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Le systémicien - Page 475

  • Le changement : Interaction et intégration

    Formation des acteurs :
    Si la psychologie est la science des conduites, on doit tenir compte que celles-ci sont influencées par le substrat « biologique » du sujet et par la société dans laquelle il vit.
    L’éducation, la formation et la socialisation des individus peut relever d’une pratique plurielle qui soit intégrée et globale, pensée autour de facteurs organisateurs d’origine physique, biologique, psychologique et sociale.
    Le cerveau « triunique »
    Depuis des millions d’années, le cerveau humain s’est développé en se modelant selon l’expérience de tous les humains qui ont eu à réagir avec leur environnement.
    Pour Mac Lean, trois cerveaux distincts, apparus successivement au cours de l’évolution, cohabitent en nous. Ils ne fonctionnent pas de manière indépendante et ont tissé de nombreuses interactions par lesquelles ils peuvent s’influencer mutuellement.
    Un cerveau « reptilien », le plus ancien, que nous désignerons par : Pole instinctif.
    Le cortex : apparu après les premiers mammifères : Pôle émotionnel.
    Le néocortex : qui culmine chez l’humain : Pôle mental
    Les scientifiques des neurosciences cognitives ou comportementalistes pensent aujourd’hui que notre cerveau « tri unique » est doté de la capacité d’analyser avec subtilité des informations, des stimuli, d’une palette d’émotions, compassion, amour, colère, tristesse, désespoir qui peuvent se combiner au même titre que les trois couleurs fondamentales de la vision.D’émettre des réponses, de poser des actions.
    Ces émotions interagissent avec le corps non seulement par les influx nerveux, mais aussi au moyen d’une subtile chimie qui nous procure des sensations physiquement ressenties.
    Nos émotions font donc partie de nos mécanismes cérébraux et sont susceptibles de nous émouvoir au plus profond de notre inconscient ainsi que de notre affectivité et de déclencher tous types de comportements. C’est que toute cette mécanique répond à un programme : « vivre et survivre ».
    Dés lors, il est possible d’illustrer le fonctionnement de la personnalité humaine à partir de ces bases et d’identifier les schémas répétitifs et les motivations inconscientes qui ont abouti à leur mise en place.
    Mais le savoir n’est utile que s’il transforme. Il nous faut donc trouver une voie d’évolution personnalisée dont les indications fournies permettront de  mettre fin aux perturbations dues aux  automatismes douloureux qui entravent notre personnalité et compliquent notre existence, ainsi que   celle des autres.
    Chaque chemin est bien évidement différent pour chacun de nous. Toutefois, l’objectif reste le même. Il  consiste à libérer l’ensemble de nos potentialités qui constituent notre essence, notre Moi profond et véritable. Cela,  selon un processus de progression qui respecte le fonctionnement, la combinaison des trois pôles de notre cerveau et  de ses interactions avec son environnement.
    Devenir libre, efficace, complet et authentiquement humain est-il à la portée de tous ?  Ne faut-il pas tenir compte à la fois de nos limitations et des forces disponibles en nous même et chez les autres ?
    Nous devrions pouvoir répondre affirmativement à ces questions, à partir du moment où nous acceptons et intégrons l’idée que chaque être humain est unique, différent et à la fois semblable aux autres.
    En conséquence,  la réponse sociétale à sa demande exprimée ou non d’intégration sociale doit être la plus individualisée possible car il est  le résultat d’un programme génétique unique et d’une histoire de vie originale que son environnement a inscrit en lui. Bref, il est « déterminé » à la fois sur le plan de la physique, de la biologie, de la sociologie.
    Cette réponse « individualisée » est possible si l’on tient compte d’une « typologie » des comportements que nous consentons à utiliser, pour l’éducation et la régulation des conduites, selon un code éthique spécifique aux  cultures qui participent de la construction de notre personnalité.
    Si nous situons ces trois  axes de compréhension du fonctionnement des individus et des groupes dans le cadre de l’intégration, cela nous amène à une attitude de respect de l’autre, de sa complexité et de son droit à la différence.
    Dés lors, nous pouvons considérer que la combinaison de ces  dimensions de la compréhension des comportements humains en situation sociale peut nous aider à déchiffrer nos comportements individuels et sociaux. A partir de là il est possible  de décrire, grâce par exemple à une analyse factorielle, relationnelle ou systémique, une typologie de ces comportements qui nous permettrait de remédier à ceux qui nous paraissent dangereux pour notre équilibre et celui de notre environnement.
    La démarche peut se résumer ainsi :

