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21/08/2010

Talleyrand

« Il faut plus faire travailler que travailler soi même. Ne pas s'enterrer sous les papiers ; il faut des hommes qui les débrouillent. Il faut gouverner les affaires d'un geste, d'un signe, mettre la virgule qui décide le sens.

Cela sied à mon personnage paresseux, cynique et impénétrable, le tout par système. Il est bon d'être dans son époque, avec ses usages, ses codes, ses interdits. »

§

Un « ami » internaute de gauche, me disait récemment : « J'ai lu vos premières notes, celles d'il y a cinq ans. La première sur votre blog traitant de l'Europe, celles qui valorisent Nicolas Sarkozy et d'autres encore qui prédisent un cataclysme économique, social et écologique au point de convergence des crises.

Vous avez beaucoup changé, en mal malheureusement. Celles que je lis aujourd'hui font état d'une insupportable islamophobie, voire de racisme. Vous êtes devenu pro-sioniste, alors que le monde civilisé se dresse contre cette barbarie et cette violence faites aux palestiniens et au monde arabo-musulman.

Supprimez moi de votre liste de diffusion ! »

Je l'ai fait, bien évidemment, mais je tiens à lui dire ceci, ainsi qu'aux autres « bien pensants » de son espèce,  tout en faisant référence à un homme, Talleyrand, que cet « ami », qui se considère cultivé, aime bien:

« Un homme qui se vante de ne jamais changer d'opinion est un homme qui se charge d'aller en ligne droite, un niais qui croit en l'infaillibilité. Il n'y a pas de principes, il n'y a que des évènements ; il n'y a pas de loi, il n'y a que des circonstances : l'homme supérieur épouse les évènements et les circonstances pour les conduire. S'il y avait  des principes et des lois fixes, le peuple n'en changerait pas comme il change de chemise. L'homme n'est pas tenu d'être plus sage que toute une nation ».

Et j'ajouterai :

L'homme sage sait ne pas aller contre l'institution lorsque celle-ci occupe une position dominante, mais la réformer de l'intérieur, par touches successives; savoir faire des concessions pour sauver l'essentiel, apprendre à composer.

Sa méthode, c'est de se tenir informé, communiquer, rapprocher, analyser, projeter. Dans l'action, céder partiellement lorsque cela est absolument nécessaire. Approfondir l'esprit, la conscience et l'intelligence intuitive du peuple.

Promouvoir un amour sincère de la démocratie, du respect pour les lois, les valeurs et les codes du monde occidental. Rechercher l'équité, la prudence et la sagesse de vues en matière de religion et de laïcité.

Anticiper l'évènement et en mesurer la force plutôt que de le subir. Céder en partie afin de préserver ce qui peut l'être encore, défendre ce qui est politiquement défendable et lâcher en proportion, concéder à l'esprit du temps, c'est-à-dire en précédant l'opinion publique que l'on a préalablement « éduquée ».

Enfin je conclurai par une « idée force » que j'ai développé tout au long de ces cinq années de chroniques sur ce blog :

L'honnête homme du XXI e siècle, c'est celui qui sait adopter des attitudes et des comportements qui puissent concilier les élans de son affectivité avec la connaissance intuitive et celle des faits, et les deux avec la force de la raison qui lui fait choisir la voie la plus juste et la plus sure.

Je conseille à cet ami « islamo-gauchiste » de relire ce Talleyrand qu'il dit bien connaître, Montaigne qu'il vénère, et d'y réfléchir ; car pour lui et les siens :  « il est temps de penser à céder pour subsister, réformer pour mieux conserver, que tout change pour que rien ne change »

Pour ma part je sais que la défense et la pérennité du monde occidental passe par sa réorganisation, mais aussi par sa « radicalisation ». Une expression prise dans son sens de retour aux éléments constitutifs de notre civilisation qu'il nous appartient, et à nous seuls, de remettre en cause si cela s'avérait nécessaire.

