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Le systémicien

  • La reproduction des élites

    Jeffrey Epstein, la reproduction des élites et vers l’euthanasie

    30 mars 2026 Jean Saunier ESPRITS LIBRES 1

    Jeffrey Epstein, trafiquant sexuel au sommet de la pyramide de la prédation, était fasciné par ces idées : la reproduction des élites, et l’amélioration génétique de l’espèce humaine. Il eut de nombreuses conversations avec des scientifiques, des investisseurs, des universitaires, des financiers. Il évoquait la reproduction sélective, la transmission génétique de l’intelligence, la création de lignées humaines supérieures.

     Il parlait du projet de féconder des dizaines de femmes pour créer une nouvelle génération d’humains supérieurs. Ce projet devait se dérouler dans un lieu isolé du désert américain : Zorro Ranch. Un ranch immense, coupé du monde, où le fantasme eugéniste pouvait se dérouler loin des regards. C’était un délire sexuel et une vision du monde.

    Epstein voulait transformer son ranch du Nouveau-Mexique en centre de reproduction : inséminer plusieurs femmes avec son sperme afin de produire une nouvelle génération génétiquement supérieure. Il parlait d’eugénisme privé financé par des milliardaires.

    L’eugénisme est né dans les salons éclairés de l’élite occidentale. Au début du XXe siècle, universitaires et philanthropes expliquaient qu’il fallait sélectionner les meilleurs, limiter les faibles, améliorer l’espèce humaine. Les États-Unis furent un laboratoire : plus de 60 000 stérilisations forcées au nom de l’eugénisme. Des institutions prestigieuses y ont participé.

    Après la Seconde Guerre mondiale et les crimes nazis, ce courant a été discrédité. L’eugénisme fut officiellement enterré. Mais les idées ne meurent jamais, elles changent simplement de langage.

    Aujourd’hui, au XXIe siècle, plus personne ne parle de purification raciale, d’euthanasie. On parle de génétique, d’optimisation cognitive, d’amélioration biologique, de transhumanisme. Les mots ont changé, le rêve est resté : créer une humanité améliorée. L’eugénisme réapparaît sous trois formes : la génétique, avec séquençage ADN, édition génétique, CRISPR (Courtes répétitions palindromiques groupées et régulièrement espacées), système qui permet de corriger ou modifier l’expression de gènes responsables de maladies héréditaires, la reproduction assistée, avec sélection embryonnaire, banques de sperme d’élite, tri génétique, le transhumanisme, avec l’augmentation cognitive, la biotechnologie humaine, la fusion homme-machine.

    Epstein évoluait dans cet environnement intellectuel. Epstein a passé des années à courtiser la science, universités prestigieuses : Harvard University, Massachusetts Institute of Technology, laboratoires de pointe, conférences privées.

    Il finançait des chercheurs. Il organisait des dîners. Il invitait physiciens, biologistes, mathématiciens. Il parlait avec eux d’un futur où l’intelligence humaine pourrait être sélectionnée comme un trait génétique.

    Epstein se présentait comme un mécène de la science, un promoteur de la recherche, un visionnaire technologique. Son mécénat se concentrait sur la cognition, la génétique, l’intelligence humaine, autrement dit sur la hiérarchie biologique des capacités humaines.

    Depuis toujours, les aristocraties ont cherché à se reproduire entre elles. Les mariages dynastiques voulaient préserver le sang. L’eugénisme technologique est la version moderne de ce fantasme aristocratique. Les milliardaires veulent transmettre leur fortune, et leur génie supposé.

    Les élites technologiques contemporaines se passionnent pour la longévité extrême, l’augmentation cognitive, l’amélioration génétique.

    Le rêve n’est plus seulement la richesse, c’est l’amélioration biologique de l’élite elle-même, en vue d’arriver à une aristocratie génétique.

    Le XXIe siècle voit émerger l’alliance de l’argent illimité et de la biotechnologie. Les ultra-riches financent les laboratoires génétiques, les start-up de longévité, la recherche sur l’intelligence.

    Le rêve n’est plus seulement de vivre riche, c’est de vivre plus longtemps, plus intelligent, plus beau, plus puissant, en vue d’arriver à une aristocratie biologique.

