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Le systémicien - Page 446

  • Approche systémique du climat

    Enfin un chercheur qui nous explique clairement en quoi la dégradation du climat est « systémique ». Son explication des rétroactions est convaincante et nous comprenons enfin que le fameux « effet de seuil » n’est plus devant nous, mais sur nous. Si l’on met en convergence et conjonction les autres systèmes en crise : crise économique, énergétique, démographique, l’on comprend à quel point la crise écosystémique  est globale et totale.

    Il nous reste peu de temps pour changer nos comportements et, quoi que l’on face l’humanité va payer chèrement son insouciance. Il est temps pour chacun d’entre nous de prendre conscience du danger, savoir ce que nous voulons comme réponse et de faire en sorte de nous en tirer individuellement et collectivement à moindre mal !

     

    Bonne lecture malgré tout !

     

    L’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre est continue depuis le début de l'ère industrielle. Elle produit un déséquilibre positif du bilan d'énergie de la planète. C'est une contrainte (ou forçage) à laquelle le système climatique est soumis et dont le résultat ne peut être qu'un réchauffement. L'amplitude de celui-ci dépend de l'intensité du forçage et de la sensibilité du climat. Les principales causes d'incertitude concernent le forçage total, principalement à cause des aérosols et la sensibilité, principalement à cause de la rétroaction nuageuse.

    Le forçage des gaz à effet de serre est le plus facile à établir, on l'estime aux environs de 3 Wm-2., celui des aérosols est beaucoup plus difficile à déterminer. En 2001 dans le dernier rapport du GIEC sur l'état de la science du climat, l'effet direct était estimé entre -0,25 et -0,75 Wm-2 et l'effet indirect via la réflexion des nuages était situé quelque part entre 0 et -2 Wm-2. Depuis beaucoup de travaux ont eu lieu réduisant un peu la fourchette, surtout sur l'effet indirect (grosso modo entre -0,5 et – 1,9 Wm-2.). Plusieurs simulations s'appuient maintenant sur des observations de satellites. Ce n'est que depuis peu, en effet, que l'on dispose d'instruments permettant de déterminer à la fois la quantité d'aérosols et les dimensions des gouttes des nuages. Parmi ces instruments on peut citer MODIS (http://modis-atmos.gsfc.nasa.gov/index.html) et POLDER (http://smsc.cnes.fr/POLDER/Fr/).

    Dans ce dernier cas, c'est-à-dire quand les simulations sont contraintes par les mesures des satellites (Quaas et al, 2006) le forçage indirect des aérosols est nettement inférieur, de l'ordre de -0,5 Wm-2. On peut expliquer assez facilement cette valeur nettement plus faible: sans les satellites on observe des cas particuliers et l'on tente de généraliser à partir de ceux-ci, avec les satellites l'observation est globale et les relations empiriques qu'on peut en tirer tiennent compte, de facto, de la très grande variabilité des nuages et des aérosols.

    Il est évidemment tentant d'additionner ces forçages qui se compensent plus ou moins, ce n'est pas si simple : les gaz à effet de serre sont généralement distribués de façon assez homogène sur toute la planète ce qui n'est absolument pas le cas des aérosols. Ce n'est donc que par l'intermédiaire d'un modèle qu'il est possible de tenir compte de ces effets. La comparaison des forçages donne cependant une indication intéressante puisque l'on constate que les deux forçages pourraient être voisins. S'il en était ainsi, on peut évidemment se demander pourquoi la Terre se réchauffe aussi rapidement. Il ne pourrait y avoir que deux réponses :

    *      soit la cause est toute autre et il faut la rechercher dans la variabilité du climat à l'échelle du siècle ou plus,

     

    *      soit le forçage des GES l'emportant quand même, le climat est très sensible aux forçages

    Les données recueillies grâce aux satellites semblent indiquer qu'il s'agit d'une fausse question et que le forçage des aérosols est sans doute assez loin d'équilibrer celui des GES mais l'histoire n'est certes pas terminée.

    Entre le forçage des aérosols et celui des GES, il y a encore une différence essentielle : le forçage des aérosols dure une quinzaine de jours, celui du CO2, par exemple, dure un siècle. La conséquence c'est que l'effet des GES est cumulatif mais pas celui des aérosols. En d'autres termes, si l'on cessait de consommer du charbon et du pétrole, le forçage des aérosols serait nul au bout de deux ou trois semaines, celui des GES continuerait à s'exercer, seul, pendant des dizaines d'années. De la même manière si on se contentait simplement de continuer à brûler la même quantité de combustibles fossiles tous les ans, le forçage des aérosols ne changerait pas alors que celui des GES augmenterait continûment puisque leur concentration augmenterait.

    Les aérosols ont très certainement retardé le réchauffement de la planète mais ils ne l'empêcheront donc pas.

    On est donc ramenés à la question de la sensibilité du climat. Celle-ci dépend essentiellement des rétroactions. A part celle du bilan radiatif, la plupart des rétroactions connues sont positives, c'est-à-dire qu'elles amplifient la tendance initiale au réchauffement. Les émissions de GES ne devant probablement pas s'arrêter de sitôt, le climat devrait se réchauffer. Une rétroaction négative puissante permettrait d'espérer que le réchauffement reste minime. Cette rétroaction, tout le monde la cherche. Si elle existe, il y a beaucoup de chances que les nuages soient impliqués mais il est tout aussi possible qu'au contraire la rétroaction nuageuse soit positive et contribue, elle aussi, à augmenter le réchauffement. C'est pour tenter de répondre à cette question et à celle des aérosols que la NASA et le CNES ont réuni leurs moyens autour de l'A Train, un train de 5 satellites emportant des instruments dernier cri dont un lidar, un polarimètre, des spectro-imageurs et un radar dont la longueur d'onde est adaptée à l'observation des gouttes des nuages, même les plus petites.

