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Le systémicien - Page 435

  • Zohra sur la systémique

    Zohra est une jeune étudiante marocaine, douée, brillante et énergique  ! Elle vit à Agadir, une ville qui s'ouvre au monde... non sans conséquences !

    Elle constate et interroge !

    A Françis NERI

    La systémique peut être une réconciliation avec la vision holistique du monde, avec une communication fractale, et un esprit transdisciplinaire qui pour fonctionner correctement doit être alimenté sans cesse !!

    Je voudrais lui demander quel est le message essentiel de son livre ?

    Ecrit par : hadj-aissa zohra | 09/05/2010

    §

    Bonjour Zohra,

    Pour votre premier commentaire, je ne ferai qu'une seule remarque: bravo ! L'approche systémique est complexe car elle traite de complexité, mais vous avez appréhendé qu'elle n'avait rien de compliqué. Il suffit de relier après avoir distingué, et enfin de se situer en tant qu'acteur pour mieux agir sur les évènements. 

    Pour ce qui concerne mon dernier livre, il n'y a pas de "message", au sens "messianique" si c'est cela que vous entendez. Je sais que dans la "bulle temporelle" Marocaine au sein de laquelle vous interagissez, cette notion "d'empreinte est "signifiante" et c'est peut être ce qui différencie "encore" l'Orient de l'Occident.

    Mon livre, les chemins de l'avenir traite "essentiellement" de la réalité à travers le temps et l'espace, ou plutôt de la représentation que chacun se fait de la réalité....et l'on voit ce que cela peut produire dans un temps « linéaire ».

    Au cours de la conférence que j'ai donné au sein de votre école sur l'identité visuelle de l'entreprise, j'ai fait largement allusion au concept de représentation et je sais que vous avez été une des élèves à appréhender la notion de niveaux de réalités que je rappellerai ci-dessous:

    1) Au premier niveau "physique" est la réalité objectale nécessaire et insuffisante des êtres, faits et objets repérables, observables, quantifiables et mesurables directement par tous (pour peu qu'ils le veuillent).

    2) Au deuxième niveau "social" est la réalité psychique imaginaire des significations et valeurs conférées aux éléments et systèmes de la réalité objectale précédente.Ainsi, un "fait" ne devient évènement que par ses effets et répercussions dans l'esprit  des personnes ( C'est ainsi que dans mon livre Hicham devient "roi" !)

    Lorsque tout est oublié, il n'y a plus d'évènement, seulement un fait enregistré dans quelques archives. (Vous aimez votre pays, faites vivre "l'évènement" Hicham ! Rendez le réel ....Cà c'est un message !)

    3) Au troisième niveau "culturel" est la réalité symbolique des croyances et règles qui orientent et délimitent les significations et valeurs possibles des parties de la réalité objectale. Ainsi se révèle la relativité du bien et du mal, du normal et du pathologique, du beau et du laid, du juste et du faux (pensez à Philippe et François et à leur "rédemption")

    Il y a d'autres niveaux de "réalité", mais pour ma part je n'ose m'y aventurer...peut être dans une autre existence.

    Une suggestion: pour quelles raisons ne traiterions nous pas de ce thème au cours de ma prochaine visite au Maroc ?

    Bien amicalement

    Francis NERI

     

  • Le président et la crise systémique.

     C'est avec stupeur qu'à la lecture d'un article du Figaro, j'ai appris que le Président Nicolas Sarkozy s'interessait à l'approche systémique.

    «Lundi à l'ouverture des marchés, l'Europe sera prête à défendre l'euro», a jugé le chef de l'Etat qui estime qu'il faut faire vite car «cette crise est systémique» et «la réponse doit être systémique».

    Monsieur le Président de la République.

    Merci Monsieur le Président pour cette prise de conscience que moi- même et quelques autres, maintenant de plus en plus nombreux, proposent comme méthode de résolution des problèmes.

    Mais il ne s'agit pas seulement de « parler » de réponse systémique et de ce coté, ma foi il y a fort à faire.

    Je crains que ce ne soit pas encore Monsieur Guaino votre conseiller qui puisse vous aider, ou alors il n'a pas su vous persuader et vous convaincre de la mettre en œuvre, car jusqu'à présent je n'en vois même pas l'ombre du moindre début de mise en route au sein de vos ministères.

    Je vous conseille d'étudier soigneusement mon blog, ou encore de répondre au courrier que je vous ai adressé en vous envoyant mon dernier ouvrage : « Les chemins de l'avenir ». L'avez-vous lu seulement ? Je n'en suis pas sûr et, croyez moi, vous auriez dû, il parle de notre avenir et il vous y situe.