    Epstein voulait être au centre de ce système. Un homme accusé d’avoir exploité des mineures rêvait de créer une humanité supérieure. Un prédateur moral voulait améliorer l’espèce. Un homme qui détruisait des vies prétendait sélectionner les meilleures. Un homme accusé d’abus sexuels sur mineures discutait avec des scientifiques de l’amélioration de l’espèce humaine, de la transmission génétique du génie, de la création d’une nouvelle élite biologique. Un prédateur moral rêvait d’une humanité améliorée.

    Epstein n’était pas un scientifique. Il était un courtier de réseaux. Son rôle consistait à connecter de l’argent, de la science, du pouvoir. Ce qui l’intéressait, c’était l’accès aux scientifiques qui pourraient un jour réaliser ce rêve eugéniste.

    Le véritable danger est l’idée qui circulait et qui circule encore dans ces salons. L’idée que la technologie permettra bientôt de sélectionner les humains, de choisir les embryons, les capacités cognitives, les traits génétiques, et d’éliminer les inutiles.

    L’affaire Epstein est un scandale criminel. Mais c’est aussi une fenêtre sur un futur possible. Un futur où la génétique devient un instrument de pouvoir. Un futur où les milliardaires décident de ce que doit être l’homme. Un futur où la vieille tentation eugéniste revient sous un masque technologique.

    L’eugénisme n’a pas disparu. Il s’est déplacé du domaine politique vers le domaine technologique. Qui contrôle la génétique humaine ? Qui décide de ce qu’est une vie supérieure ? Les milliardaires doivent-ils influencer l’évolution biologique ?

    Le rêve de domination biologique réapparaît sous des formes nouvelles : biotechnologie, transhumanisme, sélection génétique, euthanasie.

    Epstein était le symptôme le plus obscène de ce mouvement. Car l’eugénisme commence toujours par une promesse : améliorer l’humanité. Il finit toujours par une tentation : sélectionner et éliminer les humains.

    Alors, on revient au Meilleur des mondes. En 1932, Aldous Huxley publie un roman visionnaire : Le Meilleur des mondes. Le livre décrit une société où les humains ne naissent plus. Ils sont fabriqués. Les embryons sont sélectionnés, conditionnés, hiérarchisés. La société repose sur une ingénierie biologique. Puis la science-fiction devient réalité. La génétique rend certaines idées techniquement envisageables et possibles.

    Aldous Huxley n’écrivait pas dans le vide. Il faisait partie d’un cercle intellectuel, le groupe des réformateurs britanniques liés à la Fabian Society. Fondée en 1884, la Fabian Society regroupait des intellectuels influents, parmi eux George Bernard Shaw (1856-1950), Sidney Webb (1859-1947), Beatrice Webb (1858-1943).

    Plusieurs membres du mouvement ont adhéré aux idées eugénistes qui circulaient dans les milieux progressistes de l’époque. Pour beaucoup de réformateurs sociaux du début du XXe siècle, l’eugénisme était un outil rationnel d’amélioration sociale.

    Julian Huxley, frère d’Aldous, recommande d’agir sur la sexualité (en la stérilisant), et sur la procréation (en la sélectionnant). Pour lui, « toutes sortes de possibilités pourraient émerger » si la société adoptait le système recommandé par Hermann Müller consistant à « séparer les deux fonctions de la sexualité et de la reproduction » et d’utiliser pour la procréation les gamètes de « quelques mâles hautement doués ». Cette séparation améliorerait la race humaine, et rendrait les relations sociales plus altruistes, car moins marquées par la concurrence sexuelle.

    Hermann Müller, prix Nobel en 1946, fut le premier à proposer la création d’une banque de sperme dans le but de collecter et de diffuser les semences d’hommes supérieurs. Il proposa à Staline en 1936 d’y contribuer et de l’employer pour régénérer la population de l’URSS.

    Le lien explicite entre eugénisme et révolution sexuelle apparaît encore dans la fondation en 1928 de « La Ligue mondiale pour la réforme sexuelle » qui milite à la fois pour la contraception, l’eugénisme, et l’acceptation « des personnes sexuellement anormales ». Margaret Sanger et Julian Huxley figurent parmi ses membres et soutiens. Ces personnes s’engagent dans des mouvements œuvrant à la légalisation de l’euthanasie. Ils sont issus des rangs des sociétés eugénistes. Ils sont mus par la même volonté de dominer la vie.

