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Le systémicien

  • Oran, le dernier embarquement

    Une page méconnue de notre histoire…

    Le général Franco et les Pieds-Noirs 

    (Les ferries de l'espérance)

    « À tous ceux qui ont quitté leur terre sans jamais cesser de l'aimer, et à ceux qui ne sont jamais revenus. »

        Les derniers jours de juin 1962 demeurent gravés dans la mémoire de nombreux Français d'Algérie comme l'un des épisodes les plus douloureux de leur exode.

        À Oran, les quais étaient devenus le refuge d'une foule épuisée : des familles entières, des vieillards, des femmes, des enfants, des hommes qui ne demandaient plus qu'une chose, quitter une terre où ils étaient nés et qu'ils aimaient, pour sauver leur vie. Sous un soleil de plomb, ils attendaient depuis des jours un embarquement incertain, abandonnés à l'angoisse, sans assistance, tandis que la violence gagnait chaque heure davantage et se rapprochait, menaçante, des grilles du port.

        C'est dans ces circonstances que, les 29 et 30 juin 1962, l'Espagne du général Franco envoya deux ferries, le Victoria et le Virgen de África, afin d'évacuer une partie de ces réfugiés… que les autorités françaises refusaient de voir partir.

        La situation devenant alarmante, Franco prévint de Gaulle qu'il était prêt à l'affrontement militaire pour sauver ces pauvres gens sans défense abandonnés sur les quais d'Oran et menacés d’être exécutés à tout moment par les milices du FLN. Joignant le geste à la parole, il ordonna à son aviation et sa marine de guerre de faire immédiatement route vers Oran.

        Afin d’éviter un grave incident diplomatique, l'autorisation d'accoster fut, enfin, accordée et le 30 juin, à 13h, les deux bâtiments accédèrent aux quais d’embarquement. À leur bord montèrent, épuisés, hagards, près de 2 200 passagers. Pour beaucoup, ils n'emportaient avec eux qu'une valise, quelques souvenirs... et toute une vie brutalement abandonnée derrière eux.

        Lors de l'embarquement, les tensions ne cessèrent pas. Les capitaines espagnols s'opposèrent à l'intervention des autorités françaises qui désiraient contrôler les passagers à bord dans le but d’interpeller les membres de l’OAS fichés. Plus tard, ils diront n'avoir jamais compris cette détermination froide, dénuée de toute compassion, face à une tragédie humaine qui exigeait avant tout de secourir des civils en détresse relevant de la plus élémentaire « assistance à personne en danger de mort » …

        Enfin, à 15h30, les amarres furent larguées et les bateaux espagnols prirent enfin la mer à destination du port d’Alicante.

        Lentement, les quais d'Oran, noirs de monde quelques heures auparavant, s'éloignèrent. Derrière les navires disparaissait une terre natale que beaucoup savaient ne jamais revoir.

        Sur le pont, nul ne parlait beaucoup. Les regards restaient tournés vers cette côte qui s'effaçait dans la lumière. Les larmes coulaient en silence. C'étaient des larmes de peur, de deuil, d'arrachement... mais aussi de soulagement et de gratitude. Le pire avait été évité in extremis.

        Lorsque apparurent les côtes espagnoles, une émotion indescriptible, une liesse bienfaisante envahirent les passagers qui tombèrent dans les bras les uns des autres. Certains pleuraient sans pouvoir retenir leurs sanglots. Puis les cris fusèrent alors : « Viva España ! » … « Viva Franco ! ». Au-delà de toute considération politique, ces exclamations traduisaient, pour ceux qui venaient d'échapper au chaos et à une fin tragique, une profonde reconnaissance envers le pays qui leur ouvrait ses portes au moment où ils se croyaient abandonnés.

        Ce souvenir ne les quittera jamais.

        José CASTANO

     

  • Que justice soit rendue

    QUE JUSTICE SOIT RENDUE

     

        Sur les stèles élevées à la mémoire des marins français tombés lors de l'attaque britannique du 3 juillet 1940, il est invariablement gravé le chiffre de 1 297 morts. Si l'on s'en tient à cette seule journée tragique, ce bilan est exact.

    Mais l'Histoire ne s'est pas arrêtée là.

        Le 6 juillet 1940, 288 autres marins périrent à leur tour. Pourtant, ces victimes demeurent absentes du décompte officiel. Plus regrettable encore, les historiens comme l'Association des Anciens Marins de Mers-el-Kébir et des Familles des Victimes ont, jusqu'à ce jour, omis de les intégrer à la mémoire collective.

    Le véritable bilan de cette tragédie s'élève donc à 1 585 morts. C'est cette vérité historique que je m'efforce de rappeler, année après année, dans chacun de mes articles consacrés au devoir de mémoire.

        Comment comprendre qu'après 86 années, rien n'ait été entrepris pour réparer cette injustice mémorielle ? Pourquoi laisser dans l'ombre ces 288 marins et leurs familles, comme si leur sacrifice avait moins de valeur, comme si leur douleur méritait l'oubli ?

