qui le dépasse, le citoyen entend que soit menée une politique qui se recentre sur ses besoins immédiats et que les moyens encore disponibles soient utilisées à son profit et non à quelque cause dont il  sait bien à présent  qu’il ne tirera aucun bénéfice à court ou moyen terme. Il se demande même si ses enfants auront quelque chance d’en bénéficier. Bref le citoyen attend à présent un retour sur investissement et non pas un nouvel appel à de nouveaux sacrifices, pour l’Europe, le Tiers monde, l’Immigration, les Pays de l’Est, la Chine, le Monde Arabo-Musulman, et j’en passe…

     

    Il n’attend pas l’essor d’un néolibéralisme prédateur, mais d’un plan économique et social qui soit sérieux, concerne ses besoins prioritaires et qui soit mis en œuvre sans être interrompu à chaque mouvement du monde politique et de ses énarques.

     

    Personnellement, et comme j’ai encore quelques illusions, j’ai trouvé que le plan de cohésion sociale allait bien dans ce sens, l’emploi, l’habitat, le lien social et l’égalité des chances. Ajoutée à cela, l’expérience d’une pratique dite réussie en ville de Valenciennes, de l’énergie et une volonté forte.

     

    Las, je crains fort qu’il nous faille déchanter et que comme pour les dispositifs précédents, les résistances au changement, les moyens difficiles à mobiliser, les blocages culturels et administratifs, les pouvoirs régionaux qui estiment être « court-circuités »,  ne laissent que peu de chance au véhicule et à son pilote pour pousser une machine qui a du mal à démarrer et à réaliser ses objectifs.

     

    Bref, non seulement le plan de cohésion sociale est loin d’être accepté, mais encore il souffre d’un déficit certain ayant trait au processus d’application sur le plan local et d’un effort d’information et de formation des acteurs de la politique de la ville, chargés de le mettre en œuvre.

     

    J’étais prêt à considérer que ce plan était une chance nouvelle au-delà de laquelle il ne resterait plus grand-chose à entreprendre pour réussir la « cohésion sociale », donner de l’emploi et un logement à ceux de nos concitoyens qui en sont dépourvu.

     

    Est il encore temps de changer le cours des choses ? Pourquoi pas si l’appel qui invitait « chaque acteur, préfet, élu, partenaire social, entreprise, à participer à la cohésion sociale de notre pays, et à se sentir porteur d’une véritable feuille de route pour l’action. » est sincère et s’il est entendu.

     

    Il faut conserver ou retrouver l’espérance et l’engagement de chacun, car de l’échec de la cohésion sociale, vient la violence des exclus et bien évidement la répression qui enclenche le cycle infernal qui, toujours, est chèrement payé par les révoltés que conduisent des leaders inconscients.

     

    Francis NERI

     

  • Intégration et interaction

    L'intégration et l’interaction sont possibles mais certains d’entres nous n’en veulent pas. Elles leur font peur.

    J'ai longtemps réfléchi à la notion d'intégration et d’interaction en politique, et à la politique tout court d'ailleurs. Réflexion sur nos attitudes et nos comportements influencés par la base physicochimique, biologique qui nous constitue et par la société qui nous transforme.

    Réflexion aiguisée depuis cette prise de conscience, que je suppose et espère  collective, de la collusion entre les trois sommets : rouge, noir et vert  du « triangle des Bermudes » dans lequel nous nous précipitons allègrement.

    Je pense que l'intégration et l’interaction ne sont pas en panne de politique. Les politiciens la veulent et  tous les partis traitent des problèmes - et des solutions - de l'économique, du social et de bien d’autres choses en vantant les mérites de la cohérence, de la mutualisation, de la possibilité de rassembler ses énergies et ses moyens autour de « projets communs ». Le dernier dispositif en date, le plan de cohésion sociale, fait suite aux contrats de ville, aux contrats  éducatifs locaux et autres contrats locaux de sécurité. Il invite, comme ses prédécesseurs, tous les partenaires sociaux et économiques « à travailler ensemble ».

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’accueil du dernier né par les administrations décentralisées, les collectivités locales et territoriales, et la « société civile », est pour le moins attentiste.

    Alors ! Encore une fois le projet est il insuffisamment bien accompagné ? Manque-t-il de courroies de transmissions ? N’est ce qu’un  effet d’annonce coûteux de plus, un pansement sur les plaies sociales à vif ou estimées telles ? Avons nous tout simplement les moyens de le mettre en œuvre ? Bref y croyons nous ?

    Peut être parce que nous pensons « assimilation » quand nous entendons le mot « intégration » et que chaque administration et autre institution, et bien évidemment chaque communauté, veut conserver à la fois son autonomie, sa culture et ses moyens. En cela d’ailleurs, la décentralisation, telle qu’elle est conduite, n’arrange pas les choses. Quant aux communautarismes revendicatifs et sectaires, ils nous conduisent inexorablement aux affrontements ethniques, culturels et cultuels.

    La solution : changer les pratiques !  