    1. Mise en commun des connaissances et compétences d’ordre biologique, psychologique et sociologiques. Ceci pour les principales, ce qui n’exclut pas l’anthropologie, l’éthologie, la cybernétique, la systémique etc.
    1. Elaboration d’une typologie de personnalité basée sur un modèle de fonctionnement de la personnalité humaine compatible avec les connaissances actuelles de la structure neurologique du cerveau, de la psychologie biologique et clinique, de la sociologie cybernétique et systémique.
    1. Mettre en œuvre cette « Nouvelle grille » comme voie d’évolution personnalisée pour tous ceux qui sont intéressés par la connaissance de soi et des autres, par la communication et la relation entre les êtres, pour soi ou pour aider et agir avec les autres, dans un cadre de droit et de devoir.

    L’approche holistique
    L’approche holistique est un outil éducatif et clinique, de développement personnel et professionnel (communication, animation, conduite de projets etc.)  Il peut servir à faire le point sur ce qui vaut pour soi et pour nos interactions avec l’autre.Il participe de l’évolution sociétale. L’approche holistique est un assemblage d’éléments qui définit chaque individu dans ce qu’il a de singulier, de complexe et de global. Elle considère la personne humaine dans sa totalité (holos en Grec) Totalité d’un corps (biologique) d’un esprit (psychologique) d’une conscience (social) Dans un contexte (individu, groupe, société) et un environnement (écologie) La carte ainsi élaborée se recompose sans cesse, et à l’aide des expériences quotidiennes et nouvelles, des convictions, des valeurs, des émotions qui nous conduisent. En prenant conscience de ces mouvements et transformations, on recherche les éléments essentiels qui relient les uns aux autres les différents aspects de notre personnalité (analyse relationnelle et factorielle).
    Cette typologie une fois effectuée, est mise en relation avec les éléments qui composent notre « niche écologique » et qui interagissent avec nous.
    Cette méthode utilise comme outils :

    • La recherche des typologies de personnalités par l’analyse relationnelle, factorielle, systémique.
    • Les pédagogies comportementales et cognitives par des jeux de rôle et simulations
    • Les interactions biopsychosociales par l’analyse des pratiques
    • La clinique éducative et sociale par l’histoire de vie et la résilience
    • La communication fractale appliquée à la conduite de projets (organisation fractale)

    L’objectif est de parvenir à l’intégration des trois pôles : Instinctif, Emotionnel et Mental.
    L’intégration doit commencer par la mobilisation du pôle mental pour élaborer le « Projet d’évolution » par l’acquisition des informations nécessaires. La décision consciente est prise par l’acteur de mettre en œuvre ce savoir.
    Il faut alors mettre en service le pôle émotionnel afin de susciter intérêt et désir.
    Une vérification s’impose quant à la réalisation du projet et, c’est le pôle instinctif qui, en toute sécurité, met son énergie dans l’action.
    Cette méthodologie est applicable aussi bien pour un individu que pour un groupe aux pôles complémentaires ou rendus tels.  
     