L'heure du déchaînement des passions et du grand chambardement est venue, c'est le moment du discernement ; si certains  veulent se perdre et manier la force sans « raison garder », qu'ils n'espèrent pas m'y entraîner.

 

 

 

 

14/02/2009

L'avenir

Si l’avenir n’est inscrit nulle part, construisons le au présent !

 

Les rationalistes croient avec Tocqueville que le système le plus démocratique est celui qui associe une solide  centralisation de l’autorité gouvernementale à une forte décentralisation administrative ; ils imaginent volontiers avec Max Weber que dans les sociétés qui ne sont plus structurées par des croyances religieuses, le « polythéisme » des valeurs peut être résolu par un processus de rationalisation qui tend à sélectionner les meilleures idées, les meilleures institutions et les meilleures pratiques sociales. (Ex : droit de grève, abolition de la peine de mort !) Bref, un espèce de passage obligé de la raison et de la forme dans lequel l’ordre se retrouve dans le désordre, quoi que l’on face l’on suit un chemin qui se trace lui-même. De toutes façons, nous serions déterminés.

 

Mais cette sélection des pratiques et des valeurs « universelles » et universellement appliquées, peuvent elles encore s’opérer à l’heure de la globalisation et du heurt des valeurs et des cultures ?  Ces dernières fortement antagonistes,  bouleversent tous les domaines, démographique, économique, social, culturel, cultuel, dans une société de la communication immédiate qui ne laisse plus le temps de la réflexion et où prime la satisfaction du besoin individuel ?

Le relativisme, voire la complémentarité des valeurs est-il encore possible dans un bain multiculturel où les valeurs occidentales entreraient en résistances face au brouillage des repères qui ont fait leur identité ? Les valeurs Islamistes, par exemple, peuvent elles faire l’objet d’un accommodement avec l’identité occidentale ?

Sur quelles bases construire une démocratie élective à partir d’une société multiculturelle au sein de laquelle des cultures s’opposeraient avec violence ?

 

Alors, avenir ou impasse ? Quelles expériences et pratiques gagnantes pouvons nous extraire de l’histoire  pour éclairer l’avenir ? Le présent peut il construire un avenir possible sans s’y référer ?

Tocqueville a bien affirmé sa confiance dans « l’avenir, juge éclairé et impartial » mais c’était pour ajouter qu’il arrive « hélas ! Toujours trop tard ». La crise des subprimes en est l’exemple éclatant. Cet avenir là n’était il pas prévisible et n’était il possible au cours de ce présent passé, d’influencer un avenir que l’on savait compromis ?

 

Le sociologue propose trois pistes pour ne pas s’égarer sur des chemins hasardeux.

 

La première : Les idées sont le moteur de l’histoire contrairement à ce que pensait Marx qui penchait pour les intérêts matériels.

La seconde : L’éthique de la responsabilité de Max Weber qui oblige dans une perspective libérale, la raison à prendre en compte les principes sur lesquels elle se fonde, n’empêche pas que ces principes demeurent des idées régulatrices et finissent par entrer dans les faits à long terme.

La troisième : Le vrai et principal « danger » pour l’invariance démocratique provient de petits groupes idéologiques organisés, structurés et fortement motivés. Un groupe d’hommes et de femmes décidées peuvent changer l’avenir. La majorité silencieuse n’a pas la détermination nécessaire ni l’organisation pour y résister. La catastrophe pour une démocratie est lorsque le pouvoir élu par une majorité abandonne cette dernière, se laisse contraindre par ces minorités et oriente sa politique, son action, par goût du pouvoir, convention, ignorance, démagogie, en fonction des diktats de ces minorités.

C’est la « chianlie » disait Charles de Gaulle ! Alors faut-il désespérer des idées, de la démocratie, du suffrage universel et de l’éthique de nos élus ? Allez savoir !

 

Retenons avec malice, et une idée derrière la tête, qu’une minorité agissante peut très bien changer le cours des choses. Après tout ce que certains font, d’autres peuvent le faire.