    Julian Huxley, John Burdon Sanderson Haldane et Hermann Müller ont consigné en 1939 un « manifeste des généticiens » recommandant aux gouvernements d’adopter « une sorte d’encadrement conscient de la sélection » pour rendre possible une amélioration génétique des générations futures.

    Julian Huxley présida à la fondation de l’Union internationale humaniste et éthique. Il a donné un nom à cette vision prométhéenne de l’humanité : le transhumanisme, et l’a déclarée « religion de l’avenir ».

    Les élites occidentales partageaient cette obsession : si on peut améliorer la société par la politique, pourquoi ne pas l’améliorer aussi par la biologie ?

    Universitaires, philanthropes et scientifiques pensaient pouvoir améliorer l’intelligence collective, réduire les maladies, optimiser la population… et aussi éliminer les faibles et les handicapés par l’euthanasie, contingenter la population mondiale.

    Après 1945, les crimes nazis ont discrédité l’eugénisme d’Etat. Au XXIe siècle, l’idée réapparaît dans un nouveau cadre : génétique, reproduction assistée, sélection embryonnaire, transhumanisme. Des acteurs privés extrêmement riches et puissants portent le projet. Nous sommes passés de l’eugénisme d’État à l’eugénisme privé. Et les dirigeants politiques suivent le mouvement. Mais ils cachent soigneusement les termes eugénisme et euthanasie.

    Dans certains cercles technologiques, on discute d’augmentation cognitive, d’amélioration génétique, de sélection des traits humains, d’euthanasie. La frontière entre médecine et optimisation biologique devient floue.

    Jeffrey Epstein était fasciné par ces idées. Il évoquait régulièrement le projet d’engendrer une nouvelle génération d’humains supérieurs. L’idée rappelle certaines dystopies imaginées par Aldous Huxley. Dystopies imaginées ou conformes au rêve des intellectuels de l’époque ?

    Dans Le Meilleur des mondes, la société produit des humains standardisés. Dans le fantasme d’Epstein, l’élite produirait ses propres héritiers génétiques.

    Dans Le Meilleur des mondes, la société accepte volontairement la sélection biologique, la normalisation humaine, l’optimisation génétique. Cette société douce, technologique, rationnelle fabrique ses propres castes.

    Au XXIe siècle, la société dépeinte par Aldous Huxley se met en place. Un eugénisme technologique et volontaire se substitue à l’eugénisme brutal de la première moitié du XXe siècle.

    Les transhumanistes et autres progressistes rêvent d’une nouvelle civilisation. L’homme cesserait d’être une naissance imprévisible, et deviendrait un produit biologique optimisé. Les faibles, les simples d’esprit, les handicapés, les vieux seraient euthanasiés. L’euthanasie systématique des inutiles contribuerait à la réduction de la population.

    La caste occulte et satanique au pouvoir, dominée par les milliardaires, finance ce projet. Les élites intellectuelles, politiques, scientifiques, médiatiques accompagnent ce projet eugéniste.

    Ils nient l’homme comme produit de la nature. Ils pensent que l’homme est un produit de la culture, de l’environnement social, façonné par l’éducation, déterminé par les structures sociales. Alors, Ils veulent corriger la nature, remodeler l’homme, supprimer les gens improductifs, inefficaces (Attali l’a dit), car la technologie génétique permet d’améliorer l’intelligence et le physique des individus. Et le peuple, mal informé, conditionné par la propagande médiatique, accepte ou demeure indifférent.

    En fait, nous sommes le produit d’un mélange instable entre hasard biologique et construction culturelle. Dans un monde gouverné par la technologie et le capital, la question est scientifique, politique et civilisationnelle. La civilisation peut-elle basculer dans ce changement anthropologique mortel ? Les politiques peuvent-ils trahir l’humanité ? Les scientifiques peuvent-ils abandonner toute déontologie ? Les intellectuels ont-ils perdu toute morale ?