    Le cursus s’appuie sur des valeurs, processus et contraintes sociétales :
    Altruisme.  Civisme.  Citoyenneté. Complexité. Maîtrise. Autorégulation. Autosélection. Auto organisation.
    Une approche des systèmes sociaux  intégrant les sciences physiques, biologiques et sociales.
    Et sur une série de modules organisés sous forme fractale, c'est-à-dire  que chaque module représente la totalité du cursus sans éviter les redondances qui sont abordées sous des angles différends.
    Mots clés :
    Cerveau reptilien : Pôle instinctif. (Tronc cérébral et cervelet.)
    Cortex : Pôle émotionnel. Limbique (hippocampe, amygdale et hypothalamus)
    Néocortex : Pôle mental. (Hémisphères cérébraux)
    Communication et voies nerveuses : Processus avec unités d’analyse : émetteur, canal, récepteur
    Comportements : Ensemble des activités observables, mesurables ou constatables du vivant
    Instinct : Modes de comportement complexes, innés et permanents.
    Neurosciences : Ensemble de recherches interdisciplinaires sur le système nerveux central.
    Pulsion : Composante dynamique et énergisante des conduites subordonnées à un but.
    Stimuli : Stimulations qui déterminent la base de nos jugements perceptifs (niveau d’adaptation)
    Anthropologie : Terme général et générique désignant la science de l’homme.
    Cybernétique : Fait appel à la théorie de l’information, des processus de régulation et de leur imitation.
    Ethnologie : Etude descriptive et comparative des différents peuples et de leurs cultures.
    Ethologie : Etude sur les comportements de nature comparative et des conditions de déclenchement.
    Psychologie : Contrepoids au potentiel destructeur présent chez l’homme.
    Sociologie : Développement et  principes de l’organisation sociale. Systématique des types et formes.
    Systémique : Systèmes et parties en dépendance ou/et en rapports réciproques, organisées, ordonnées.
    Société : Communauté d’être vivants et système de référence pour le comportement individuel.
    Social : Relations, rapports interactifs. Sortes, formes de modifications de l’opinion et comportements.
    Individu : Idéal du Moi
    Groupe : Ensemble structuré de personnes interdépendantes reliées par un système de communication. 
    Vivre et survivre : Vivre au-delà de soi,  composante essentielle de l’altruisme.
    Altruisme : Désintéressement et disposition à aider autrui.
    Résilience : Unit les idées d’élasticité, de ressort, de ressources et de bonne humeur.
    Déterminisme : Tout phénomène résulte nécessairement des conditions préalablement données.
    Niche environnementale : A la fois productrice d’agressivité et qui assouvit les besoins fondamentaux.
    Holistique : Totalité. Du simple au complexe.  Du général au particulier. Du nouveau sur l’ancien
    Capacités d’apprentissage : Transformations du comportement en réaction aux stimuli, signaux etc.
    Constitution d’une culture : Aspects intellectuels de la civilisation à l’intérieur d’une population.
    Boucles de rétroaction : Feed-back qui modifie l’action du facteur sur l’effecteur physiologique.
    Sources :
    Paul Mac Lean et son cerveau « Tri unique »
    Henri Laborit et la « Nouvelle grille »
    Alfred Korzybsky et la « Sémantique générale »
    Joël de Rosnay et la Systémique
    Carl Gustave Jung et sa « Typologie en huit types »
    Lorentz, De Tinbergen et « Ethologie : Les fondements des comportements innés »
    Francis Galton : « L’analyse factorielle »
    Georges Gurdjieff : « L’ennéagramme »
    Francis NERI : « L’analyse intégrative »
    Francis NERI Consultant
    19 décembre 2005  

  • Faut-il respecter la différence ?

    La différence flagrante que l’on observe entre l’adolescent à risque et la majorité des jeunes qui s’adaptent plutôt bien aux contraintes et problématiques sociétales résulte t-il de leur statut et de leur rôle au sein de notre monde d’adultes ?

    Alors que les premiers évoluent le plus souvent au sein de cités, que les bonnes âmes pétries de bonnes intentions et de certitudes psychanalytiques bien arrêtées qualifient d’infernales ; qu’ils sont, toujours selon les mêmes, les victimes d’exclusion, de racisme, des conditions épouvantables que leur font la mondialisation libérale, les médias, la société de consommation, la police, les CRS, l’école, les riches des beaux quartiers, les « blancs » et plus généralement l’Institution, les seconds sont supposés bénéficier tout naturellement de la complaisance que leur procure leur position sociale ou celle de leurs parents. Ils n’ont donc que peu d’intérêt, l’adaptation sociale n’a pas d’histoire !

    Certes, la vie de nos jeunes des banlieues n’est pas rose, ils sont pour la plupart issus d’une immigration qui revendique de plus en plus sa différence et supporte de moins en moins les frustrations générées par les adaptations comportementales nécessaire à une bonne intégration, dans  un pays qui lui, revendique de plus en plus, et enfin, ses appartenances, sa culture et ses origines.

    La charge émotionnelle pèse de plus en plus fort entre ces communautés que plus rien ne semble vouloir rapprocher. Tout incident risque à présent de dégénérer en crise ouverte et en affrontements intercommunautaires.

    En effet, dans une  société où les plus jeunes ne sont plus des héritiers, car les adultes s’exonèrent de leurs devoirs de transmission de valeurs, de savoirs, de connaissance et de compétences, dans une société où des trois pôles de l’éducation que sont la famille, l’école et le social, il ne reste que la rue qui, le plus souvent, ne propose plus que des contre cultures et rejette les pôles traditionnels qui s’effondrent sans résistance aucune.

    Faut-il, et comment, combler les attentes conscientes et inconscientes de ces populations à risques, jeunes et moins jeunes  qui n’ont trop souvent qu’une lointaine perception de ce qui pourrait ressembler à la recherche d’un emploi et d’un logement, de fonder une famille et d’envisager un vivre ensemble apaisé ?