    L'Histoire ne peut être amputée d'une partie de ses morts sans trahir la vérité. Chaque nom effacé est une blessure infligée à la mémoire nationale ; chaque victime oubliée est une injustice qui se prolonge à travers le temps.

    Il est désormais temps que toute la vérité soit reconnue et que ces 288 marins retrouvent enfin la place qui leur revient dans notre mémoire collective.

        Que justice soit rendue à ces hommes. Que leur sacrifice ne soit plus jamais relégué au silence.

        José CASTANO

                                                                        Ctrl + Clic : 

    3 JUILLET 1940 L’AGRESSION BRITANNIQUE SUR MERS-EL-KÉBIR

     

     

  • La France en état de mort cérébrale

    L’assassinat atroce de la petite Lyhanna n’est que l’arbre qui cache la forêt.

    Depuis plusieurs jours, nous replongeons dans les mêmes slogans : « Plus jamais ça », « Il y aura un avant et un après Lyhanna ». Les débats stériles s’enchaînent sur les chaînes d’information. Chacun y va de son commentaire, de sa solution miracle, comme toujours dans ces moments-là.

    Les hommages, les bougies, les marches blanches témoignent d’une émotion légitime face à cette nouvelle horreur, qui succède malheureusement à une autre et précède déjà la suivante.

    Et pendant ce temps, ceux qui dirigent notre pays depuis cinquante ans passent de plateau télé en plateau télé pour commenter leurs propres échecs. Incapables de protéger les Français, ils s’enferment dans les excuses, les justifications et les postures de circonstance.

    La mort de la petite Lyhanna changera-t-elle les choses ?
    Ma réponse est non.

    Car c’est tout un pays qui devrait entreprendre sa remise en question, sa révolution morale, politique et civilisationnelle.

    Au prochain drame, nous assisterons exactement au même scénario : les mêmes discours, les mêmes indignations calibrées, les mêmes responsables politiques dont l’unique obsession est de conserver leur place dans un système moribond.

    Nous payons aujourd’hui, au prix fort, des décennies de renoncements. Mai 68 a diffusé le relativisme dans des esprits déjà fragiles et tétanisé des dirigeants qui ont progressivement conduit la patrie dans un état de décomposition avancée.

    La France est en état de mort cérébrale.

    Elle n’est maintenue artificiellement en vie que par les artifices successifs de gouvernements sans vision, par quelques pansements dérisoires appliqués sur une jambe de bois.

    Ce vieux pays, si prompt à donner des leçons au monde entier, est incapable d’empêcher des barbares de mettre des villes à feu et à sang après un match de football. Incapable aussi d’empêcher des bandes dégénérées d’envahir des propriétés privées pour des “drug parties” géantes.

    La colère gronde, mais elle reste sans conséquence.

    Parce que les Français sont devenus résignés. Ils pensent être debout alors qu’ils sont déjà assis. Ils veulent tous le changement, mais personne ne veut changer lui-même. Ils avancent tête basse, prisonniers d’un confort qui les endort pendant que leur pays se défait.

    Les responsables politiques, tous bords confondus, n’ont plus ni souffle, ni courage, ni vision pour inverser cette trajectoire suicidaire.

    Dans ce pays à la dérive, nous avons une gauche insignifiante, sans colonne vertébrale, dont une partie de l’extrême préfère se vautrer dans le fantasme révolutionnaire, l’oisiveté idéologique et la soumission à une contre-culture islamiste qui nous détruit de l’intérieur jour après jour.

    Mais la droite n’est guère plus rassurante : molle, policée, incapable de s’unir, presque honteuse d’exister. Elle parle de combat mais refuse toute confrontation réelle. Depuis des années que je les côtoie, je peux le dire avec gravité : je ne partirais au combat avec aucun d’entre eux. Aucun n’a aujourd’hui l’étoffe d’un chef capable de mener les batailles qui arrivent.

    Ce vieux pays est englué dans un confort destructeur qui annihile toute volonté de survie.

    Nous avons atteint un tel degré de délabrement judiciaire, sécuritaire, identitaire et économique que nous ne savons même plus qui nous sommes, d’où nous venons, ni où nous allons.

    La France est en état de mort cérébrale.

    Et notre président continue de regarder ailleurs, enfermé dans son déni depuis neuf ans. Aucun responsable n’a le courage d’assumer ses échecs ni la dignité d’en tirer les conséquences.

    Le général de Gaulle, lui, connaissait le sens de l’honneur. Il venait d’une institution où l’abnégation, le courage, le sacrifice et l’amour du drapeau constituaient une morale de vie.

    Tous ceux qui lui ont succédé portent une responsabilité écrasante dans la situation actuelle.

    Alors oui, je pense que pour sauver ce pays de lui-même, il faudra un électrochoc. Une autorité ferme. Une main qui ne tremble pas. Une volonté capable de rendre aux Français la fierté d’être ce qu’ils furent jadis : un peuple debout, capable de combattre l’obscurantisme et de renaître de ses cendres.

    Battez-vous.
    Révoltez-vous.
    Ne mourez pas sans combattre.

    Et ne dites plus que vous n’avez pas les moyens.
    Le véritable effondrement commence toujours par la résignation.

    © Pierre Martinet