    Des personnes en fin de vie et en grande souffrance désirent en finir avec la vie. C’est leur droit le plus absolu, et nul ne conteste ce droit. Des moyens existent pour cela, la loi Léonetti va dans ce sens. Mais la loi préparée par Macron et Jean-Louis Touraine s’inscrit dans le droit fil de la vision de Jeffrey Epstein décrite ici. Reproduction sélective, transmission génétique de l’intelligence et du physique, création de lignées humaines supérieures, standardisation des humains, eugénisme privé, volonté de dominer la vie, y compris en donnant la mort, négation de la nature humaine.

    Une loi sur la fin de vie rassure les personnes qui craignent une fin de vie douloureuse, et tous nous pouvons avoir cette crainte, mais cette loi dérivera immanquablement et inexorablement vers des objectifs inhumains et sataniques. L’origine franc-maçonne des auteurs de cette loi ne peut que confirmer cette voie. Et n’oublions pas que Macron a eu des liens avec Jeffrey Epstein et avec bien d’autres individus du même milieu.

    Les uns sont favorables à la loi Macron sur l’euthanasie. D’autres sont opposés. Rien de plus normal. Mais il n’empêche que les uns peuvent respecter les autres, et vice-versa.

    Jean Saunier

     

  • Guerre en Iran

    Il faut la faire, cette guerre concerne une grande partie de tous les pays du monde.
    Se défausser, toutefois, de la manière dont fonctionne la propagande en période de guerre. Le ton très affirmatif, des comparaisons spectaculaires et des chiffres énormes… mais, sans apporter de preuves solides ni de sources vérifiables. 

    Regardons certaines affirmations :

    « L’Iran détruit systématiquement les bases américaines »
    Si plusieurs grandes bases américaines au Bahreïn, au Koweït, au Qatar ou en Arabie saoudite avaient réellement été détruites, ce serait un événement historique majeur. Les images satellites, les médias internationaux, les analystes militaires et même les marchés financiers en parleraient immédiatement. Or rien ne confirme une destruction massive de ces installations.

    « Des milliers de milliards de dollars d’infrastructures militaires partis en fumée »
    C’est une affirmation spectaculaire mais très improbable. Les bases américaines font partie des installations militaires les plus protégées au monde : systèmes antimissiles, bunkers renforcés, dispersion du matériel. Des dégâts peuvent exister dans un conflit, mais parler d’un effondrement total relève clairement de l’exagération.

    « Les États-Unis subissent la pire destruction de leur histoire »

    Cette phrase est surtout destinée à frapper les esprits. Dans l’histoire militaire américaine, il y a eu des conflits avec des pertes humaines et matérielles bien plus importantes. Comparer la situation actuelle à un événement historique majeur sans données vérifiables est trompeur.

    « On ne voit plus de vidéos donc il y a une censure totale »

    C’est un raccourci très douteux. Dans les guerres modernes, les images sont souvent contrôlées pour des raisons militaires. De plus, beaucoup d’attaques actuelles se font à longue distance (missiles, drones), ce qui produit moins d’images spectaculaires que certaines guerres du passé.

    « Les États-Unis et Israël ont déjà perdu la guerre »
    Affirmer qu’une guerre est perdue après seulement quelques jours relève davantage de l’opinion que de l’analyse stratégique. Les conflits militaires sont longs, complexes et évoluent constamment.

    « Les États-Unis ne reviendront jamais au Moyen-Orient »
    C’est une conclusion idéologique, pas un fait. Les États-Unis ont des alliances, des bases militaires et des intérêts stratégiques majeurs dans la région depuis des décennies. Imaginer un retrait total est une spéculation très forte.

     Au final, e « débat » repose surtout sur des affirmations catégoriques, des émotions fortes et des conclusions définitives tirées beaucoup trop tôt.
    C’est une technique classique dans les périodes de guerre : amplifier les succès supposés d’un camp et annoncer l’effondrement de l’autre.