    Si l’on en croit la plupart de nos éminents psychiatres et autres psychanalystes, il n’y a que l’approche clinique, c'est-à-dire les soins du psychisme, avec éventuellement une forte dose de pharmacologie, qui puisse résoudre les malaises sociaux. Oser parler de vouloir intervenir sur les comportements antisociaux et vouloir les réguler vous met instantanément au ban de la « bien-pensance »  et soulève immédiatement l’indignation de ce monde savant qui met en scène la clinique éducative et sociale.

    Point n’est besoin pourtant d’être grand clerc pour constater que depuis une trentaine d’années cette approche est un échec dans le contexte général d’absence totale de « culture sociale commune ».

    La théorie psychanalytique contrarie le plus souvent le projet social et éducatif et, le drame, c’est que les éducateurs eux-mêmes, cherchant des réponses à leur angoisses, acceptent comme argent comptant cette incitation à l’impuissance de l’agir. Celle-ci  débouche alors sur une inefficacité que les pouvoirs publics ne sont plus en mesure d’accepter, compte tenu des coûts considérables qu’elle génère.

    L’humain disparaît progressivement dans les discours savants de la psychanalyse qui n’a qu’incompréhension devant les conditions matérielles de la pratique sociale et les conditions subjectives d’engagement des acteurs.

    Enfin, si l’on parle beaucoup d’une approche psychanalytique des malaises sociaux, les immenses progrès des sciences cognitives (neurosciences) qui ont trait à notre cerveau en tant qu’ensemble biologique déterminant également nos comportements, sont rejetés par la plupart de ces doctes savants. Un exemple récent en fait foi.  A Strasbourg lors du Congrès Européen Sciences de l’Homme et Sociétés, en aucun moment il n’a été question des déterminismes biologiques qui interviennent dans le comportement des individus en situation sociale. Je n’y ai d’ailleurs trouvé aucun des ouvrages qui y font généralement référence.

    Les intervenants sociaux, en recherche d'enrichissement de leur pratique, peuvent partir sereins, la psychanalyse est bien la seule voie possible pour prévenir et remédier aux troubles sociaux actuels, il est vrai qu’au delà il reste la bonne vielle répression, les CRS et les matraques, cela même que nos intellectuels bien pensants reprochent à l’Institution.

    Allez parler du respect de la différence après çà ! Du courage, chers éducateurs !     

    Francis NERI

    18 décembre 2005      

  • Prévenir les comportements à risque

    Il serait vain de se leurrer plus longtemps. Le véritable problème posé par les comportements à risque, en particulier ayant trait aux adolescents, est celui de l’appartenance culturelle.  Il faut bien constater, en effet, que « nos jeunes » n’appartiennent plus à personne et  encore moins à eux même.

    Traditionnellement, l’appartenance  a trois pôles :

    • la famille, qui alimente les vecteurs biologiques, de mémoire, et qui donne du sens au quotidien,
    • les circuits de socialisation et les structures institutionnelles.
    • l’école qui enseigne et éduque

    Les trois circuits, familial, social et scolaire interagissent, et c’est cette  interaction qui structure un individu.
    Quand un enfant est privé de ces structures de socialisation ou est conditionné par des structures culturelles en opposition à celles de son environnement, il se retrouve rapidement hors société, privé de ces tuteurs qui devraient étayer son sentiment d’appartenance. C’est alors qu ‘il se trouve en marge des circuits de socialisation et se re-trouve souvent rejeté par les institutions qui ne le reconnaissent pas comme l’un des leurs. Le hasard de ces individus sans appartenance les livre le plus souvent à la merci de « gourous » spirituels ou idéologiques qui donnent un sens de substitution et de pacotille à leur existence.
    Quant on ne sait pas d’où l’on vient et où l’on va, il est impossible de s’inscrire, sans de grandes souffrances et difficultés pour les autres et pour soi même, dans un circuit d’appartenance.
    Les contre-sens culturels . C’est particulièrement vrai pour nos enfants issus d’une culture « rapportée », en particulier maghrébine, qui n’ont souvent pas d’autres choix que l’appartenance groupale qu’ils ont sous la main et qui est faite de fragilité émotionnelle, de troubles relationnels, de délinquance, de contre-sens culturels conduisant à la marginalisation, à l’exclusion, aux intégrismes, et à la révolte. Celle-ci sera bien évidemment réprimée de plus en plus vigoureusement par l’Institution qui n’exprime pas les mêmes valeurs culturelles.
    Les contraintes sociétales. La société a toujours généré un nombre restreint d’individus atypiques, souvent parfaitement intégrés, après avoir passé et dépassé une crise adolescente, même prolongée. Certains se sont  révélés être des découvreurs de singularités sources d’évolutions sociales décisives. Il suffit de penser à J.J. Rousseau et son œuvre : « le Contrat Social » pour s’en convaincre.
    Le problème que nous vivons actuellement est la conséquence de la rencontre de trois facteurs endogènes.