     

    Yves Fouquart

    Principales découvertes :

    Enseignant chercheur

    Vous trouverez la totalité de l’étude sur « Futura sciences »

     

  • Approche Systémique

    Approche systémique

    29/10/2009 à 17:16 / Politique

    Charles Pasqua : «Que Chirac prenne ses responsabilités»

    Encore diriez vous ? Et pourtant, c’est bien sous cet angle qu’il faut approcher cette nouvelle affaire politico-médiatique.

    Un système est un ensemble d’éléments en relations et surtout en interactions. Le mot a été « inventé » par Joël de Rosnay qui a ajouté à « système » le mot « cybernétique » c'est-à-dire « régulation et contrôle »

    La systémique c’est la science de la régulation et du contrôle des systèmes. Dans le cas qui nous intéresse, il s’agit de la régulation et du contrôle des systèmes sociaux ici et maintenant.

    Dans le temps, et avec les moyens de son époque, Charles Pasqua était passé maître dans cet art. Aujourd’hui, il ne sert plus à rien, alors on veut le jeter en pâture aux nouveaux « prédateurs » qui feraient bien de relire Machiavel avant de s’en prendre au vieux lion.

    Ne vous laissez pas faire Monsieur le Ministre de l’intérieur ! Allez y de bon cœur ! Finalement vous n’avez plus grand-chose à perdre et vous avez bien le droit de vous amuser un peu et nous aussi par la même occasion

    Après tout « Il faut continuer à respirer! Demain le soleil se lèvera et qui sait ce que la marée peut apporter ? »

     


  • Humanisme

    Les humanistes affirment leur foi dans l'être humain qu'ils mettent au centre de leurs préoccupations et dont ils recherchent l'épanouissement. L'humanisme propose de nouvelles valeurs fondées sur la raison et le libre-arbitre.

    Un correspondant affirme qu’il y a incompatibilité entre l’humanisme et l’approche systémique pour la résolution des « problèmes » sociaux. Il commente en précisant que les systémiciens lui font penser à des robots sans âmes, ils ne connaissent, selon lui,  que la raison et la science ! Il pense, par exemple, que certains seraient fort capables d'envisager la liquidation de deux ou trois milliards d’hommes pour retrouver un équilibre démographique satisfaisant.

     

    Peut être faut-il que je lui propose quelques cours sur la systémique. Une science qui pour moi suggère justement de concilier la raison, la connaissance et l’émotion. Je sais, je me répète, mais certainement pas assez. Je n’ai, probablement, pas suffisamment utilisé la « communication fractale » [1]de crainte d’être redondant et ennuyeux.

     

    Je pratique l’approche systémique et je soutiens l’hypothèse suivante :      

     

    "Pour que les pays  pauvres de la planète sortent de leur sous-développement, il faudrait deux choses : un minimum de croissance et une très stricte régulation des naissances.

    Et pour que les pays riches renoncent au développement quantitatif, au bénéfice du qualitatif,  il faut qu’ils s’isolent  au sein de leurs « bulles temporelles » sécurisées pour se consacrer à leur évolution culturelle."

     

    Alors « l’humanisme » dont parle mon aimable correspondant est-il finalement la recherche de la "réalité"ou du romantisme qui est du domaine de l'émotion ?

     

    Cet homme est, par le hasard de sa naissance et par sa volonté en mesure d'évoluer vers toujours plus de complexité, dans une bulle occidentale de forte densité. Quoi qu’il fasse ou pense, il contribue à la densifier.

    Il lui sera difficile d'échapper à ses conditionnements biologiques et sociaux sans une grande souffrance personnelle ! Et puis si il y parvient il sera bien seul. J’ai envie de lui dire : « Reste avec nous, du travail t'attends ! »

    En effet, je ne vois pas beaucoup d’individus autour de moi affirmer haut et fort leur foi dans l’être humain. D’autre part, les codes, les valeurs et les règles sont agités tout au plus comme des symboles qui font ricaner une fois le dos tourné.

    Alors pourquoi paraître s’indigner de l’indifférence du monde alors que rien ne semble arrêter la déferlante des besoins, des envies,  la frustration et la haine de l’autre.

    Le combat pour l’égalité, pour la possession des richesses du globe est engagé et il sera sans pitié. Alors où se situe l’humanisme dans tout cela ?

    Pour ma part, je considère qu’une nouvelle culture est née et, comme les autres qui l’ont précédées, elle s’appuie sur des valeurs. Elle est fondé effectivement sur la raison, le libre arbitre, la connaissance, la responsabilité et la maîtrise des émotions.

     

    C’est tout cela l’approche systémique des comportements humains individuels et des groupes sociaux. Saura t-elle faire école et conquérir les cœurs et les esprits ? Là est la question !       

     

     



    [1]La communication fractale consiste à dire l’essentiel en quelques mots, à revenir à cet essentiel en quelques phrases, puis encore une fois en quelques chapitres, en quelques paragraphes.
    Comme les poupées russes emboîtées les unes dans les autres, la communication ne doit plus se dérouler comme un fil linéaire dans le temps, mais au contraire, en spirale, de manière concentrique, quitte à revenir plusieurs fois sur les mêmes sujets.(Joël de Rosnay)