    La réalité est presque toujours beaucoup plus complexe que ces récits simplifiés.
    La meilleure attitude reste de croiser plusieurs sources d’information, de vérifier les faits et de se méfier des analyses trop spectaculaires pour être totalement crédible

    Isaac Chikli

  • CREDO POUR UNE NATION BLESSÉE

    Le dernier rêve d’un peuple fatigué
    « Quand tout s’effondre, espérer encore devient un acte de courage. Espérer, c’est exiger des dirigeants qu’ils protègent, parlent vrai, tiennent bon. Tant qu’un peuple espère, il reste invincible. » Il arrive, dans les nuits lourdes où l’angoisse colle à l’âme comme une suie, qu’un rêve s’impose. Un rêve ancien, presque archaïque : celui de voir enfin surgir un chef d’État à la stature digne de ce nom. Non un gestionnaire frileux, non un commentateur du désastre, mais un homme – ou une femme – debout, ancré, regard clair, parole ferme, capable de dire non, capable surtout d’agir.Dans ce rêve, la peur change de camp. Face aux terroristes islamistes, il n’y a plus de communiqués tremblants ni de marches funèbres répétées jusqu’à l’usure. Il y a une réponse implacable de l’État, légale mais inflexible, déterminée à défendre la vie, la liberté, la paix civile.

    Une réponse qui ne cherche pas d’excuses sociologiques à la barbarie, qui ne négocie pas avec ceux qui haïssent notre monde et veulent le détruire.
    Face aux narcotrafiquants, ce pouvoir ne détourne plus le regard. Il comprend que la drogue n’est pas un simple fléau social mais une guerre silencieuse, une gangrène qui corrompt les quartiers, les institutions, les consciences. Il frappe là où ça fait mal : l’argent, les réseaux, l’impunité. Il rend à la loi son autorité et aux honnêtes gens leur dignité.
    Face aux voyous, aux émeutiers, aux fauteurs de trouble qui brûlent, pillent, cassent et humilient au nom de toutes les causes et d’aucune, ce chef d’État ne balbutie pas. Il rappelle que la liberté n’est pas le chaos, que la contestation n’est pas la destruction, et que la République n’est pas un terrain de jeu pour la haine, la rage et le nihilisme.
    Face aux artisans du désordre — groupes « antifas » et mouvances ultra-gauchistes — qui prétendent imposer leur loi en dressant la rue contre les urnes, le tumulte contre la loi, l’invective au suffrage, il ne transige pas.
    Il engage les procédures prévues par le droit pour qualifier et poursuivre les organisations qui recourent à la violence, en ordonne la dissolution et réaffirme sans ambiguïté la primauté des institutions républicaines en menaçant la France insoumise d’une mise à l’écart institutionnelle.
    Dans ce rêve, la fermeté n’est pas une option : elle est un devoir.
    Même face aux syndicalismes devenus ultras, lorsqu’ils prennent en otage le pays, cassent, bloquent, menacent, paralysent sans jamais proposer, ce pouvoir tranche.
    Il écoute la voix du travail réel, de ceux qui produisent, soignent, enseignent, bâtissent… pas celle des professionnels du désordre.
    Et puis il y a l’Europe.
    Dans ce rêve, le chef d’État ne se courbe plus devant le diktat technocratique, les injonctions hors-sol, la lâcheté molle d’une Europe qui sermonne mais ne protège pas, qui proclame des valeurs mais recule devant chaque crise majeure. Il parle à l’Europe comme à une partenaire, non comme à un maître. Il rappelle que la souveraineté n’est pas un gros mot, mais la condition même de la démocratie.
    Ce rêve est traversé de larmes et de colère. Une colère froide, juste, née de trop d’attentats, trop de zones de non-droit, trop de renoncements, trop de phrases creuses sur des cercueils bien réels, trop de palinodies, trop de lâchetés. Mais cette colère n’est pas haine : elle est amour du pays, respect du peuple, fidélité à l’Histoire.
    Et lorsque le rêve touche à sa fin, il ne reste pas un slogan, mais une prière.
    Une prière pour que surgisse enfin une voix claire dans le fracas.
    Une prière pour que la force revienne au service du droit.
    Une prière pour que le courage l’emporte sur la peur.
    Une prière pour que nos enfants héritent autre chose que des ruines morales et des promesses trahies.
    Ceci est notre Credo, murmuré face à la tragédie, un cri de détresse et d’espérance mêlées : la détresse d’un peuple qui ne veut pas mourir. C’est la supplication d’un pays fatigué de plier, fatigué de pleurer, fatigué d’enterrer, fatigué de s’autoflageller ; c’est l’attente d’un chef. Que l’État se relève, que la Nation se tienne droite car tant qu’un peuple espère, il refuse de mourir !

    José CASTANO