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20/06/2016

Béziers triste révélateur ou marchepied vers l’union ?

Est-ce que c’est quand tout est dit que les non-dits disparaissent pour de bon ? Ces non-dits qui minent l’union des vraies droites en propulsant au premier plan les ego et les chapelles d’intérêts où officient toujours les grands prêtres de la différence pour la différence. Et ce, alors que la grand-messe des idées nationales aurait dû inviter à la même table de communion ces fidèles que tout aurait dû rassembler mais que les petites et sottes querelles de clochers séparent…

J’hésite toujours entre la rage, car rien ne vaut parfois une saine colère, la frustration devant l’ouvrage inachevé et l’espoir que la grande cause nationale l’emporte dans un deuxième temps sur les guéguerres de clans. Leurs chefs ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, même si certains l’ont aussi long que celui de Cyrano.

Fallait-il organiser ces Journées de Béziers ? Oui, puisque celles-ci auront non seulement servi à révéler les canaux de désaccords mais aussi (et surtout) à faire naître le désir sincère de travailler sur ces questions qui fâchent pour éviter que ces canaux se transforment en fossés. Non si, pour la énième fois, les ego surdimensionnés des présents mais surtout des absents ont accentué ce côté « Tout homme est une guerre civile » (Jean Lartéguy) qui fait que le Français vote toujours contre et rarement pour…

On me répondra que Béziers n’était ni un meeting préélectoral ni une réunion d’adoubement du Front national. Mais si on a un tant soit peu les yeux en face des trous, il est évident que cette seule société civile n’aura ni la force pour certains, ni le désir pour d’autres, de catalyser les esprits « dissidents » pour les canaliser vers le seul parti structuré capable de gagner en 2017. Alors ? Faisons comprendre une fois pour toutes aux Dupont-Aignan, Villiers, Zemmour, Camus, Tillinac (ces trois derniers étant des politiciens qui s’ignorent), pour lesquels nous avons le plus grand respect, que sans eux rien ne sera possible certes, mais que la victoire sera d’autant plus belle en 2017 s’ils réussissent, en travaillant sincèrement sur ce qui peut les unir au FN, à mettre leurs petites personnes de côté pour voir plus grand.

Disons-leur aussi qu’à vouloir cultiver leurs « courants », ceux-ci les conduiront finalement à la fin de leurs vies sans avoir rien achevé si ce n’est leurs différences qui mèneront la cause nationale au tombeau et le pays au désastre. Faisons enfin comprendre à Marine Le Pen qu’elle n’a pas le monopole de la vérité. À défaut de tout cela, nous serons obligés, querelles permanentes à l’appui et à l’image de Vercingetorix, de déposer nos armes aux pieds de personnes autrement plus dangereuses que Jules César.

Dans le cas contraire, qu’on se taise et qu’on se pince le nez pour ingurgiter encore un quinquennat socialiste ou juppéiste qui sont, pour moi, la même chose. Le seul marchepied qui vaille, c’est celui qui conduit à la victoire finale. Le reste n’est que bla-bla…

Jean-Pierre Lenoir

Marchand de vins et écrivain
20 06 16