    Je suis à votre disposition pour vous apporter quelques éclaircissements.

    Respectueuses salutations

    Francis NERI      

  • La carte et le territoire

    La carte n'est pas le territoire !

    Ce texte adressé par Gérard Brazon gerard.brazon@neuf.fr est un exemple concret de de ce que nous ne savons pas faire, c'est-à-dire appliquer à la lecture des évènements mondiaux et globaux une approche systémique. Ici est évoqué un principe clé de sémantique générale : " La carte n'est pas le territoire qu'elle représente !" 

    Après avoir lu, s'il vous plait, poser vous une question :"Que se passe t-il actuellement, sous nos yeux, en Grèce, en.....?" Et, si vous osez, encore une question: "Notre carte mentale est-elle représentative du territoire , ou si vous préférez de la réalité, et que faut-il changer pour y voir plus clair ?

    Enfin je suggère de réfléchir à une autre "implication" que nous propose Joêl de Rosnay:"Si l'on veut avoir une vision la plus précise possible de la réalité nous pouvons; "nous élever ( ou prendre du recul) pour mieux voir le plus de réalité possible, relier les évènements pour mieux les comprendre et enfin les situer  dans leur contexte pour mieux agir (ne pas se disperser) "

    §

    La Kabylie

    La carte nous dit que c'est une petite région montagneuse située au nord de l'Algérie, où la population parle un dialecte berbère.

    Le territoire dit que c'est un pays de quelque 40 000 kilomètres carrés (une fois et demi la Belgique, trois fois la Flandre, trois fois la Wallonie) situé au nord de l' « Etat failli » par excellence, mi-totalitaire, mi-mafieux, et totalement non-fonctionnel, l'Algérie « arabo-islamique » . Mais aussi une nation de dix millions d'âmes. Cinq millions d'habitants, tous Kabyles, en Kabylie. Deux autres millions de Kabyles dans le Grand Alger, sur cinq millions. Un à deux millions de Kabyles en France. Historiquement, la Kabylie fut le principal foyer de résistance à la colonisation française. Pendant la guerre d'indépendance, de 1954 à 1962, les maquis kabyles ont fourni 80 % de la force de frappe du FLN. Mais après l'indépendance, ce dernier, rallié sous l'influence d'Ahmed Ben Bella au nationalisme arabo-islamique, a mis la Kabylie au pas, pendant une guerre civile de plus d'un an, de l'automne 1963 à l'été 1964. La langue berbère était interdite. Le rôle de la Kabylie dans la guerre d'indépendance, nié. La réalité d'un peuple qui se voulait profondément algérien, bafouée.

    Les Kabyles se sont réveillés voici trente ans, quand l'Etat-FLN commençait à se désintégrer sous le poids de son ineptie, au printemps 1980. Manifestations, répression : des centaines de morts. Depuis, la Kabylie vit en état de sécession virtuelle. Un puissant mouvement autonomiste, dirigé par un chanteur-poète, Ferhat Mehenni, milite de manière non-violente pour la création d'un Etat kabyle laïque, doté d'une large autonomie, qui pourrait être à l'Algérie ce que le Québec est au Canada. Mehenni procède par étapes depuis le début de l'année. Voici dix jours, pour célébrer les trente ans du printemps kabyle ou berbère, il a proclamé un gouvernement provisoire kabyle. Des dizaines de milliers de personnes manifestaient au même moment en sa faveur à Tizi-Ouzou et dans les grandes villes de Kabylie.

    Mais la carte dit : Algérie. La classe politique européenne, et notamment la classe politique française, qui devrait être un peu mieux informée, voient donc le problème kabyle sans le voir. Au mépris de leurs principes. Au mépris de leurs intérêts aussi. Un Etat kabyle laïque et non-violent apporterait de la sérénité au Maghreb et par voie de conséquence à la France et à l'Europe. Mais « il n'est pas sur la carte ». Et pour les princes qui nous gouvernent, c'est la carte qui vaut. Jusqu'à ce que le territoire se venge, bien entendu.

    La carte avait déjà été invoquée contre le territoire à Munich, en 1938, contre la Tchécoslovaquie. Avec les conséquences que l'on sait. La leçon ne cesse d'être rabâchée, mais personne ne croit qu'elle s'applique à lui. Comment l'Union européenne, qui ignore ce qui se passe littéralement sous ses yeux à Bruxelles, ose-t-elle préconiser un « partage » de Jérusalem ? Comment la même Union, aveugle devant les Kabyles, ose-t-elle se mêler du droit des Juifs à Israël ?

    © Michel Gurfinkiel, 2010