    • Le premier réside dans l’absence d’acculturation des populations immigrées souvent dans l’impossibilité de transmettre à leurs enfants autre chose que leur culture d’origine. Ces derniers, dans leur grande majorité, s’empressent  de la remettre en cause afin de s’adapter autant que possible, consciemment ou non, à la culture du pays d’accueil.
    • Le second tient dans le renoncement du pays d’accueil à promouvoir les valeurs et la culture qui  ont structurés les générations précédentes, faisant peu de cas de son héritage culturel, social, spirituel etc.
    • Le dernier, enfin, se situe au niveau de l’incroyable et persistant sentiment de culpabilité des pays occidentaux, en particulier en Europe, et qui tient essentiellement à leur passé colonial, leur réussite économique et leur dominance culturelle.

    Le choc des cultures. Les points de friction se situent essentiellement sur les concepts de démocratie, de laïcité, de spiritualité, d’humanisme, de liberté individuelle et de libéralisme. Le brouillard dans lequel nous avançons  nous cache encore, mais pour combien de temps, les effroyables lignes de fractures culturelles que nous connaissons et nous ne comprenons pas encore combien elles sont mortelles.  Les fractures économiques ne sont rien à côté d’elles, car l’économie n’est rien d’autre qu’une conséquence, la conséquence d’un projet de société. Pour qu’un projet intégrant l’économique, le social et le culturel émerge, il nous faut un consensus social qui est bien loin d’être acquis, car le « Contrat Social » actuel est devenu insuffisant et doit être complété par deux volets supplémentaires, le contrat économique et surtout le plus urgent, le contrat culturel.

    Le fameux choc des civilisations ne serait-il finalement qu’une violente mise en cohérence culturelle faite de valeurs à ajuster, à rendre universelles ?

    De nos jours, il semble encore difficile de rapprocher contrat et culture, cela tient en particulier aux tensions entre les différentes religions qui tentent bien, mais sans grand succès, d’élaborer des projets œcuméniques. Il est donc difficile de concilier particularité et universalisme.
    La dimension européenne. C’est pourtant le défi impossible auquel il faut à présent s’atteler, sinon nous verrons échouer systématiquement nos projets politiques, et en particulier le projet européen.
    La culture est en perpétuel changement. Cela suppose, dans un objectif de cohérence et de stabilité, de donner tout son sens à la laïcité, au droit d’être égaux et différents, c’est-à-dire de reconnaître que la loi, les coutumes et les croyances sont séparées, mais aussi que l’économie libérale ne peut être libérée du lien social sans lequel elle deviendrait vite impossible.
    Nous voyons, à présent, comment à partir d’une problématique « comportements à risque » nous parvenons très vite à traiter à la fois du général et du  particulier, du simple et du complexe.
    C’est à cela que nous devons nous habituer et y sensibiliser nos concitoyens. Socialement, rien n’est simple, rien ne relève de l’individuel, mais l’individuel est essentiel au collectif.
    Enfin, nous dirons que, comme Candide à Waterloo, nous vivons en direct une des plus grande fracture culturelle de notre histoire. La nouveauté, c’est que notre conscience occidentale, et européenne en particulier, se refuse désormais à la réduire par la violence, ce qui fait, bien entendu, l’affaire de ses ennemis qui n’obéissent pas à ces freins éthiques.
    Un vaste chantier nous attend, car si nous refusons d’employer la violence pour promouvoir et défendre nos valeurs et notre culture, il ne nous reste que le chemin de l’éducation,  de la socialisation et  celui de la remédiation pour les irréductibles.
    Sans plus tarder, il nous faut développer et mettre en œuvre massivement des formations aux pratiques sociales et comportementales dirigées en priorité vers nos enfants et leur famille, après avoir sensibilisé, et formé nos éducateurs et nos formateurs à la nécessité de promouvoir sans faiblesse les valeurs universelles dans lesquelles notre groupe social d ‘appartenance se reconnaît.

    Francis NERI
    3 septembre 2004