    Y a il  jamais eu de « parti » de l’intégration, de la cohésion sociale ou  de la réforme. Je  ne pense pas, mais chaque fois il y a eu des modes de pensées qui sont devenues des modes de vie, des pratiques. Ce sont ces modèles de société qui s'imposent, car la politique n'est pas réformiste ou intégrative,  elle est société ou si vous préférez le miroir de nos attitudes et de nos comportements. Ce qu'il faut, c'est repenser la société, c'est-à-dire repenser les rôles de chacun d'entre nous,  dans une pédagogie du projet qui débouche sur une finalité, des objectifs et des moyens.

    Faut il pour cela revenir à la planification que nous avons rangée aux oubliettes, peut être parce que nos plans se seraient révélés caduques ? Ou encore que nos prévisions nous aient effrayés comme celles par exemple du « Club de Rome » Ou enfin que nous ne savons plus que choisir comme mode dominant de distribution des richesses et modèles de la pensée : le socialisme (voire à nouveau le communisme), le libéralisme (voire à nouveau le nationalisme), l’islamisme (voire à nouveau le catholicisme) ?   

    Sans doute y a t il un peu de tout cela  et la sagesse devrait nous inciter a ne pas se cantonner à des disputes stériles pour savoir si on préfère un système à un autre, la droite ou la gauche, Durand ou Dupond et qui va imposer son idéologie au fer rouge chauffé à la bougie  des alter mondialistes ou des écologistes. C'est même carrément hors sujet et le bon peuple de France  ne cesse de nous le rappeler d’une élection à l’autre. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est planifier la distribution des richesses, gérer la démographie et l’immigration,  croire à un projet de société et se remettre au travail.

    En un mot, jouer le rôle d'intendant.  Ce serait déjà un net progrès, mais  il ne faut pas  perdre de vue que notre planète ne connaît pas les frontières. Certains systèmes  se sont éteints, parce qu’ils ne correspondaient plus aux besoins et aux attentes des peuples et qu’ils n'étaient pas internationaux. Le problème actuel de la France, en Europe et dans le Monde  se retrouve dans ces deux termes et, l’influence politique, sociale, économique et culturelle de la France s’éteindra si elle n’est pas intégrative à la fois  auprès des Français, des Européens et de tous ceux qui vivent d’autres lois, d’autres règles, d’autres cultures sous d’autres écosystèmes.

    Entendons nous bien, intégration ne signifie en rien que nous devrions renoncer aux « particularités » qui ont produit nos déterminismes biologiques, environnementaux, sociaux, écologiques, culturels, cultuels etc.

    Ces automatismes de pensées et de pratiques, il nous appartient de les remettre en cause si nous constatons qu’ils ne sont plus adaptés à notre environnement proche ou lointain. A moins de nous abandonner aux forces organisatrices du chaos, du hasard, de la nécessité ou d’un Dieu tout puissant, bref, d’un « régulateur » externe, nous devrons faire preuve de lucidité, de courage et de nous débarrasser de cet l'esprit de clan qui se protège contre les autres, que nous refusons, et qui nous empêche de planifier puis d'élaborer, nous handicape et nous conduit à l’abîme dans un splendide isolement. 

    Il faut donc, sur notre expérience partagée et celle des autres, inventer des nouvelles pratiques. Rechercher et  mutualiser celles qui ont fait leurs preuves. Mettre en commun les moyens que notre imagination créative peut rassembler.

    L'intégration  n'est pas en sommeil, c'est la société qui l'est, et la société, c'est nous. Ce n'est pas des modèles de consommation qu’il nous faut ou des vedettes du sport ou de la politique spectacle nous conduisant vers la victoire, mais des penseurs. Et non pas des penseurs qui nous disent ce qu'il faut penser, puis ce qu’il convient de faire, mais  qui nous apprennent à découvrir la pensée libre. Il faut que chacun de nous soit porteur du mode de vie qu’il a choisi et que même si le choix est limité, ceux qui nous sont proposés se doivent  d’être le plus large possible. Je crois en effet que les grands leaders politiques de notre époque ne peuvent plus engranger de courant de pensée, nous attendons qu’ils s’imprègnent  des notre. Et même si notre pensée est encore confuse, leur sensibilité, leurs capacités de synthèse et de stratégie  doivent servir à  réunir les acteurs sociaux,  capter les attentes et les besoins, amplifier le mouvement des idées et surtout les mettre en oeuvre.

    Pour une politique qui intègre les sensibilités.

    La politique est société. Mais quelle société voulons nous ? A nous de répondre, et autrement que dans des urnes qui ont démontrées leur insuffisance et dans un système « démocratique » qui n’en a plus que le nom et qui a perdu toute efficacité.

    Ce n’est pas non plus dans la rue et ses affrontements que nous trouverons les réponses, car c’est toujours les  peuples en révolte qui paient chèrement l’irresponsabilité de leurs leaders charismatiques.

    Il faut simplement que nous soyons nombreux, très nombreux, à penser, à proposer et à se manifester afin que nos représentants, qui décident en notre nom après nous avoir  consulté, se gardent de méconnaître nos idées qu’ils ont accepté de porter et redoutent notre réactivité.

    La société n’est pas que la simple somme des individualités, c’est une somme plus autre chose. C’est ce quelque chose d’autre qui nous fait avancer et pour avancer, chacun d’entre nous devrait se « motiver » ainsi : «  J’essaie de faire correspondre ma vie avec les autres à l’idée que je me fais d’un chef d’œuvre, et ce n’est pas une mince affaire alors commençons tout de suite. »

    Francis NERI